Stanley Kubrick – Les sociétés secrètes et la pédocriminalité – Décodage du film «Eyes Wide Shut» et du mystére Kubrick

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Partie 1 – Kubrick and The Illuminati (Documentaire)

Partie 2 – Décodage du film par Vigilant Citizen et quelques rajouts de ma part

Partie 3 – Autres subliminales et symboliques ésotériques présents dans le film

Partie 4 – Informations Complémentaires sur Kubrick et le film

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Bande-Annonce du Film:

Partie 1: Kubrick & The Illuminati

A l’occasion de son anniversaire -Stanley Kubrick aurait eu 85 ans le 26 juillet dernier-, un joli cadeau a fait son apparition sur la toile pour tous les fans du maître Kubrick  : un documentaire de 30 minutes tentant de percer les secrets d’Eyes Wide Shut.

Baptisé Kubrick & The Illuminati et sous-titré « Don’t you want to go where the rainbow ends? », le film, illustré avec de nombreux extraits de films de Kubrick et autres (Nolan, Polanski, Spielberg), développe plusieurs pistes, notamment liées à la scientologie, la pédophilie, la symbolique maçonnique, et aux théories du complot (d’où le titre faisant référence à l’Illuminati). Gasface (Mathieu Rochet et Nicolas Venancio), à l’origine de ce documentaire, s’appuie sur l’analyse du scénariste et critique Laurent Vachaud, auteur de l’article Le secret de la pyramide, publié dans la revue Positif en janvier dernier. Michel Ciment participe également au film.

Documentaire Réalisé par Nicolas Venancio, Mathieu Rochet Avec Laurent Vachaud, Michel Ciment:

Partie 2: Décodage du film par le site Vigilant Citizen et quelques rajouts de ma part

Article « The Hidden (And Not So Hidden) Messages in Stanley Kubrick’s “Eyes Wide Shut” sur Vigilant Citizen.

(*Eyes Wide Shut : les yeux grand fermés ; j’utiliserai dans l’article l’abréviation EWS pour le film)

“Eyes Wide Shut” a été présenté comme un film torride à suspense mettant en scène « le » couple de l’année : Tom Cruise et Nicole Kidman. Bien que les acteurs aient été mis très en évidence dans le film, c’est ce qu’on voit autour d’eux qui raconte la vraie histoire de « Eyes wide shut ». L’attention aux détails et au symbolisme du réalisateur Stanley Kubrick a donné au film une toute autre dimension – invisible pour ceux qui ont « les yeux grand fermés ». Cette série en plusieurs parties va étudier le symbolisme caché de l’ultime film de Kubrick.

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Je me souviens de la première fois où j’ai regardé EWS, en 1999. Fichtre, que je l’ai détesté. J’ai détesté sa lenteur, j’ai détesté la manière dont Nicole Kidman essayait de paraître saoule ou défoncée et j’ai détesté voir Tom Cruise parcourir New York en faisant semblant d’être inquiet. Je pense avoir réagi comme les critiques à l’époque de la sortie du film et je pensais : « Ce film est ennuyeux et il n’y a rien de torride dedans ». Plus de dix ans après, doté d’un peu plus de patience et de connaissances, je l’ai regardé de nouveau … et j’en suis resté bouche-bée. En fait, comme la plupart des films de Kubrick, un livre entier pourrait être écrit sur le film et les concepts qu’il expose. EWS ne parle pas que d’une relation, il parle de toutes les forces et influences extérieures qui définissent cette relation. Il parle de l’éternel chassé-croisé entre les principes masculin et féminin dans un monde confus et décadent. De même, plus important, il parle du groupe qui gouverne ce monde moderne – l’élite secrète qui canalise ce combat entre les principes masculin et féminin de manière spécifique et ésotérique. Le film pourtant n’explique rien clairement. Comme tout grand art, les messages sont communiqués au travers de subtils symboles et de mystérieuses énigmes.

Stanley Kubrick est mort de manière inattendue juste cinq jours après avoir soumis le découpage final du film à la Warner Bros, faisant de EWS son chant du cygne. Du fait que EWS parle d’une société secrète occulte qui élimine ceux qui croisent son chemin, certaines théories ont émergé sur la mort de Kubrick et sa nature suspecte. En a-t-il trop révélé au public et trop tôt ? Peut-être.

Analysons les principaux thèmes de la dernière création de Kubrick.

Un couple moderne

Les vedettes de EWS ont formé « le » couple de l’année 1999. Tom Cruise et Nicole Kidman. Ceux qui attendaient du film une sorte d’expérience de voyeurisme montrant des scènes érotiques du couple ont été probablement désappointés. Les spectateurs ont plutôt vu un couple froid, égoïste et profondément insatisfait, couple qui semble être lié non par pur amour, mais par d’autres facteurs, comme les convenances et les apparences. Bien que le couple soit très « moderne » et « distingué », les forces qui conservent l’union sont le résultat d’un comportement basique, primaire et presque animal. Si nous regardons le comportement instinctif des humains et des animaux, les mâles observent en priorité les femelles qui possèdent de bonnes qualités en tant que mères porteuses alors que les femelles recherchent un soutien de famille fort. Des réminiscences de ce comportement existent toujours aujourd’hui avec les hommes qui ont tendance à exposer richesse et pouvoir pour attirer les femmes alors que les femmes mettent en valeur leur beauté pour attirer les hommes. Dans EWS, le couple suit parfaitement ce scénario instinctif.

Le personnage de Tom Cruise s’appelle Dr Bill…comme le dollar (bill en anglais = billet, NdT). Plusieurs fois pendant le film, Dr Bill ou bien agite des billets ou son insigne de médecin sous le nez des gens pour obtenir d’eux ce qu’il désire. Bill fait partie de la classe aisée et ses relations au monde de la classe populaire sont souvent résolues avec de l’argent.

In order to get this taxi driver to wait for him in front of the mention, Dr. Bill tears up a hundred dollar bill and promises him to give him the other half when he comes back. Dr. Bill's motto is probably "Everybody has a price".
Pour faire attendre le chauffeur de taxi devant la résidence de l’élite, Dr Bill déchire un billet de cent dollars et promet de donner l’autre moitié à son retour. Le leitmotiv de Dr Bill est probablement « Tout le monde a un prix ». Sa propre femme a-t-elle un prix ?

Jouée par Nicole Kidman, Alice a perdu son travail dans le monde artistique et est aujourd’hui totalement entretenue par le salaire de son mari. Alors qu’elle vit très confortablement, Alice semble mener une vie extrêmement ennuyeuse de mère au foyer. Le nom Alice est très probablement une référence au principal personnage de Alice au pays des merveilles – un conte de fées parlant d’une fillette privilégiée qui a une vie ennuyeuse et qui « traverse un miroir » pour se retrouver au pays des merveilles. Dans EWS, Alice est souvent vue se regardant dans un miroir – s’occupant de son apparence ou…recherchant peut-être quelque chose d’autre dans la vie.

Alice spends a lot of time in front of the mirror being pretty - maybe because it is the only "attribute" that keeps her in that social status. Her daughter, Helena (maybe named after Helena of Troy, the most beautiful woman in the world) follows in her footsteps.
On montre souvent Alice devant un miroir qui se fait belle. Au début du film, presque tous ceux qui parlent d’elle mentionnent son aspect physique. Sa fille Héléna (nommée peut-être d’après Hélène de Troie, la femme la plus belle du monde) la copie.
Promotional images for the movies feature Alice kissing Bill but looking at herself in the mirror, almost as if she was living in an alternate reality.
La photo de promotion du film présente Alice embrassant Bill tout en se regardant dans un miroir, presque comme si elle voyait une autre réalité.

Bien que le couple montre des signes de fatigue, Bill et Alice mettent leurs « masques du bonheur » quand vient le moment d’assister à des manifestations sociales. Comme les gens de l’élite avec qui ils entrent en relation, il existe une grosse différence entre la façade qu’ils exhibent et la réalité.

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Vous pouvez voir un livre intitulé « Shadows in the Mirror» sur sa bibliothèque; (encore une référence aux miroirs)

Se frotter à l’élite

Bill et Alice se rendent à une soirée donnée par Victor Ziegler, l’un des riches patients de Bill. À en juger par la demeure de Victor, il n’est pas juste riche, il fait partie de l’ultra-élite. Alors que sa soirée est très élégante et fréquentée par des gens cultivés, il ne faut pas longtemps pour que les spectateurs réalisent que cette façade cache une répugnante face sombre. Également, de petits détails introduits par Kubrick laissent entendre qu’il y a un lien entre la soirée et le rituel occulte qui se passe plus loin dans le film.

When entering the party, the first thing  we see is this odd star-shaped Christmas decoration. This particular decoration is found throughout the house.
Introduits dans la soirée, la première chose que nous voyons, c’est cette bizarre décoration de Noël. On retrouve cette étoile à huit branches dans toute la maison.
The eight-pointed star is nearly identical to the star of Ishtar.
L’étoile dans la maison de Zeigler est presque identique à l’ancien symbole de l’étoile d’Ishtar. (Venus)

La même étoile peut être trouvée dans la Magie du Chaos qui est une version moderne de la magie qui utilise diverses croyances occultes:

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L’Étoile du chaos (Chaosphère).

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On y voit aussi plus loin, une statue de Cupidon, qui dérive de la déesse de Vénus comme Tammuz:

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Connaissant l’attention aux détails de Kubrick, inclure l’étoile d’Ishtar dans cette soirée n’est pas accidentel. Ishtar est la déesse babylonienne de la fertilité, de l’amour, de la guerre et surtout, de la sexualité. Son culte sous-entendait une prostitution sacrée et des actes rituels – deux éléments que nous voyons clairement plus loin dans le film.

