Russie, Chine…..la ‘désaméricanisation’ est en route…..le nouvel ordre mondial aussi !!

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De manière simplifiée, sous le couvert de la crise budgétaire américaine et de son endettement, d’autres pays se demandent si ce n’est pas le bon moment pour une planète abasourdie de commencer à envisager la construction d’un monde désaméricanisé. Mais une fois le dollar banni de certaines économies, quel sera le mot d’ordre? la mise en place d’un Nouvel ordre Mondial, ensemble contre l’effondrement de l’empire Made in USA, avec comme campagne la proposition d’un terrain d’inter-entente où tous les avantages et intérêts de chacun seront pris en compte……..mais est-ce possible de se désaméricanisé aussi facilement sachant les méandres des investissements et prêts bancaires américains en Chine par exemple? Sans parler des troubles de la psychologie économiste, de la peur.

Voici quelques extraits d’articles de la presse internationale. AMD777

Le mot qui a fait la notoriété de cette intervention est celui de “désaméricanisation”, l’agence plaidant l’idée de la nécessité de “désaméricaniser le monde” en raison de la paralysie, de l’instabilité, de l’irresponsabilité de la direction américaniste illustrées par la crise du government shutdown. Cette crise est terminée, ou disons plutôt que la phase crisique d’octobre 2013 de la crise structurelle du pouvoir américaniste est terminée. Les termes de l’accord qui ont permis cette issue sont tels que le potentiel existe pour une nouvelle phase en janvier-février 2014. D’autre part existe évidemment le sentiment général que les “fondamentaux” de cette infrastructure crisique non seulement subsistent mais ne cessent de s’aggraver, à peu près à la vitesse de l’empilement de la dette.

McClatchy.News publie un article ce 20 octobre 2013 («China voices frustration that its best investment choice remains U.S. debt») mettant en évidence une certaine dualité de l’éditorial du 13 octobre, et particulièrement le fait qu’on peut l’interpréter dans un sens différent de celui où il l’a été en général. Ainsi, plutôt que tenter de lancer l’idée que la Chine estime qu’il faut désaméricaniser le monde, et laisser suggérer l’hypothèse qu’elle-même pourrait envisager de mener une vaste opération de désaméricanisation dont elle serait l’inspiratrice et le leader, l’éditorial pourrait aussi bien exprimer un point de vue beaucoup plus réservé, sinon proche d’être contradictoire quant à ces actes éventuels à propos desquels on a fait beaucoup d’hypothèses. Il s’agirait alors d’exprimer plus simplement une profonde préoccupation de l’état actuel des USA, pour l’avenir et l’équilibre de la situation internationale, sans pour autant suggérer ou susciter une quelconque action puisqu’avec le constat implicite que de la stabilité et de l’équilibre des USA dépendraient pour une part non négligeable l’équilibre et la stabilité de la Chine. Source: Dedefensa

Commençons par l’article du 13/11 « La Russie peut interdire le dollar »:

La Russie peut interdire le dollar

Par La Voix de la Russie | La Douma examinera un projet de loi sur l’interdiction en Russie de la circulation du dollar américain. Cette initiative a été avancé par le député du parti libéral démocrate Mikhaïl Degtiarev. Le projet prévoit d’interdire la circulation des dollars et les dépôts bancaires en dollars sur le territoire de Russie.

Les propriétaires de tels dépôts devront dépenser leurs dollars ou les échanger contre une autre monnaie, sinon ce seront les banques qui les vendront contre les roubles.

Mikhaïl Degtiarev est préoccupé par la croissance de la dette publique des Etats-Unis. Selon lui, si le taux de croissance se maintient à la même hauteur, en 2017 le système de dollar s’écroulera.
Source: La Voix de la Russie

Un mois avant Le Monde rapportait dans son article « Un média chinois appelle l’économie mondiale à se « désaméricaniser » :

L'économie chinoise se situe au deuxième rang mondial derrière celle des Etats-Unis.

« Les jours inquiétants où les destinées d’autres pays se trouvent dans les mains d’une nation hypocrite doivent prendre fin, et un nouvel ordre mondial doit être mis en place, où toutes les nations (…) verront leurs intérê

ts respectés et protégés sur un pied d’égalité », poursuit l’agence.

