Recorded Future: Un logiciel permettant de prédire le futur

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Vous vous souvenez de ce film avec Tom Cruise où des « Precog » [ndlr Minority Report] prévoyaient des trucs à l’avance, entraînant tout un tas de problèmes éthiques ? Il s’avère qu’en 2013, on n’a même plus besoin de ces mecs pour prédire la prochaine plaie d’Égypte qui s’abattra sur la planète – un ordinateur et une connexion Internet suffisent…

En effet, des chercheurs de Microsoft et de l’Institut israélien de technologie ont mis au point un logiciel capable de prédire l’apparition d’une maladie ou d’un conflit en se fondant sur deux décennies d’articles de journaux et d’informations disponibles en ligne. En rassemblant des données à un instant précis, le concept devrait pouvoir générer des alertes au sujet de maladies ou d’événements graves à venir. Par exemple, les chercheurs, en analysant les graves sécheresses qui ont touché l’Angola en 2006 ou les fortes tempêtes africaines de début 2007, se sont rendus compte que le programme aurait pu prédire l’épidémie de choléra dans le pays près d’un an à l’avance. Et il y a peu de chances pour que les 0 et les 1 disent des conneries : les alertes du logiciel sont avérées 70 à 90 % du temps.

Une entreprise commercialise déjà ce produit : il s’agit de Recorded Future, une start-up de Cambridge, dans le Massachussetts. Partiellement financée par Google et la CIA, cette entreprise vieille de 18 mois se charge d’analyser tous les contenus de pages web et les connexions invisibles entre les gens, les lieux et les événements décrits en ligne. Les analystes de l’entreprise se servent de leurs outils pour comprendre les tendances dans les données collectées et en extraire des signaux temporels prédictifs grâce à des algorithmes. Recorded Future est sur le point d’étendre ses services aux sources arabes et chinoises afin d’agrandir son catalogue de recherche. Leur but ultime serait de devancer chaque morceau d’information circulant sur Internet.

Capture d’écran de la recherche « Mali France »

Le moteur de recherche est accessible à tous. Le site propose également une interface permettant de faire ses propres recherches. Sur la capture d’écran ci-dessus, j’ai tapé les mots-clés « Mali France ». Simple d’utilisation, le programme permet d’accéder facilement à l’essentiel de l’information et se différencie de Google par son analyse approfondie des résultats. Comme mon cerveau vit un orgasme perpétuel depuis que je lis le futur depuis mon canapé, j’ai contacté Christopher Ahlberg, le P.-D.G. de Recorded Future, pour qu’il m’en dise plus sur ce logiciel qui permet de savoir tout.

 Christopher Ahlberg, PDG de « Recorded Future »

 

VICE : Bonjour Christopher. Quand et comment vous est venue l’idée de Recorded Future ?
Christopher : 
Ça faisait longtemps que notre équipe travaillait sur l’analyse et la visualisation de données et nous étions tous excités à l’idée de pouvoir appliquer ces méthodes sur Internet. Le plus intéressant était surtout d’utiliser Internet comme source primaire d’informations prédictives. On a commencé à bosser là-dessus vers fin 2009.

Quel est l’intérêt de prévoir la grande crise de demain ?
L’idée n’est pas vraiment de « prévoir la grande crise de demain » mais plutôt de fournir des outils intelligents à des gens intelligents pour qu’ils puissent prendre de meilleures décisions – des outils qui pourront être utilisés pour éviter des crises et envisager des solutions innovantes.

Votre programme est susceptible de présenter un danger pour la population ?
Je ne crois pas. Internet est riche en informations. Au cours des mille dernières années, l’information s’est lentement extraite du domaine réservé des chefs d’État pour s’ouvrir aux citoyens. Ça participe à l’évolution de la démocratie, à la liberté de tous et même à la fin de la pauvreté dans le monde. Et ça ne fait que commencer !

Les gouvernements pourraient-ils se satisfaire d’outils comme Recorded Future ?
Non, je ne crois pas. Mais si on peut aider les gouvernements, les entreprises ou n’importe quel individu, nous serions ravis de le faire.

Vos prédictions se confirment-elles toujours ?
C’est une question difficile. On ne se concentre pas vraiment sur notre capacité à produire des « prédictions » – ce sont surtout des bases de données et des outils mis à la disposition des humains. C’est à eux de juger.

Quelles sont vos principales sources d’information ?
On utilise toutes sortes de sources textuelles disponibles sur le web. Cela va des réseaux sociaux aux archives gouvernementales accessibles à tous. 100 % de nos sources sont des open sources, auxquelles tout le monde a accès.

OK. Mais par exemple, considérez-vous Twitter comme une source d’informations importante ?
Bien sûr, Twitter est une source très importante. C’est un réseau social rapide, instantané, qui émet des signaux clairs sur les informations que les gens jugent intéressantes. Cela dit, son ratio « signal sur bruit » est assez mauvais et toutes les informations ne sont pas forcément pertinentes.

J’imagine. Vous pensez être plus efficaces que la CIA ou que d’autres agences de services de renseignements en termes de prédiction de crise ?
J’ai entendu dire que les agences gouvernementales françaises étaient très fortes, donc je ne pense pas qu’on puisse les battre. [rires] Plus sérieusement, là n’est pas le but. Je pense que nous pouvons compléter les méthodes traditionnelles de recherche et d’analyse d’informations – donc si une agence gouvernementale française, un journaliste, un blogueur ou une ONG a l’habitude de se fonder sur des données humaines, des images satellitaires, des données scientifiques, etc., nous pouvons compléter tout ça avec une recherche et une analyse plus poussée.

Et si jamais vous prédisez quelque chose qu’un gouvernement ou que quelqu’un ne souhaite pas dévoiler au public ?
Notre système est très ouvert. Chacun peut s’inscrire en se rendant sur notre site et en essayant par soi-même. On n’est pas dans le secret. Jusqu’à présent, personne n’est venu toquer à notre porte pour nous dire : « Hé, vous ! Retirez ça tout de suite ! » En tout cas, si jamais ça arrive, on verra ça comme un signe positif.

Vous seriez capables de vous concentrer sur un individu et de prévoir ce qu’il fera dans les jours/mois/années à venir ?
Tout dépend de qui il s’agit. Si c’est une personne publique, un dirigeant d’entreprise ou un chef d’État, alors oui, on peut faire beaucoup de choses. En revanche, si la personne est anonyme, ça sera évidemment plus difficile vu le manque d’infos.

Selon vous, à quoi ressemblera le monde dans vingt ou trente ans ?
Je suis quelqu’un de très optimiste –nous avons un bel avenir devant nous.

Cool. Merci beaucoup Christopher.

Source: Vice

Vu sur http://alternative-thought.net

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