« Les babyloniens donnaient le samedi à Ishtar des offrandes de nourriture et de boisson. Puis ils se joignaient dans des actes rituels de relations sexuelles, qui invoquaient à leur tour la faveur d’Ishtar sur la région et son peuple pour promouvoir santé et fécondité durables. »
– La déesse Ishtar, Anita Revel

On considérait Ishtar elle-même comme une « courtisane des dieux » et elle avait de nombreux amants. Tout en étant inspirée au lit, elle se montrait aussi cruelle envers les hommes qui s’attachaient à elle. Ces concepts réapparaîtront constamment dans le film, spécialement avec Alice.

Pendant la soirée, Bill et Alice vont chacun de leur côté et font tous deux face à la tentation. Alice rencontre un homme nommé Sandor Szavost qui lui pose des questions sur l’Art de l’Amour d’Ovide. Cette série de livres, écrite à l’époque de la Rome antique, était essentiellement un guide du « Comment tromper son partenaire », et il était populaire parmi l’élite de l’époque. Le premier livre commence avec une invocation à Vénus – planète associée ésotériquement au désir. Chose intéressante, Ishtar (et ses équivalences dans d’autres cultures sémites) était considérée comme la personnification de Vénus.

Sandor drinks from Alice's glass. This trick is taken right out of The Art of Love - maybe because its a subtle way of telling Alice that he wants to exchange fluids with her.
Sandor boit dans le verre d’Alice. Ce « truc » est tiré droit de l’Art de l’Amour d’Ovide. Il envoie à Alice un message pas vraiment subliminal : « Je veux échanger des fluides avec vous ».

Le nom Sandor pourrait être une référence au fondateur de l’Église de Satan : Anton Szandor Lavey (dont Vigilant Citizen avait parlé dans l’article sur Marylin Monroe). Est-ce une façon pour Kubrick de dire que cet homme, qui presse Alice de tromper son mari, fait partie de l’élite occulte et de ses manières décadentes ? Cet hongrois est apparemment instruit en programmation neuro-linguistique car il hypnotise presque Alice avec ses phrases bien calculées sur la futilité du mariage et la nécessité de mener une vie de plaisir.

Pendant ce temps, Bill discute avec deux mannequins séductrices qui lui disent qu’elles veulent l’emmener « où finit l’arc-en-ciel ». Bien que la signification de cette phrase énigmatique ne soit jamais expliquée avec précision dans le film, les symboles parlent d’eux-mêmes.

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De plus, l’un des des jeunes femmes se prénomme Nuala WINDSOR, surement une référence à la famille royale anglaise,  une des plus puissantes lignées de l’occultisme mondial.

Nuala lui demande alors s’il se souvient d’elle et lui dit qu’elle était au Rockefeller Plaza, qu’ell avait quelque chose dans les yeux et qu’il l’a aidée. Le Rockefeller Plaza a des liens entre ce film et les Illuminati parce qu’il s’y trouve le gigantesque et emblématique arbre de Noël juste au-dessus de la statue occulte de Prométhée à la patinoire. Ainsi on peut souligner sa référence à l’œil est symbolique pour l’œil qui voit tout.

IlluminatiWatcherDotCom Occult Holiday Rockefeller

Des arc-en-ciels partout

Des arc-en-ciels et des lumières multicolores apparaissent tout le long du film, du début à la fin.

The name of the store where Bill rents his elite ritual costume: "Rainbow". The name of the store under it: "Under the Rainbow".
Le nom du magasin où Bill loue son costume s’appelle « Arc-en-ciel »(Rainbow en anglais). Le nom du magasin en dessous « Sous l’arc-en-ciel ». Kubrick essaie de dire quelque chose… Quelque chose impliquant des arc-en-ciels.

Comme pour souligner le thème des arc-en-ciels multicolores, presque toutes les scènes du film contiennent des illuminations de Noël multicolores, donnant à la plupart des scènes une ambiance brumeuse de songe.

Almost every time Bill enters a room, the first thing we see a multicolored Christmas decoration.
Presque à chaque fois que Bill entre dans une pièce, les premières choses que nous voyons sont des illuminations de Noël multicolores.
Sometimes Christmas lights are the often source of light on set.
Les illuminations de Noël sont parfois le point de mire.

Ces lumières relient la plupart des scènes du film, les rendant partie intégrante d’une même réalité. Il y a pourtant quelques lieux choisis où il n’y a absolument aucune lumière. Le principal est Sommerton palace – l’endroit où se passent les rituels secrets.

Sharply contrasting with the rest of the movie, the Sommerton palace is completely devoid of multicolored lights. Everything there looks sharp and crisp, contrarily to the hazy feel of the outside world.
Contrastant vivement avec le reste du film, Sommerton est complètement dépourvu de lumières multicolores. Tout ce qui fait cet endroit est en totale opposition avec le « monde extérieur ».

Dans EWS, il existe donc deux mondes : le « monde de l’arc-en-ciel » avec les lumières de Noël, où errent les masses, essayant de joindre les deux bouts et l’autre monde… « Où se finit l’arc-en-ciel » – où l’élite se rassemble et accomplit ses rituels. Le contraste entre les deux mondes donne un sentiment de division presque insurmontable entre eux. Plus loin, le film nous montrera clairement comment ceux du « monde de l’arc-en-ciel » ne peuvent pénétrer dans l’autre monde.

Donc quand les mannequins demandent à Bill d’aller « où se finit l’arc-en-ciel », elles parlent probablement d’aller « où l’élite se rassemble pour pratiquer des rituels ». Cela pourrait signifier aussi qu’elles ont été dissociées en esclaves de programmation Beta. On trouve plusieurs références au contrôle de l’esprit Monarque dans le film. Les femmes qui prennent part aux rituels de l’élite sont souvent des produits Illuminati du contrôle de l’esprit. Dans le vocabulaire MK Ultra, « aller au-dessus de l’arc-en-ciel » veut dire se dissocier de la réalité et faire entrer un autre personna (d’autres infos à ce sujet dans la suite de l’article).

The models ask Bill to leave this fake facade of the "rainbow world" (there's a Christmas tree right behind them) and go to indulge in the debaucherous rituals of the occult elite.
Les mannequins demandent à Bill de quitter « le monde de l’arc-en-ciel » (il y a un arbre de Noël derrière elles) et s’autoriser les rituels de débauche de l’élite occulte.

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Le Konformist.com suggère plus sur la participation de l’assistant à la programmation de contrôle de l’esprit, ce qui implique que les références au long du film vont finalement revenir à cette programmation sexuelle:

Le Magicien d’Oz a longtemps été reconnu faisant partie du projet Monarch offrant aux initiés comme une matrice de programmation commune, qui utilise les thèmes et des images du Magicien d’Oz comme outil de programmation de l’esprit. (Il ya eu des rumeurs que Judy Garland était elle-même l’objet de ce genre de contrôle mental)

Derrière le voile

Le flirt de Bill avec les mannequins est interrompu quand Ziegler le fait venir dans sa salle de bains. Nous y découvrons un premier aperçu de « où se termine l’arc-en-ciel » – la sombre vérité sur l’élite.

Bill finds Ziegler in his gigantic bathroom dressing up and an almost unconscious woman.
Bill retrouve Ziegler dans sa gigantesque salle de bains. L’homme est en train de s’habiller et il y a avec lui une femme nue inconsciente… qui n’est pas sa femme.

Si on revient un peu en arrière, quand Bill et Alice sont arrivés à la soirée, ils ont été accueillis par Ziegler et sa femme dans une pièce remplie d’illuminations de Noël. Nous avons vu deux couples respectables parlant de choses respectables dans une pièce emplie de lumières féeriques. Mais quand Bill se rend « où se termine l’arc-en-ciel » (remarquez qu’il n’y a pas d’illuminations dans la salle de bains), nous découvrons la réalité : Ziegler avec une esclave de programmation Beta qui a pris une overdose de barbituriques. Quand la femme sort de son inconscience, Ziegler lui parle d’une étrange manière paternaliste, insistant sur le fait qu’il est le maître et qu’elle est l’esclave. Le cadre luxueux de cette scène est une manière pour Kubrick de dire qu’une très grande richesse ne veut pas forcément dire une haute moralité.

Ziegler presse ensuite Bill de garder secret tout ce qu’il vient de voir. Le monde « où finit l’arc-en-ciel » ne doit jamais être révélé au monde extérieur. Il fonctionne dans son propre espace, possède ses propres règles et dépend de l’ignorance des masses.

Remise en question du mariage

Tout en rejetant finalement les avances de Sandor, Alice a ressenti néanmoins un intérêt à celles-ci. Le jour suivant, Alice dit à Bill qu’elle aurait pu le tromper pendant la soirée. Quand Bill dit à sa femme qu’il l’aime et lui fait confiance, elle change complètement. Puis elle commence à lui raconter qu’elle a failli une fois le tromper avec un officier de marine qu’elle avait rencontré dans un hôtel. Cette révélation cruelle fait ressortir le côté « Ishtar » d’Alice car elle entraîne chez son mari des sentiments de jalousie, d’insécurité, de trahison et même d’humiliation. En bref, Alice a rassemblé tout ce qui est négatif pour faire éclater la « bulle d’amour » de Bill. Cette prise de conscience pousse Bill à s’embarquer dans un étrange voyage autour de New York qui contient plusieurs niveaux de signification. Cette nuit étrange le conduira finalement à l’exact opposé d’une relation monogame : à des copulations anonymes, masqué, avec des étrangères, dans un cadre rituel.