Faute d’un accord budgétaire au Congrès, les administrations centrales américaines tournent au ralenti depuis une dizaine de jours, et les Etats-Unis pourraient se déclarer en défaut de paiement le 17 octobre si les parlementaires ne réussissent pas à s’entendre sur un relèvement du plafond de la dette du pays.

Pékin a multiplié ces derniers jours les avertissements et les appels au compromis budgétaire, mettant en avant les relations « inséparables » qui lient les économies des deux pays. « Le blocage qui paralyse de façon cyclique à Washington tout accord bipartisan sur le budget fédéral et le relèvement du plafond de la dette menace de nouveau les importantes réserves en dollars de nombreux pays et angoisse fortement la communa

uté internationale », a insisté l’agence Chine nouvelle.

PRINCIPAL DÉTENTEUR DE LA DETTE AMÉRICAINE

La Chine est en fait la première concernée : la deuxième économie mondiale est la principale détentrice de dette américaine, avec 1 277 milliards de dollars en bons du Trésor, selon les derniers chiffres du gouvernem

ent américain.

« Au lieu d’honorer avec responsabilité ses devoirs de leader mondial, Washington, avec en tête ses propres intérêts, a abusé de son statut de superpuissance et a accru le chaos dans le monde en transférant à l’étranger les risques [de son système] financier », mais également « en attisant les tensions dans des différends territoriaux et en menant des guerres injustifiées sous couvert de mensonges », a ajouté Chine nouvelle, en référence au conflit engagé par les Etats-Unis en Irak.

« Les économies émergentes doivent avoir davantage leur mot à dire dans les institutions financières internationales », a plaidé le média d’Etat, évoquant la création d’une « nouvelle devise de réserve » pour remplacer le dollar, et une évolution du Fonds monétaire international (FMI), où Pékin ne pèse guère plus que l’Italie. Une réforme de la gouvernance du FMI est préparée depuis trois ans, mais son entrée en vigueur est bloquée par le veto de fait des Etats-Unis, qui doivent la faire ratifier par le Congrès.

Source:Le Monde

Le 23 Juillet 2013, La Voix de la Russie disait déjà que Moscou et Pékin s’attaquaient au dollar, en s’unissant pour lutter contre le dollar comme monnaie de réserve principale:

юань рубль юань рубли деньги декабрь коллажRuss Winter affirme que Moscou et Pékin mettent déjà en pratique la première partie de leur plan de lutte contre l’hégémonie du dollar sur les marchés mondiaux.

La Russie et la Chine ont choisi des tactiques similaires : refuser le plus possible de paiements internationaux en dollars et consolider leurs devises en achetant de l’or. Moscou encourage activement les transferts transfrontaliers en roubles et limite les échanges en devises. Pékin, quant à lui, commence progressivement à échanger directement le yuan avec l’euro, la livre sterling et le yen. En même temps, la Chine a plusieurs fois augmenté les importations d’or et en achète aujourd’hui plus qu’elle n’en produit. Plus le yuan est approvisionné en or, plus la position de monnaie de réserve principale du dollar est affaiblie.

Par ailleurs, selon les analystes, il ne s’agit que d’une conséquence. La cause en serait la chute de solvabilité du dollar en général, et de l’économie américaine en particulier. À cause de l’augmentation de la masse monétaire, la devise américaine pourrait voir son cours divisé par deux dans les trois prochaines années. Pékin et Moscou sont donc obligés de protéger leurs monnaies contre un tel scénario et c’est pour cela qu’ils convertissent leurs réserves en or.

Comme l’explique Russ Winter, leur plan est simple : augmenter progressivement la convertibilité du rouble et du yuan, en leur conférant un rôle plus important dans le commerce international, pour finalement en faire une monnaie de réserve. Les USA, où la dette frôle les 110 % du PIB, ne peuvent tout simplement pas relever ce défi. Toutefois, la victoire sur le dollar (et aussi l’euro et la livre sterling) est encore évidemment loin. Ivan Fomenko, directeur du département fiduciaire d’Absolut Bank, souligne que, pour que le monde accepte une devise comme monnaie de réserve, elle doit respecter certaines conditions.