Conclusion de la première partie

La première partie de cette série sur EWS a donné un aperçu sur Bill et Alice, couple moderne qui a le « privilège » de se mêler à l’élite de New York. Bien que tout semble super à la surface, Kubrick dit rapidement aux spectateurs de ne pas se faire tromper par les apparences et de ne pas être impressionné par des exhibitions de richesse. Parce que, derrière le « monde de l’arc-en-ciel », existe une réalité sombre et perturbante, que Kubrick expose de manière subtile au cours du film.

Bill et Alice ne sont que des « invités » dans le cercle de l’élite, mais ils sont néanmoins fascinés et attirés par lui. Ils voient dans ce mode de vie une manière de combler leurs besoins obscurs et secrets. Dans la prochaine partie de cette série, nous verrons la signification occulte du voyage de Bill, récit raconté par de subtils symboles saupoudrés tout au long du film.

La deuxième partie de cette série d’articles sur Eyes Wide Shut examine de plus près la société secrète de l’élite découverte par le principal personnage du film, Bill Hartford, et de quelle manière elle ressemble à des organisations de la vie réelle. Stanley Kubrick essayait-il d’attirer l’attention du monde sur l’élite occulte et ses habitudes dépravées ?

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Dans la première partie de cette série sur EWS, nous avons porté notre attention sur les principaux personnages du film et sur le monde symbolique que Kubrick a créé autour d’eux. Nous avons vu que Bill et Alice Hartford sont un couple marié de la haute société non exempt des tentations de l’adultère. Nous avons vu aussi que le couple était en contact avec le « gratin » new yorkais et ses manières décadentes – un monde qui fascine Bill, mais qui possède un côté sombre, caché au public. Dans cet article, j’irai droit à la partie la plus déstabilisante du film : le rituel de la société secrète.

Quand Bill apprend que sa femme a envisagé de le tromper, il s’embarque dans une étrange série de rencontres (que j’analyserai dans la troisième et dernière partie de cette série), et aboutit finalement dans une luxueuse maison de Long Island où il rencontre un rassemblement d’individus masqués partageant un rituel occulte. Comme il n’a jamais été initié dans cette société secrète, Bill ne supposait même pas que cela puisse exister, le laissant seul témoin de l’une de ces « rencontres ». Comment a-t-il donc découvert cette chose ? Hé bien, c’est son petit doigt qui le lui a dit.

Nick Nightingale

À un moment de son étrange nuit, Bill rencontre son vieil ami Nick Nightingale dans un café-jazz. Le joueur professionnel de piano révèle à Bill qu’il est parfois engagé par des gens mystérieux pour jouer, les yeux bandés, dans de mystérieuses soirées remplies de jolies femmes. Ce croustillant élément d’information intrigue Bill au plus haut degré parce que, depuis la conversation avec sa femme, il semble rechercher une certaine …expérience. Nick fait finalement une grosse erreur en acceptant de fournir à Bill toutes les informations nécessaires pour accéder au lieu.

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Un nightingale (le rossignol, traduit mot à mot signifie « tempête nocturne », NdT) est un genre d’oiseau connu pour chanter la nuit, juste comme Nick Nightingale « chante » l’information secrète au début de la nuit fatale de Bill.

Le mot de passe pour pénétrer dans le rituel est « Fidélio », ce qui signifie « fidélité », le thème central du film. Plus important, comme le souligne Nightingale, « Fidélio » est le nom d’un opéra écrit par Beethoven (L’unique opéra composé par Beethoven et écrit en 1804, NdT)) qui parle d’une femme qui se sacrifie pour arracher à la mort son mari prisonnier politique. Ce mot de passe annonce en fait ce qui va se passer pendant ce rituel.

Après avoir obtenu les détails par Nightingale, Bill loue un costume dans un magasin du nom de « Arc-en-ciel » (on reparlera du magasin plus loin) … et ensuite se dirige vers Somerton, la résidence où se passe la soirée. (Voir Eyes Wide Shut film locations)

Eyes Wide Shut location: Mentmore Towers, Mentmore, Buckinghamshire

L’élite occulte

The occult ritual takes place at Somerton, in Long Island. The building used to film these scenes is Mentmore Towers in UK.
Le rituel occulte se déroule à Somerton, Long Island. L’édifice qui a servi à filmer la scène extérieure est Mentmore Towers au Royaume-Uni. (voir image au-dessus)

L’endroit choisi pour filmer les scènes avec l’élite est tout à fait intéressant. Mentmore Towers a été construit au 19ème siècle comme maison de campagne pour un membre d’une famille de l’élite la plus célèbre au monde : les Rothschild. En choisissant cet endroit, Kubrick voulait-il tenter de montrer à ses spectateurs les équivalents « grandeur nature » de l’ultra-élite montrée dans le film ? Coïncidence, le nom de celui qui met Bill en relation avec l’élite, Victor Ziegler, est d’origine germano-juive, comme les Rothschild.

On sait que les Rothschild prennent part en réalité à des soirées masquées semblables à celles montrées dans EWS. Voici quelques rares photos prises dans une soirée donnée en 1972 par Marie-Hélène de Rothschild (plus de photos sur Lettres de Strasbourg).

Baroness Marie-Hélène de Rothschild and Baron Alexis de Redé.
La baronne Marie-Hélène de Rothschild et le baron Alexis de Redé pendant une soirée en 1972. Les invitations ont été imprimées avec une écriture inversée. On se demande si cette soirée a « dégénéré » en quelque chose ressemblant à ce qu’on voit dans EWS.

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Dans le film, quand Bill entre dans la demeure, il se mêle à une foule de gens masqués observant en silence un rituel. L’une de ces personnes semble reconnaître Bill tout de suite (ou par le fait qu’il n’est pas un habitué).

A couple wearing Venetian masks slowly turn towards Bill and nod in a very creepy matter. Is this Ziegler and his wife? This is never really clarified.
Un couple portant des masques vénitiens (plus spécifiquement des masques type « bouffon du roi » et bauta (= qui ne recouvre le visage que du front au nez) se tourne lentement vers Bill et hoche la tête d’une manière très étrange. Est-ce Ziegler et sa femme ? Peut-être. Kubrick aime conserver un certain mystère.

À l’origine, les masques vénitiens se portaient du temps de la Renaissance italienne à Venise et étaient un moyen pour l’élite de l’époque de se livrer à la débauche sans peur des représailles.

« Bien qu’on ne puisse être parfaitement sûr de l’origine précise de la tradition du port d’un masque, la théorie qui prévaut serait celle-ci : au début de la Renaissance italienne, Venise était un empire marchand extrêmement riche et puissant. Sa position sur la mer Méditerranée lui offrait une quantité d’opportunités commerciales en Europe, en Afrique du nord et en Asie mineure, et sa flotte prospère lui permettait d’exercer une force militaire nécessaire à la défense de ses vastes richesses. Dans un état-cité si florissant, il n’est pas étonnant que la société vénitienne soit obsédée par la notion de classe sociale et qu’elle soit structurée en couches très rigides. Le standing de l’individu était immensément important pour la représentation de sa famille toute entière et donc naturellement il existait une pression énorme et étouffante pour se comporter en accord avec les mœurs sociaux gouvernant le statut social. Les vénitiens, selon cette théorie, adoptèrent la coutume de porter des masques et autres déguisements pendant la saison du carnaval comme moyen d’alléger l’ordre social rigide. Sous un masque anonyme, les citoyens de Venise pouvaient lever leurs inhibitions sans peur des représailles. Les masques devinrent si populaires que les mascherari (fabricants de masques) devinrent une confrérie vénérée de la société vénitienne. Cependant, la célébrité du carnaval vénitien s’étant répandue, de plus en plus d’étrangers venaient assister chaque année aux festivités. Les célébrations du carnaval devinrent de plus en plus désordonnées et débauchées au fil des ans jusqu’à leur déclin au 18ème siècle. »

– Geoffrey Stanton, Guide to Venetian Carnival Masks

Depuis lors, les masques vénitiens ont été utilisés dans les cercles de l’élite et sont devenus plus ou moins le symbole de sa philosophie occulte. Même la famille royale britannique semble apprécier ce type de masques et d’événements.

Le prince Charles et la duchesse Camilla à Clarence House avec des masques bauta.

Cet événement royal particulier montrait des femmes masquées qui n’étaient pas vêtues comme celles du rituel de EWS.

Models at the party attended by the Royal Family.

Mannequins accompagnant la soirée de la famille royale.

Il semble évident que Kubrick a soigneusement choisi une propriété des Rothschild et trié sur le volet les masques portés par les participants du rituel, faisant écho à des familles et événements de la vie réelle.

Le cadre du rituel

Quand Bill entre à Somerton, tout change dans le film. Il n’y a plus d’illuminations de Noël ni de décorations kitsch. Remplaçant les bavardages incessants, tout devient calme et silencieux.

Silently looking right at the camera (and at the movie viewers), the creepy masks are silent yet disturbing reminders showing the "true faces" of the elite. Note that the multi-faced mask on the left is similar to the one worn at the Rothschild party above.
Regardant fixement la caméra (et les spectateurs du film), des masques effrayants silencieux mais pourtant des rappels perturbants des « vrais visages » de l’élite. Remarquez que le masque multi-face sur la gauche est semblable à celui porté pendant la soirée royale ci-dessus.

La musique du film change aussi radicalement. L’air qu’on entend en bruit de fond (vidéo en dessous) s’appelle « Incantations Inversées », elle fait partie d’une liturgie roumaine orthodoxe interprétée à l’envers. L’inversion ou le renversement d’objets sacrés est typique de la magie noire et des rituels sataniques. Avec cette liturgie chrétienne interprétée à l’envers juste avant des fornications est le moyen pour Kubrick de dire que l’élite est rien moins que satanique.

Voici les paroles qu’on entend dans le film:

Auov uad auon acnurop ias iicinecu ertac iulunmod asiz. Aiutseca iulusacal iulutnafs ia irotacafenib is irotiulim irotanihcni. Uezenmud iul rolibor roletacap aeratrei is aerasal aeratecrec aer.

En lecture inversée (backmasking) on tombe sur un passage de la Bible, (Jean 13, 34) en Roumain:

Zisa Domnului catre ucenicii sai, porunca noua dau voua. Domnului sa ne rugam pentru mila, viata, pacea, sanatatea, mantuirea, cercetarea, lasarea si iertarea pacatelor robilor lui Dumnezeu. Inchinatori, miluitori si binefacatori ai sfantului lacasului acestuia.

La translation en anglais donne:

And God told to his apprentices…I gave you a command…to pray to the Lord for the mercy, life, peace, health, salvation, the search, the leave and the forgiveness of the sins of God’s children. The ones that pray, they have mercy and they take good care of this holy place.

Traducion Française littéralle:

Et Dieu dit à ses apprentis … Je vous ai donné un ordre … à prier le Seigneur pour la miséricorde, la vie, la paix, la santé, le salut, la recherche, le congé et le pardon des péchés des enfants de Dieu. Ceux qui prient, ils ont pitié et ils prennent bien soin de ce lieu saint.

Extrait de la Bible en Français, Jean 13:33-35:

34 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.

Curieux et controversé, juste «Le commandement nouveau» a été chanté dans les scènes d’orgie, affirmant que le maximum devrait aimer les uns les autres d’une manière jamais appelé par l’Église, en se concentrant uniquement sur ​​l’amour sexuel ou eros, ignorant l’amour transcendant et pur pour les chrétiens.

Voir « Une liturgie roumaine inversée utilisée comme invocation satanique dans un film avec Tom Cruise » sur YogaEsoteric pour plus d’informations.

Here we see Nightindale playing the music we hear, emphasizing the fact that people in the ritual actually hear that music and that the whole thing is choreographed to it. Nightindale is blindfolded because the "profane" have no right in seeing the occult rituals of the elite.
Nous voyons ici Nick Nightingale interprétant « Incantations inversées », signifiant que les gens du rituel entendent en fait cette musique et que le tout est chorégraphié dans ce but. Nightingale a les yeux bandés parce que le « profane » ne peut être témoin des rituels occultes de l’élite.

Les scènes en intérieur de la soirée ont été filmées à Elveden Hall, une demeure privée au Royaume-Uni conçue comme un palais indien. Quand les « festivités » commencent, un chant tamoul appelé « Migration » est joué en musique de fond, ajoutant à l’atmosphère indienne (la version originale de la chanson contenait une récitation des écritures de la Bhagavad Gita, mais le chant a été enlevé dans la version finale du film). Cette atmosphère indienne particulière, combinée aux scènes lascives dont Bill est témoin en parcourant la demeure, met l’accent sur la partie la plus importante mais la plus secrète du film : le yoga tantrique et ses dérivés dans l’occultisme occidental, la sexualité magique.

ps – La musique de fond pendant l’orgie, lorsque Bill passe de pièce en pièce est un chant tamoul chanté par Manickam Yogeswaran, chanteur carnatique:

Ce dernier concept a été « importé » par l’occultiste britannique Aleister Crowley et se trouve aujourd’hui au centre des enseignements de diverses sociétés secrètes :

« Les liens d’Aleister Crowley avec le yoga et le tantra indiens étaient aussi importants que complexes. Crowley avait une expérience directe de certaines formes de ces pratiques et était un familier de la littérature contemporaine sur ces sujets, il écrivit beaucoup à leur sujet, et – ce qui est peut-être le plus important – il les mit en pratique. Dans son appréciation de la valeur du Tantra, il était en avance sur son temps, qui considérait le Tantra comme une forme dégénérée de l’hindouisme. Il déclarait par contre que « aussi paradoxal que puisse paraître le tantrisme, c’est en réalité le plus évolué de l’hindouisme ». L’influence de Crowley par son apport des traditions ésotériques orientales, particulièrement les traditions indiennes, en occident s’étend aussi à un ajout des éléments de yoga et de tantra dans la structure et le programme de deux ordres magiques influents, le AA (Astrum Argentum en latin = étoile d’argent, NdT) et le OTO (Ordo Templi Orientis) ».

– Martin P. Starr, Aleister Crowley and Western Esotericism

La citation ci-dessus stipule que les concepts du tantrisme ont été ajoutés à deux importantes sociétés secrètes : les AA et l’OTO. L’OTO est toujours extrêmement influent dans les cercles de l’élite et touche les plus hauts niveaux de la politique, du monde des affaires et même de l’industrie du spectacle. Au cœur de ces ordres on trouve Théléma, une philosophie créée par Aleister Crowley qu’il a résumé en disant « Fais ce que tu voudras ». Cette phrase est en fait une traduction du « Fais ce que tu voudras » (en français dans le texte, NdT), devise d’une célèbre société secrète du 18ème siècle, le Hellfire Club (littéralement « club du feu de l’enfer »). On disait des clubs Hellfire qu’ils étaient « des lieux de rencontres de ‘personnes de qualité’ qui souhaitaient prendre part à des actes immoraux et dont les membres étaient souvent impliqués dans la politique ». Selon plusieurs sources, leurs activités comprenaient des imitations de cérémonies religieuses, une adoration du diable et des rituels occultes. Bien que les détails restent vagues concernant ce club élitiste, il était connu pour pratiquer des rituels sataniques élémentaires comme prélude aux nuits de fornication. Ces actes n’étaient pourtant pas juste « pour s’amuser » ou pour « choquer les gens » comme certaines sources pourraient le prétendre, les membres étaient des initiés des mystères occultes et leurs rituels étaient basés sur d’anciens rites impliquant des invocations et d’autres formes de magie noire.

En bref, bien que Kubrick ne nomme jamais réellement la société secrète infiltrée par Bill, il y a suffisamment d’indices pour comprendre à quel genre de club il se réfère. Le plus important est de dire aux spectateurs : ces sociétés existent toujours … et elles sont plus puissantes que jamais.

Le rituel et ses participants

Le rituel commence avec un grand prêtre, habillé de rouge, en train de pratiquer un cérémonial de routine. Il se tient au centre d’un « cercle magique » formé par des jeunes femmes qui ressemblent beaucoup à des esclaves Beta Kitten (chatons). Plus tard, lorsque Bill est démasqué, un autre cercle magique est formé.

The concept of Magic Circles is constantly refered to during the ritual and throughout the movie.
Le cercle magique est un concept utilisé dans les rituels magiques durant les invocations. La position des gens dans cette scène rappelle les cercles magiques. À droite : un cercle magique comme il figure sur d’anciens grimoires.
The last scene of the movie takes place at a toy store - a place full of highly symbolic details. Here, Helena walks by a toy called Magic Circle - hinting that there's a link between the occult underworld and the "real world". However, most people have their "eyes wide shut" to even realize it.
La dernière scène du film se passe dans un magasin de jouets – endroit empli d’objets hautement symboliques (j’en dirai plus dans le prochain article). Ici, Héléna Hartford passe à côté d’un jouet dont le nom est Cercle Magique – ce qui montre que des éléments de l’élite occulte s’insinuent par le biais de la culture populaire, mais qu’ils ne sont pas remarqués par ceux qui ont « les yeux grand fermés ».

Amanda

Au début du rituel, l’une des esclaves Beta va vers Bill et le pousse à quitter la maison avant qu’il ne soit pris. Nous apprenons finalement que c’est Amanda, la jeune femme qui s’était évanouie dans la salle de bains de Ziegler. Quand Bill se fait prendre et qu’il est (au sens littéral) démasqué par le grand prêtre, Amanda apparaît à un balcon d’une manière très théâtrale et dit au grand prêtre qu’elle veut prendre sa place, sur un ton qui touche au drame rituel. Le prêtre répond alors « Es-tu sûre de comprendre à quoi tu t’engages en faisant ceci ? » Ce qui implique qu’elle subira à plusieurs reprises des maltraitances et sera ensuite sacrifiée.

Le jour suivant, Bill découvre le réel pouvoir de cette société secrète.

Bill discovers in the newspaper that Amanda was found dead in a hotel room due to an overdose. The way in which this ritualistic murder is diguised as an overdose is highly similar to the many celebrity ritual deaths disguised as overdoses described on this website.
Bill découvre dans un journal qu’on a trouvé Amanda morte dans une chambre d’hôtel suite à une overdose. Ce meurtre ritualisé déguisé en overdose ressemble beaucoup aux nombreuses morts rituelles de célébrités déguisées en overdose qu’on voit dans la vie réelle.

Si on fait un arrêt sur image pour lire les nouvelles concernant Amanda, nous apprenons d’importants détails sur ce qu’elle a vécu (intégration classique de Kubrick d’une intrigue secondaire cachée). Pour ceux « qui savent », l’article décrit parfaitement la vie d’une esclave de programmation Beta de l’industrie du spectacle (comme Marilyn Monroe). Nous apprenons en fait qu’Amanda était « perturbée émotionnellement » dans son adolescence et qu’elle a subi des « traitements » (mot codé pour programmation MK, peut-être?), qu’elle avait « des amis importants dans le monde de la mode et du spectacle », et qu’elle a eu une « aventure » avec un créateur de mode renommé qui a été embobiné par ses prestations privées provocantes « (comportement typique d’une Beta Kitten). Ce que l’article ne mentionne pas, comme par hasard, est qu’elle vendait son corps aux gens de l’élite et servait pour leurs rituels occultes.