« Premièrement, c’est une transparence totale sur le marché des changes et une grande convertibilité. Deuxièmement, il faut que les instituts financiers des pays qui veulent que leur devise devienne une monnaie de réserve soient fiables et transparents. Troisièmement, c’est la cohérence des actions de l’autorité monétaire. Et enfin, le plus important, il faut que les entreprises aient envie d’utiliser le yuan comme monnaie de base. »

En analysant les agissements de Moscou et de Pékin, on peut en conclure que le trader américain n’est pas loin de la vérité. La Chine avait déjà déclaré en 2009 que la domination mondiale d’une seule devise représentait un trop grand risque de voir la crise se propager. Les autorités russes s’étaient aussi prononcées en faveur de l’augmentation du nombre de monnaies de réserve, et proposaient même le rouble. Mais tout cela ne se limite pas à quelques déclarations. La Russie, l’Iran, l’Angola, le Soudan et le Venezuela se sont entendus pour payer les fournitures de pétrole en yuans. Aujourd’hui, cinq millions de barils de pétrole par jour sont négociés en devise chinoise. À la mi-juillet, le volume des transactions directes entre le yuan et le yen avait doublé un an après le début des manœuvres. Depuis le 4 juillet, Singapour refuse de passer par les services de compensations pour les opérations avec le yuan. En ce qui concerne la Russie, nous n’avons connaissance d’aucun arrangement officiel pour soutenir le yuan. Alekseï Maslov, expert du Haut Collège d’Economie, note que les actions de Moscou montrent que la Russie soutient le cours de la monnaie chinoise.

« Le rôle de la Russie est surtout technique. Il n’y a aucun accord direct entre la Chine et la Russie pour bloquer le dollar. Pour moi, la Russie n’est qu’un des participants au grand plan de la Chine. Mais cela lui convient d’un point de vue tactique. D’un point de vue stratégique, le renforcement de pays tels que la Chine peut susciter des préoccupations. »

Pour Russ Winter, la prochaine étape consisterait à « enlever la chaise sous les USA, qui ont déjà la corde autour du cou ». Pour cela, la Chine et la Russie doivent absolument approvisionner leur devise en or (elles s’en chargent déjà). Toutefois, la majorité des analystes estiment que les chaises à Washington sont curieusement très solides. Pour les faire définitivement fléchir, il faudra au moins 5 à 10 ans. T

Source: La Voix de la Russie

ou encore « Le rouble et le yuan n’ont pas besoin de l’intermédiaire du dollar »:

La Russie fait une avancée vers le renforcement de la convertibilité de sa devise nationale sur les marchés mondiaux. Mercredi la Bourse interbancaire des devises de Moscou a lancé le commerce du couple de devises rouble-yuan.

La Russie fait une avancée vers le renforcement de la convertibilité de sa devise nationale sur les marchés mondiaux. Mercredi la Bourse interbancaire des devises de Moscou a lancé le commerce du couple de devises rouble-yuan. En novembre le rouble a commencé à être négocié directement avec le yuan sur la bourse de Shanghai, tout comme le dollar US, l’euro, le yen, le livre sterling, le dollar de Hong Kong et le ringgit malaisien.

Les premières négociations sur la bourse de Moscou pour le couple rouble-yuan ont enregistré 29 marchés. La cote du yuan sur la bourse s’est avérée un peu plus élevée que la cote officielle établie par la Banque centrale russe la veille. La banque cote le yuan au rouble par l’intermédiaire du dollar. La bourse a mis hors jeu le dollar et a obtenu une cote plus attractive pour les acheteurs du yuan. Une tendance analogique est observée dans l’achat du rouble contre les yuans sur la bourse des devises en Chine.

Dès 2002 le couple rouble-yuan a commencé à être utilisé dans les paiements commerciaux entre les régions de la Russie et de la Chine, rappelle dans une interview à la Voix de la Russie Leonid Vardomski, chef du Centre de recherches postsoviétiques de l’Institut d’économie auprès de l’Académie russe des sciences. La crise a été le point de départ pour le remplacement du dollar sur les marchés des devises, note l’expert.

« La crise a montré la faiblesse des principales devises internationales, du dollar, de l’euro et des autres devises. La Russie et la Chine ont décidé d’utiliser le couple rouble-yuan sur les bourses russes et chinoises pour des paiements directs et pour la formation des réserves bancaires. Cet élargissement de la pratique se déroule sous l’influence des leçons tirées de la crise financière mondiale. »

Le lancement des négociations boursières dans le couple rouble-yuan reflète le rôle croissant des deux devises, premièrement du yuan, dans le système monétaire mondial, estime Boris Roubtsov, expert de l’Académie financière auprès du gouvernement russe.