Comme c’est le cas pour les Beta Kittens qui deviennent « décevantes », elle a été éliminée par ceux qui contrôlaient sa vie. L’article raconte qu’elle a été vue pour la dernière fois en train d’être ramenée dans sa chambre d’hôtel par deux hommes et qu’elle « riait bêtement » (droguée et dissociée ?). Comme pour les sacrifices faits dans la vie réelle par l’élite, on cite l’overdose comme cause de la mort.

Le grand prêtre

Cloaked in red, the High Priest sits on a throne which features a very important symbol: A double-headed eagle topped by a crown.
Habillé de rouge, le grand prêtre siège sur un trône qui représente un très important symbole : un aigle couronné
The double-headed eagle is one of the most ancient and prominent symbol of Freemasonry. A crowned double headed eagle is representative of the 33rd degree of Freemasonry, the highest degree attainable. With the symbol on the High Priest's throne, Kubrick secretly implies that the he's a 33rd Degree Freemason.
L’aigle à deux têtes (ou aigle bicéphale, NdT) est l’un des plus anciens et des plus célèbres symboles de la Franc-Maçonnerie. Un aigle à deux têtes couronné symbolise le 33ème degré de la Franc-Maçonnerie, le plus haut degré accessible. Kubrick insinue-t-il que le grand prêtre est un franc-maçon du 33ème degré ?

https://i1.wp.com/www.memphis-misraim.org/images/aigle.jpg https://i0.wp.com/www.memphis-misraim.org/images/egypt1.jpgFranc-Maçon Rite de Memphis-Misraïm.

Comme pour les autres participants du rituel, l’identité réelle du grand prêtre n’est jamais révélée. Kubrick a pourtant laissé quelques indices laissant entendre son identité et sa relation avec Amanda.

Dans les crédits à la fin du film (et des sources comme dans IMDB) [= Internet Movie Database, références du film sur internet, NdT], on trouve sur la liste que le rôle du grand prêtre est joué par « l’assistant directeur » du film, Leon Vitali. En lisant soigneusement l’article du journal mentionné ci-dessus, Leon Vitali est le nom du créateur de mode londonien avec lequel Amanda a eu une « aventure ». De plus, le grand prêtre a un accent anglais facilement reconnaissable. Nous pouvons donc déduire que le grand prêtre est le créateur de mode.

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Gros plan sur l’article où est mentionné Leon Vitali.

Cette intrigue secondaire cachée est intéressante car elle révèle la vraie nature de l’industrie de la mode et du spectacle. Des individus de haut rang dans ces domaines sont initiés dans des sociétés occultes secrètes et font commerce d’esclaves MK.

Le pouvoir de la société secrète

Quand Bill est découvert par le grand prêtre, il est averti que lui et sa famille paieraient toute transgression. Le jour suivant, il réalise qu’il est suivi par des gens bizarres et il en devient paranoïaque.

The headline of this newspaper is "Lucky to be alive", another way that Kubrick details talk to the viewers.
Le gros titre de ce journal est « Heureux d’être resté en vie ». Ce qui s’applique à Bill.

Juste après que Bill ait quitté la morgue pour reconnaître le corps d’Amanda, Ziegler l’appelle et l’invite chez lui.

Taking place in Zeigler's pool room, the back and forth between the two men is more intense than any game of pool.
Se déroulant dans la salle de billard de Ziegler, les échanges entre les deux hommes sont plus intenses que la partie de billard.

Bien que Bill soit un médecin aisé, il ne fait pas partie de l’élite. L’attitude de Ziegler envers Bill le fait clairement sentir. Alors que Ziegler semble vouloir être honnête et droit envers Bill, nous comprenons qu’il essaie simplement de cacher la laide vérité. Après tout, Bill est un « outsider ». Il dit à Bill :

« Je ne pense pas que vous réalisiez dans quel pétrin vous vous êtes fourré la nuit dernière. Qui pensez-vous avoir vu ? Ce n’était pas de simples gens ordinaires. Si je vous disais leur nom – et je ne le vous dirai pas – mais si je le faisais, je ne pense pas que vous passeriez une bonne nuit ».

Ziegler admet donc que les gens qui ont assisté au rituel étaient de haut niveau, bien connus et influents. Kubrick nous fait ainsi comprendre que les plus riches et les plus puissants décideurs du « monde réel » se rencontrent dans ce genre de rituel … et que ces rituels sont inaccessibles au profane.

Quand Bill mentionne Amanda, Ziegler se met sur la défensive et répond : « C’était une pute » – voulant dire qu’elle était une esclave Beta dont on pouvait facilement disposer. Ziegler dit ensuite à Bill que tout ce qui s’est passé pendant le rituel était une farce pour lui faire peur, et Bill réplique :

« Vous dites que c’est une farce. C’est quoi ce genre de putain de farce qui se termine par la mort ? »

Ce qui souligne la différence fondamentale entre ce que perçoit le public des rituels occultes et ce qui se passe réellement. Les gens ordinaires sont amenés à penser que ces rituels de l’élite ne sont rien de plus que des rencontres bizarres entre gens oisifs. En réalité, ces rituels élaborés s’accompagnent souvent de tentatives réelles de magie noire, de réels sacrifices sanglants et d’autres actes horribles.

Puis Ziegler commence à raconter à Bill le même genre de truc diffusé par les médias quand quelqu’un a été sacrifié par l’élite : elle a fait une overdose, elle était droguée, ce n’était qu’une question de temps et la police n’y a rien trouvé de suspect.

Conclusion de la partie 2

La deuxième partie de cette analyse s’est concentrée exclusivement sur la société anonyme secrète et ses rituels sur laquelle Bill tombe par hasard. Bien que rien d’explicite ne soit montré aux spectateurs, le symbolisme, les indices visuels et même la musique de EWS trahissent une facette de l’élite occulte rarement montrée aux masses. Non seulement le film dépeint les gens les plus puissants et les plus riches partageant des rituels occultes, il montre aussi comment ce cercle a aussi le pouvoir d’exploiter des esclaves, de traquer les gens et même de s’en sortir impunément avec les meurtres sacrificiels. Encore pire, les médias de masse sont complices en dissimulant leurs crimes.

La société secrète du film ressemble de près à l’infâme club Hellfire, où des figures politiques célèbres se retrouvent pour participer à des soirées sataniques élaborées. De nos jours, l’OTO et autres sociétés secrètes semblables pratiquent toujours des rituels impliquant une énergie physique qui est perçue comme un moyen d’atteindre un état d’illumination. Ce concept, tiré du yoga tantrique, est au cœur de sociétés secrètes modernes et puissantes. Bien qu’aucune ne soit mentionnée réellement dans EWS, le film tout entier peut être interprété comme un grand voyage « magique », caractérisé par un aller-retour entre des forces opposées : la vie et la mort, le désir et la souffrance, le masculin et le féminin, la lumière et les ténèbres, et ainsi de suite …se terminant en une gigantesque manifestation orgasmique conduisant à l’illumination. Cet aspect du film, accompagné d’autres détails cachés, sera analysé dans la troisième et dernière partie de cette série d’articles sur EWS.

Dans la troisième et dernière partie de cette série sur Eyes Wide Shut (EWS), nous allons étudier le voyage de Bill dans son intégralité et sa signification ésotérique sous-jacente. Nous verrons comment le symbolisme déposé par Kubrick relie toutes les femmes du film, faisant des rencontres de Bill une exploration à plusieurs facettes du principe féminin.

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Les parties précédentes de EWS n’étaient consacrées qu’à la société secrète découverte par Bill. Le club de l’élite, fréquenté par les gens les plus puissants du monde, trempe dans le satanisme, la magie noire et même les sacrifices rituels. Aidé par son ami Nightingale, Bill s’infiltre dans l’un des rituels occultes de la société et assiste à une cérémonie présidée par un grand prêtre. Puis s’ensuit une orgie.

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Dans la seconde partie, j’ai expliqué comment dans la vraie vie, des sociétés secrètes, comme le Hellfire club et le O.T.O (Ordo Templi Orientis), pratiquent en fait ce genre de rituels. Les principes occultes qui y sont rattachés dérivent du yoga tantrique, où l’énergie est générée par une stimulation physique qui sert à atteindre un « état supérieur ». Ce concept fut réutilisé (et peut-être corrompu) par Aleister Crowley qui le nommait « Magie sexuelle ». Selon lui et ses adeptes, la connaissance de ce type de magie était le plus grand secret des anciennes sociétés secrètes et n’était dévoilé qu’aux plus hauts initiés.

On ne trouve pourtant aucune mention (directe) de tout ceci dans EWS. En fait, la cérémonie à laquelle assiste Bill, avec sa chorégraphie élaborée et sa musique glaçante, apparaît comme une pièce de théâtre grandiose, vide et factice qui n’existe que pour donner à des gens riches une sorte de raison mystique de se livrer à une débauche gratuite. Alors que Kubrick a dépouillé le rituel occulte de son côté ésotérique, de sa signification « magique », il y a fait baigner le film tout entier. En regardant le rythme du film, le voyage de Bill et les gens qu’il rencontre, il devient plus ou moins apparent que la « magie » ne se passe pas pendant le rituel lui-même, mais pendant toute la durée du film. Kubrick était-il initié à des secrets occultes ? Essayait-il de les communiquer par son film ? Regardons les concepts derrière le rituel.

Éveil de la kundalini

Le concept de magie par les forces de la reproduction semblerait provenir d’anciennes pratiques rituelles, car des traces de celui-ci peuvent être trouvées dans l’hindouisme, le taoïsme et dans les sociétés secrètes moyen-âgeuses, comme celle des Chevaliers du Temple. Dans le monde occidental actuel, l’OTO serait, comme le prétendait Aleister Crowley et son acolyte, Théodore Reuss, l’héritier de ce mouvement.

« Théodore Reuss était tout à fait catégorique : l’OTO était un groupe d’initiés aux mains desquels se concentrait la connaissance secrète de tous les ordres orientaux et de tous les degrés maçonniques existant. (…) L’ordre avait « redécouvert » le grand secret des Chevaliers du Temple, la magie sexuelle, pas la simple clé de l’ancienne tradition hermétique égyptienne, mais celle de tous les secrets de la nature, de tout le symbolisme de la Franc-Maçonnerie et de tous les systèmes de religion. »

– Peter Tomkins, The Magic of Obelisks (La Magie des Obélisques)

Le principe de base derrière ce « grand secret » est l’éveil de la kundalini ou « force vitale », énergie pouvant servir à des fins de magie.

« Dans toute magie tantrique, la condition nécessaire essentielle – que ce soit par l’extase des couples ou le rituel en solo d’un prêtresse – impliquait l’éveil d’une énergie connue comme le serpent de feu, ou kundalini. Cette énergie mystérieuse décrite comme siégeant inactive à la base des sept chakras peut être stimulée par deux méthodes distinctes, appelées traditionnellement, voie de droite et voie de gauche. La droite alloue une suprématie au principe masculin, la gauche au féminin. Quand, selon les clairvoyants, le pouvoir du serpent est stimulé, il grimpe le long de la colonne vertébrale de l’adepte, énergisant chaque chakra, jusqu’à émerger au crâne – symboliquement sous la forme d’une tête de serpent que l’on voit clairement dépeinte dans la statuaire égyptienne.

(…)

Selon la description des adeptes de la montée du serpent, ce dernier s’unit au « chakra aux multiples pétales de la région cérébrale » pour apporter l’illumination – ou forme la plus élevée de l’initiation – quand le courant « passe de la dualité à l’unité en inversant la voie prise à l’origine par les chakras pour procréer l’humanité ».

Des détails de l’initiation de l’OTO par le tantra hindou et tibétain, qui comprend des cérémonies impliquant l’usage « d’exsudation » par une prêtresse spécialement formée, furent apportés à la connaissance du public par un adepte de Crowley, Kenneth Grant. Des courtisanes sacrées, expertes en érotisme rituel, connues en Inde sous le nom de danseuses professionnelles (…) étaient particulièrement honorées. »

– Ibid.

Tandis que les courtisanes sacrées étaient « particulièrement honorées » dans l’ésotérisme oriental, les ordres magiques actuels utilisent des esclaves sous programmation Beta et s’en débarrassent quand ils en ont fini avec elles. En bref, l’inverse exact de « particulièrement honorées ».

La montée de la kundalini, concept derrière la magie tantrique, est parfaitement représenté par un dessin, la description du Baphomet d’Eliphas Lévi.

This famous depiction of Baphomet depicts all of the behind S Magick - the rising of the kundalini (represented by the phallic pole and two serpents) through the union of opposite forces. The torch above the goat head represents illuminatation.

Cette célèbre représentation de Baphomet inclut tous les symboles derrière la magie sexuelle – l’éveil de la kundalini (montré par le pôle phallique encadré de deux serpents) par l’union des deux forces opposées. La torche au-dessus de la tête de bouc représente l’illumination.

Qu’est-ce que tout ceci a à voir avec EWS ? Au premier abord, pas grand-chose. En voyant dans le film un rituel impliquant des « courtisanes sacrées », il n’est fait nulle part mention d’un « éveil de la kundalini » durant tout le processus. Si nous regardons cependant de plus près le voyage de Bill dans sa totalité, du début à la fin du film, nous réalisons que le vrai rituel ne se passe pas dans la résidence de l’élite, mais dans la tête de Bill. Quand il rencontre de nouvelles femmes et qu’il est exposé à de nouvelles opportunités, sa kundalini s’éveille – et Kubrick a ajouté des indices révélateurs.

Le film en tant que rituel

Alors que EWS semble ne parler que de sexualité, personne n’atteint jamais l’extase dans le film. Bien que Bill ait plusieurs occasions de satisfaire ses pulsions avec des femmes attirantes, cela n’arrive en fait jamais. Le film progressant, il y a cependant une augmentation manifeste du désir et de la concupiscence, mais Bill se débrouille pour les garder sous contrôle. Gérer cette « force vitale » est au cœur de la magie tantrique. Le film remémore constamment aux spectateurs ce processus à plusieurs reprises quand Bill imagine sa femme dans les bras de l’officier de la marine. Chaque flash est de plus en plus intense – allant du baiser à une totale relation sexuelle.

In each flash, Bill sees thing becoming more intense between his wife and the naval officer. These scenes reflect the increasing sexual tension of Bill's journey.
Pendant que le film avance, les flashs de l’infidélité d’Alice deviennent de plus en plus intenses. Vers la fin du film, elle est sur le point d’atteindre l’orgasme. Ces scènes reflètent l’éveil de la kundalini de Bill. Avoir ces flashs est cause de souffrance et ils rappellent aux spectateurs que le voyage de Bill a débuté avec souffrance et humiliation.
Towards the end of the movie, tension is so high that Bill gets flirty and touchy with a complete stranger, minutes after he met her. While that scene was rather odd, it emphasized the ever-increasing level of tension in the movie. Also, to emphasize duality, that girl immediately told Bill that her roomate had AIDS...which is kind of a mood killer.
Vers la fin du film, Bill est si excité qu’il se met à draguer et à « sauter » sur une totale inconnue, quelques minutes après l’avoir rencontrée. Bien que cette scène soit plutôt étrange et surréaliste, elle reflète sa « progression » dans le rituel.

Les toute dernières scènes du film concluent et définissent le voyage de Bill. Après avoir parcouru New York et s’être excité par toute sorte de trucs, Bill se retrouve face à face avec sa femme et lui exprime combien il est « éveillé » maintenant. Avec sa « force vitale » rechargée à bloc, Alice termine le film par une phrase complétant le rituel :

« – Je t’aime. Et tu sais, il y a quelque chose de très important que nous devons faire dès que possible.
– C’est quoi ?
– Baiser. »

Terminer le film sur cette note particulière suggère que la totalité du voyage a été d’une intensité croissante, qui a conduit finalement à une extase « chargée de magie », le but de la magie de Crowley.

Le voyage de Bill n’a pas été pourtant de tout repos. Pendant le déroulement du film, on voit de constants va-et-vient entre plaisir et souffrance, attraction et répulsion, vie et mort et ainsi de suite. La voie n’est que dualité et, juste comme les parquets des loges maçonniques sont carrelées de noir et blanc, le voyage de Bill consiste à marcher alternativement sur des carreaux noirs et blancs – montrant la nature duelle de toutes choses.

Éros et Thanathos

La virée nocturne de Bill dans New York est caractérisée par de multiples rencontres avec le genre féminin – chacune des femmes lui permettant de « guérir » son cœur brisé. Chaque rencontre porte aussi un aspect potentiellement destructeur, qui contre-balance sa séduction et son attrait. Alors que Bill espère procréer, il voit que ses pulsions engendrent souffrance et même mort. Le voyage de Bill est par conséquent un va-et-vient entre les deux impulsions de base de l’homme définies par Freud : Éros et Thanathos.

Freud voyait en Éros l’instinct de vie, l’amour et la sexualité dans son sens le plus large et en Thanathos l’instinct de mort, d’agression. Éros est un moteur d’attraction et de reproduction ; Thanathos de répulsion et de mort. L’un mène à la reproduction de l’espèce, l’autre vers sa propre destruction. Bien que chacune des rencontres de Bill promette une douce tentation sexuelle, elle possède aussi une contrepartie destructrice.

Bill's first encounter occurs when he visits one of his regular patients that died. His married daughter hits on him before her husband steps in. In this scene, we the juxtaposition of lust and desire with death and betrayal.
La première rencontre de Bill survient quand il rend visite à l’un de ses patients habituels qui vient de mourir. La fille du patient décédé embrasse Bill et lui dit qu’elle l’aime. Nous voyons donc dans cette scène la juxtaposition des concepts de plaisir et d’un désir de mort. Aussi, si Bill est allé avec cette femme, il blesserait finalement son mari – un autre mauvais penchant si on succombe au désir.

Chaque rencontre féminine de Bill promet une gratification, mais finit par être interrompue par quelque chose de négatif, comme la culpabilité ou un danger potentiel. Aussi, à chaque fois que Bill est en contact avec des aspects sordides bien que tentants du désir (prostitution ou esclavage), il en découvre vite le côté sombre, exploiteur et destructeur.

Par exemple, juste après qu’il ait apprécié les « délices » de la vision de Chatons MK au travail pendant le rituel de l’élite, quand il retourne rendre son costume, il en voit immédiatement le côté obscur. Le propriétaire du magasin, qui a attrapé sa fille mineure avec deux hommes d’affaire asiatiques et qui en a été scandalisé, a changé soudainement d’avis.