« Cela se passe dans le cadre du processus objectif de la transformation du juan et partiellement du rouble en une devise internationale. Je ne considérerais pas le lancement du commerce du couple rouble-yuan sur la bourse de Moscou comme un contrepoids aux grands pays, premièrement aux Etats-Unis, comme une tentative de s’opposer au dollar ou à l’euro sur le marché monétaire international. »

Aujourd’hui on regarde sur la Chine avec respect et avec inquiétude. C’est sur fond de crise que la Chine a devancé le Japon et est devenue la deuxième plus grande économie du monde. L’élargissement de la coopération bancaire avec la Chine est perçu dans la communauté bancaire comme un pas de plus vers la création à Moscou d’un centre financier international.
Source: La Voix de la Russie

Interprétations contrastées de la “désaméricanisation”

Le 14 octobre 2013, nous signalions l’éditorial désormais fameux de l’agence chinoise Xinhua, du 13 octobre 2013. Le mot qui a fait la notoriété de cette intervention est celui de “désaméricanisation”, l’agence plaidant l’idée de la nécessité de “désaméricaniser le monde” en raison de la paralysie, de l’instabilité, de l’irresponsabilité de la direction américaniste illustrées par la crise du government shutdown. Cette crise est terminée, ou disons plutôt que la phase crisique d’octobre 2013 de la crise structurelle du pouvoir américaniste est terminée. Les termes de l’accord qui ont permis cette issue sont tels que le potentiel existe pour une nouvelle phase en janvier-février 2014. D’autre part existe évidemment le sentiment général que les “fondamentaux” de cette infrastructure crisique non seulement subsistent mais ne cessent de s’aggraver, à peu près à la vitesse de l’empilement de la dette.

McClatchy.News publie un article ce 20 octobre 2013 («China voices frustration that its best investment choice remains U.S. debt») mettant en évidence une certaine dualité de l’éditorial du 13 octobre, et particulièrement le fait qu’on peut l’interpréter dans un sens différent de celui où il l’a été en général. Ainsi, plutôt que tenter de lancer l’idée que la Chine estime qu’il faut désaméricaniser le monde, et laisser suggérer l’hypothèse qu’elle-même pourrait envisager de mener une vaste opération de désaméricanisation dont elle serait l’inspiratrice et le leader, l’éditorial pourrait aussi bien exprimer un point de vue beaucoup plus réservé, sinon proche d’être contradictoire quant à ces actes éventuels à propos desquels on a fait beaucoup d’hypothèses. Il s’agirait alors d’exprimer plus simplement une profonde préoccupation de l’état actuel des USA, pour l’avenir et l’équilibre de la situation internationale, sans pour autant suggérer ou susciter une quelconque action puisqu’avec le constat implicite que de la stabilité et de l’équilibre des USA dépendraient pour une part non négligeable l’équilibre et la stabilité de la Chine.

«Despite the end last week of the 16-day U.S. government shutdown and the extension of the debt ceiling until next year, there are few signs that the situation has reassured China, the largest holder of American debt.

»With around $1.28 trillion in U.S. Treasury bonds already in its portfolio, China has little choice but to continue to buy U.S. debt, economist say. Government bonds from Japan and Europe are a less attractive investment, and finding other avenues to diversify the country’s huge foreign currency reserves would require major economic reforms and could result in unwanted volatility. Yet the partisan infighting that brought the U.S. government within hours of a default is increasing domestic pressure on Beijing to reduce its exposure to America. “The challenge for China is if they don’t own U.S. Treasuries, what would they buy instead?” said William Adams, an international economist for PNC Financial Services Group. “There are not a lot more attractive options out there.”

»China, with an economy still heavily dependent on exports, needs a robust American economy to continue to bolster its manufacturing sector and that makes it unlikely that China would stop buying America’s debt in the near future, said Arthur Kroeber, managing director of GaveKal Dragonomics, a global economic research firm in Beijing. That doesn’t mean, however, that China’s leadership isn’t worried that repeated fiscal crises – Washington must once again confront the issues that prompted the shutdown in just a little more than two months – could dampen America’s economic recovery and, in turn, hurt China. “There clearly is a level of concern,” Kroeber said. “From a strategic standpoint, the Chinese realize they live in a world where the rules are set by the U.S. They resent that on the one hand, but on the other hand, they benefit from that a lot.” […]

»Some analysts said the [Xinhua] editorial served the purpose of bolstering China’s image as a reliable partner in contrast to the United States, whose president, Barack Obama, was forced to cancel trips to summits in Indonesia and Brunei due to the shutdown. But others said beyond image making, it also expressed the views of top leaders. “They started to really worry that the U.S. is weak,” said Shen Dingli, vice dean of international affairs at Shanghai’s Fudan University. “Not only that Obama is weak, but that the entire system is weak.”»