Standing at the opposite side of the counter, the shop owner sells his underage daughter as if she was another product. After enjoying the glamor of masked slaves in lavish rituals, Bill sees the other side of the "trade": Young girls being sold by exploitative people to a system feeding on pedophilia.
Debout derrière le comptoir de son magasin, le propriétaire du magasin vend sa fille mineure comme si elle était un nouveau produit. Après avoir joui d’esclaves masquées dans les extravagants rituels, Bill voit l’autre facette du « commerce » : des jeunes filles vendues par des exploiteurs dans un système qui s’engraisse sur le dos de mineures, les transformant en esclaves MK. Est-ce pour cette raison que ce magasin a été nommé « Arc-en-ciel » ?

Le voyage de Bill est donc un voyage qui fait continuellement alterner le charme primaire du désir et les constructions sociales destructrices qui ont été érigées autour. Il n’y a rien de plus basique et instinctif que l’attraction charnelle, mais notre monde moderne a rendu ces relations complexes, les a emprisonnées dans des règles et en a fait une exploitation. Alors que le désir est la voie naturelle qui pousse les humains à procréer, les constructions sociales ont créé autour de cette pulsion primaire toute sorte de fétichismes, distorsions, jeux et perversions…au point qu’elle a été dénaturée et rabaissée en une obsession malsaine.

Pendant que Bill oscille entre la joie et la douleur, le mariage monogame et une débauche anonyme, nous remarquons qu’il existe un thème commun unissant ses diverses rencontres.

Les femmes rousses

Les femmes les plus importantes du film sont la femme de Bill, sa fille Héléna, Amanda (l’esclave Beta qui a été sacrifiée pendant le rituel) et Domino (une prostituée qu’il a rencontré dans la rue). Les trois femmes adultes sont quelque peu semblables physiquement, car elles sont grandes, bien proportionnées et ont des cheveux roux. Elles semblent aussi reliées à un « autre niveau ».

Photo of Vinessa Shaw from Eyes Wide Shut (1999)

Alors qu’Alice est une dame respectable, de la haute société, elle vit en utilisant son physique dans une relation sans amour, un peu ce que fait une prostituée. D’un autre côté, le temps passé entre Bill et Domino est agréable et tendre, un peu comme cela se passe dans une relation aimante. Alice n’est donc pas très différente de Domino et vice-versa.

Il y a aussi des liens avec Amanda. Bien qu’Alice n’était (probablement) pas présente pendant le rituel occulte auquel Bill a assisté, quand il en revient, elle lui fait part d’un rêve qui ressemble à ce dont il a été témoin et qu’Amanda vient de vivre.

« Il m’embrassait. Ensuite nous avons fait l’amour. Après il y a eu ces autres gens autour de nous, des centaines, partout. Tout le monde b****ait. Et ensuite moi…je b****ais avec d’autres hommes. Beaucoup. Je ne sais pas avec combien je suis allée. Et je savais que tu pouvais me voir dans les bras de tous ces hommes…en train de b****er avec tous ces hommes ».

Le rêve d’Alice la « met en lien » avec Amanda qui assistait au rituel et qui a vécu le rêve d’Alice dans la réalité.

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Le lendemain du rituel, Bill trouve son masque en train de bizarrement « dormir » près de sa femme. Est-ce la manière de dire d’Alice qu’elle est consciente de ce qui se passe ? Peut-être y participe-t-elle ? Est-ce un avertissement de la société secrète ? Alice ne mentionne jamais le masque, je pense donc que nous ne le saurons jamais.

Domino était-elle au rituel ? Il est également intéressant de souligner que le « Domino » est une sorte de masque utilisé dans ce genre de rassemblement.

A Domino mask
Un masque Domino.

On peut même penser à l’Effet Domino; qui est une réaction en chaîne qui peut se produire lorsqu’un changement mineur provoque un changement comparable à proximité, qui provoquera un autre changement similaire, et ainsi de suite au cours d’une séquence linéaire. Le terme est utilisé par analogie à la chute séquentielle d’une file de dominos, et se réfère à une suite d’événements liés entre eux. Cette expression peut être employée de façon littérale (une série de collisions observées) ou de façon métaphorique [Note de ma part].

En regardant de plus près le « cercle magique » formé par les femmes du rituel, nous pouvons identifier quelques femmes qui pourraient être Domino. Le lendemain du rituel, Bill va chez Domino avec un cadeau, mais sa colocataire l’informe qu’elle est séro-positive au HIV… et qu’il est possible qu’elle ne revienne jamais. Est-ce vrai ou Domino était-elle une nouvelle « victime » du voyage de Bill ? Comme Amanda et Nightingale, Domino disparaît mystérieusement après le rituel.

Le fait que ces femmes aient toutes un point commun révèle un fait fondamental : le voyage de Bill ne concerne pas une femme en particulier, il parle du principe féminin dans son ensemble. C’est une quête ésotérique pour comprendre et « être un avec » le principe féminin qui est son propre opposé.

Héléna dans le même sillage ?

Tout au long du film, on nous montre Héléna (la fille de Bill) qui se prépare à être une autre Alice. Il y a aussi des indices reliant Héléna à Domino. Par exemple il y a une poussette devant l’appartement de Domino et à la fin du film, dans le magasin de jouets, Héléna est très intéressée par une poussette et la montre à sa mère.

Domino laying there with a feline plush toy, a symbol of Beta Kitten programming.
Domino sur son lit avec un félin en peluche, symbole de la programmation Beta Kitten
An entire row of this toy is at the store where Helena shops at the final scene of the movie.
Une rangée entière du même jouet dans le magasin où Héléna accompagne ses parents à la fin du film.

Il y a aussi quelque chose d’étrange dans la scène ci-dessus : les deux hommes derrière Héléna dans le magasin assistaient à la soirée de Ziegler au tout début du film.

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Les deux hommes à la soirée de Ziegler : mêmes cheveux, même stature physique et le gars à droite porte des lunettes identiques.

Pourquoi ces deux hommes se trouvent-ils dans le magasin à regarder les jouets ? New York est-elle une si petite ville ? Kubrick manquait-il de figurants dans cette scène ? Probablement pas. Se pourrait-il qu’ils fassent partie de la société secrète qui suit Bill et sa famille ?

Fait étrange : quand les hommes s’en vont et disparaissent de la prise de vue, Héléna semble les suivre…et nous ne la voyons plus jusqu’à la fin du film. La caméra zoome en effet sur Alice et Bill, qui sont complètement absorbés par eux-mêmes. Est-ce un moyen TRÈS subtil pour dire que leur fille va être entraînée dans et par le système d’esclavage Beta de la société secrète ? Autre énigme.

IlluminatiWatcherDotCom Eyes Wide Shut Toy Store Hommes 33

En Conclusion

Les œuvres de Stanley Kubrick ne sont jamais consacrées uniquement à l’amour ou aux relations. Le symbolisme et l’imagerie méticuleux de ses œuvres communiquent souvent une autre dimension de signification – qui transcende le personnel pour devenir un commentaire sur notre époque et notre civilisation. Et, dans cette période de transition entre la fin du 20ème siècle et le début du 21ème, Kubrick a conté l’histoire d’un homme perturbé qui déambule, en recherche désespérée d’un moyen de satisfaire ses pulsions primaires. Kubrick a raconté l’histoire d’une société complètement avilie et corrompue par des forces cachées, où la pulsion primaire primordiale de l’humanité – la procréation – a été dévalorisée, fétichisée, pervertie et exploitée au point qu’elle en a perdu toute sa beauté. Au sommet du monde se trouve une société secrète qui se révèle dans ce contexte et y prospère. Le regard de Kubrick sur la question n’était assurément pas idéaliste ni très optimiste.

Son triste conte tourne autour d’un simple homme, Bill, qui recherche quelque chose d’indéfinissable. Même s’il semble tout posséder, quelque chose manque à sa vie. Quelque chose de viscéral et de fondamental qui n’est jamais mis en mots, mais qui est tout à fait palpable. Bill ne peut être complet s’il n’est pas en paix avec son opposé : le principe féminin. La quête de Bill, par conséquent, suit le principe ésotérique d’une réunion de deux forces opposées en une seule. Comme suggéré par les dernières images du film, Bill se retrouve finalement « être un » et s’unit physiquement à sa femme. Après quoi, le processus alchimique et le rituel tantrique seront terminés. Cependant, comme le communique Kubrick quelque part dans la scène finale, même si ces deux personnes extrêmement absorbées par elles-mêmes, égoïstes et superficielles pensent avoir atteint une sorte d’épiphanie, qu’est-ce que cela change réellement ? Notre civilisation toute entière a toujours les yeux grand fermés…et c’était l’ultime message cinématographique de Kubrick.

Traduction par le BBB.

Partie 3: Autres subliminales et symboliques ésotériques présents dans le film

En plus de cet analyse pertinente de Vigilant Citizen, nous nous trouvons face à de nombreux autres symboliques ésotériques parsemées ici et là.

Pour anecdote, une synchronicité qui peut nous donner matière à réflexion: Kubrick, le père du film « 2001 L’odyssée de l’espace» (1968) est mort 666 jours avant le 1er Janvier 2001.

Kubrick, à travers ce film, met en garde que toute personne qui révèle les secrets des hommes puissants peut être « terminée », sans pénalité. Était-ce une prédiction (et avertissement) de sa disparition ?

Il n’est cependant pas le seul que l’on soupçonne d’avoir été assassiné à la suite de la divulgation des secrets des organisations occultes. Comme Uri Dowbenko le dit dans son commentaire du film publié par Steamshovel Press, la mort mystérieuse du brillant compositeur Mozart et la soudaine disparition des écrivains Stephen Knight et William Morgan étaient due à la révélation de ce genre de secrets.

Dans le cinéma, le dernier film qui a exposé des activités occultes maléfiques, avant Eyes Wide Shut, avait été « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski. Peu de temps après la première, la femme de Polanski, enceinte, a été assassinée par le sataniste Charles Manson.