Plutôt que la première, nous serions plus inclinés à considérer la seconde interprétation et explication de l’éditorial ; c’est-à-dire qu’il faudrait prendre en compte l’inquiétude grandissante mais toujours impuissante de la Chine, plutôt que tabler sur la possibilité d’une tentative offensive de cette puissance de modifier l’ordre international de façon à marginaliser les USA au profit de son leadership. Cette attitude correspond d’ailleurs au simple constat réaliste des situations, et d’abord de l’historique de cette question. Cela fait déjà plusieurs années que la Chine a soulevé le problème du dollar d’une façon radicale (voir le 25 mars 2009), et, si des avancées parcellaires ont été réalisées pour remplacer le dollar, le problème structurel fondamental n’a même pas été abordé en tant que tel, sans parler de le résoudre bien entendu.

Comme on le lit rapidement dans les extraits ci-dessus, la Chine reste très mal placée pour aborder la question de l’“américanisation” du monde, du fait même qu’elle est de facto américanisée au niveau des structures financières et commerciales. Il est bien difficile, sur un plan général et structuré, d’envisager le problème de la “désaméricanisation” alors qu’on est soi-même “américanisé”, à moins d’un coup de force, d’une affirmation péremptoire suivi d’actes radicaux qui seraient nécessairement autant de risques, – et l’on sait que cette forme d’action est bien peu dans la manière des Chinois. Le problème existe à divers niveaux, bien entendu, et on l’a souvent évoqué. Principalement et, disons, d’un point de vue opérationnel si l’on est contraint d’envisager une méthode “douce”, c’est-à-dire négociée ou évolutive “dans l’apaisement”, ce problème réside d’abord dans le fait persistant que les USA, non seulement ne veulent pas envisager ce problème d’une réforme des structures, mais ne peuvent pas psychologiquement le faire. Nous évoquions déjà ce problème de la psychologie américaniste lors de cette même période de l’immédiat après-crise financière (voir le 27 mars 2009), c’est-à-dire cette psychologie absolument incapable de concevoir la culpabilité pour elle-même (inculpabilité) et la possibilité de la défaite pour elle-même (indéfectibilité). Plus encore, cette psychologie très spécifique de l’américanisme risquerait de susciter des réactions très brutales si, effectivement, des manœuvres générales étaient entamées pour une révision complète de la substance de l’ordre international devenu désordre pur, et ces manœuvres étant perçues du côté US comme de l’hostilité pure. Là encore, on peut supposer que les Chinois n’ont guère de penchant pour de tels risques de provoquer de telles réactions incontrôlées.

Monsieur Shen Dingli nous dit, à propos des dirigeants chinois considérant les USA, pour expliquer ce fameux éditorial du 13 octobre : «They started to really worry that the U.S. is weak. Not only that Obama is weak, but that the entire system is weak.» L’analyse nous paraît très fondée et justifiée, ce qui n’induit en rien la résolution du problème. La réaction, après un tel constat, pourrait être, – et elle pourrait même venir de quelque commentaire à la fois lucide, cynique et américaniste, – et ce serait : et alors ? A cette question abrupte et particulièrement troublante, les Chinois n’ont pas de réponse. Il semblerait bien, dans ce contexte de l’analyse générale, qu’on soit conduit à conclure que que la seule “issue” est bien de subir, éventuellement d’accompagner et d’accélérer la décadence, sinon l’effondrement du système de l’américanisme avant de pouvoir envisager des initiatives dont on pourrait espérer une issue constructive ; cela considéré, avec l’observation ajoutée, tout simplement considérable, que l’effondrement du système de l’américanisme suscitera lui-même de telles modifications de situations et de comportements qui nous sont inconnues aujourd’hui, qu’apparaîtront des possibilités qui nous sont à la fois impensables et inimaginables aujourd’hui.

Source. Dedefensa

Références pour se lancer dans le sujet:

« La désaméricanisation du monde« , par Noam Chomsky

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