Nous avons ici au début du film une symbolique Franc-Maçonnique représenté par les deux piliers Jakin & Boaz, qui sont les noms des deux colonnes de bronze fabriquées par Hiram et placées par le roi Salomon à l’entrée du Temple de Jérusalem (Premier livre des Rois 7,13-22) :

« Le roi Salomon […] dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. »

On peut aussi voir comme symbole sur la fenêtre, la Pyramide des Illuminatis (avec l’oeil qui voit tout), symbolique archi-disséminé partout dans les médias (clip, film, pubs etc)

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Lors de la présentation du caractère de Bill dans le film, incarné par Tom Cruise, il bénéficie de la même scène, mais en exact opposé. Les chaussures en dessous de la fenêtre, les deux piliers F-M, la pyramide sur la fenêtre…etc… mais contrairement à sa femme, lui se trouve dans l’ombre. Ce qui peut sembler dire qu’elle a été « éveillé » par les Illuminés. Lui ne l’a pas été, il se trouve donc donc « l’obscurité ».

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Dans la maison de Vicor Ziegler, nous avons aussi un sol en damier, qui est typique des Temples Francs-Maçonniques. (Ziegler en yiddish signifie maçon) !!

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De manière significative, le personnage de Cruise donne le signe maçonnique du secret – la main sur la poitrine avec l’index étendu vers le haut, comme mentionné dans de la Surveillance de la franc-maçonnerie de Richardson , à la page 86.

Voici sataniste Aleister Crowley donnant le signe du secret.

Ou encore les porteurs de lumières incarnés par Lucifer ou Vénus:

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Ainsi qu’une panoplie de pentagrammes inversés et d’étoiles vouées aux cultes vénusiens:

IlluminatiWatcherDotCom Eyes Wide Shut étoiles Szandor IlluminatiWatcherDotCom Eyes Wide Shut Szandor 6

When entering the party, the first thing  we see is this odd star-shaped Christmas decoration. This particular decoration is found throughout the house.

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Dans le film le chapeau du châtelain est un peu trop « chouette », plus une forte ressemblance avec la tête de la statue du Bohemian Groves, représentation de la déese Lilith

Les jardins du capitole des États-Unis ou siège le Congrès.

Partie 4 – Informations Complémentaires sur Kubrick et le film

Comparaison avec la nouvelle Traumnovelle:

Le roman Traumnovelle d’Arthur Schnitzler de 1926 se déroule autour de Vienne peu après le début du siècle. Les héros sont Fridolin et Albertina, et leur maison est une maison typique d’une banlieue de classe moyenne, bien moins chic que l’appartement dans le film.

Le couple de la nouvelle est de religion juive. Selon l’historien Geoffrey Cocks, Kubrick (lui-même d’origine juive) a supprimé la plupart des références à la religion des personnages dans les romans qu’il adapta. Ainsi dans le film, lorsque Bill Harford rentre chez lui, il est pris à partie par des jeunes gens qui l’abreuvent d’insultes homophobes. Dans le roman, les insultes sont antisémites, ainsi que Peter Loewenberg le remarque dans son article Freud Schnitzler and Eyes Wide Shut, tout comme Geoffrey Cocks dans Wolf at the Door.

Le roman se déroule pendant le carnaval où les gens portent souvent des masques pour faire la fête. La fête à laquelle participe le couple au début de l’histoire est un bal masqué du Carnaval, tandis que dans le film l’histoire commence à Noël.

Le critique de cinéma Randy Rasmussen explique que le personnage de Bill est fondamentalement plus naïf, guindé, et moins sûr de ses motivations que son homologue, Fridolin. Pour Rasmussen et d’autres, Bill Harford du film est essentiellement une sorte de somnambule porté par la vie sans réelle conscience de ce qui l’entoure. Dans le roman, quand sa femme lui décrit son fantasme sexuel, il admet à son tour l’un des siens (une jeune fille de sa connaissance à la fin de l’adolescence), tandis que dans le film, il est tout simplement choqué. Le problème du film qui consiste à s’interroger pour savoir si Bill a des fantasmes portés sur d’autres femmes, et si d’autres femmes le désirent est tout simplement absent du roman, où le mari comme la femme assument leurs désirs. Dans le film, l’éloignement de Bill et d’Alice s’articule autour de la confession récente, alors que dans le roman elle déclare qu’elle aurait pu épouser quelqu’un d’autre, et cela précipite leur éloignement.

Dans le roman, le mari soupçonne l’une de ses patientes (Marion) d’être éprise de lui, tandis que dans le film, c’est une surprise totale. Il est également plus frappé par l’orgie dans le film que dans le roman. Fridolin est plus entreprenant dans ses relations sociales, mais moins sensuel avec la prostituée (Mizzi dans le roman, Domino dans le film). Fridolin est également conscient d’avoir l’air vieillissant dans le roman, tandis que dans le film il est encore relativement jeune et fringant.

Dans le roman, l’entrée de la soirée a pour mot de passe « Danemark », ce qui est important car Albertina rêve souvent de son soldat danois. Dans le film, le mot de passe est « Fidelio », le mot italien pour « fidèle », titre de l’unique opéra de Beethoven. À noter que dans les premières versions du scénario, le mot de passe est « Fidelio Rainbow ». Jonathan Rosenbaum note que les deux mots de passe font écho aux deux mariés, mais dans des sens opposés. L’orgie dans la nouvelle se compose essentiellement de danses nues.

Dans le roman, la femme qui « rachète » Fridolin à la fête, le sauvant de sa peine, est habillée en nonne, et la plupart des personnages de la fête sont habillés comme des religieuses ou des prêtres ; Fridolin lui-même utilise un costume de prêtre. Cet aspect a été retenu dans le scénario original du filmmais a été supprimé dans la version filmée.

Dans le roman, lorsque le mari rentre à la maison, le rêve que sa femme lui raconte est une histoire complexe. Elle conclut avec l’image du mari crucifié au centre d’une place d’un village, après que Fridolin refuse de se séparer d’Albertine et devienne l’amant de la princesse du village, bien qu’Albertine soit à présent en train de copuler avec d’autres hommes, regardant son mari sans pitié. En étant fidèle, Fridolin échoue donc à échapper à l’exécution dans le rêve d’Albertine bien qu’il soit apparemment sauvé par le sacrifice de la femme inconnue durant l’orgie masquée. Dans la nouvelle comme dans le film, la femme se souvient de rire de manière dédaigneuse et méprisante envers son mari juste avant de se réveiller. Le roman montre clairement qu’à ce moment Fridolin déteste Albertina plus que jamais, en pensant qu’ils ont maintenant couché ensemble « comme des ennemis mortels ». Il a été soutenu que l’apothéose dramatique du roman est en réalité le rêve d’Albertina, tandis que le film l’a déplacé durant l’orgie de la société secrète visitée par Bill, dont le contenu est bien plus choquant dans le film (http://www.clas.ufl.edu/ipsa/2003/Greenwich%20conference.html).

Le personnage de Ziegler (qui représente la richesse et le prestige auxquels Bill Harford aspire) est tout à fait une invention du film, n’ayant pas d’homologue dans Schnitzler. Le critique Randy Ziegler Rasmussen interprète son rôle comme représentant les pires travers de Bill, ainsi que, pour citer d’autres films de Kubrick, le personnage principal de Docteur Folamour représente les travers de la sécurité nationale américaine, Charles Grady représente la face obscure de Jack Torrance dans Shining, et Clare Quilty représente les aspects négatifs de Humbert Humbert dans Lolita.

La présence de Ziegler permet à Kubrick de modifier le déroulement de l’histoire de plusieurs façons. Dans le film, Bill retrouve son vieil ami pianiste à la fête de Ziegler, puis tout en errant dans la ville, le retrouve au café Sonata. Dans le roman, la rencontre dans le café de Nightingale est un heureux accident. De même, la morte que Bill croit être la femme qui le sauva à la fête de Ziegler est en fait une baronne qu’il connaissait depuis plus de temps, et non une prostituée.

Plus important encore, dans le film, Ziegler fait un commentaire sur toute l’histoire de Bill, expliquant que l’incident de la partie, la menace, le sacrifice de la femme ne sont que mise en scène. Bien que cela soit probablement vrai, il s’agit d’une exposition des vues de Ziegler sur les manières du monde en tant que membre de l’élite au pouvoir.

Le roman explique pourquoi le masque de l’époux se retrouve sur l’oreiller à côté de sa femme endormie : elle l’avait découvert quand il glissa hors de sa valise et l’a placé comme un signe de sa compréhension. Ceci est laissé inexpliqué dans le film.

Source Wikipedia

En savoir plus sur Hors-Champ

  • Que savait Stanley Kubrick ? Interview de Jay Weidner pour le show Veritas. Juin 2011

Jay Weidner, écrivain et cinéaste est l’auteur et le producteur du film Kubrick’s Odyssey : Secrets Hidden in the Films of Stanley Kubrick . A ce jour, seul le premier opus de la trilogie est achevé. Kubrick’s Odyssey, Part 1 : Kubrick and Apollo

D’après Jay Weidner et les preuves qu’il apporte, Kubrick est l’homme qui dirigea les alunissages d’Apollo. 2001 : A Space Odyssey n’était pas uniquement le film produit à partir de la nouvelle de Arthur C. Clarke. C’était également un projet de recherche  & développement dont l’objectif était d’aider Kubrick à produire les séquences filmées de la capsule Apollo sur la lune. A la lumière de cette révélation, Weidner explore le film The Shining et démontre que ce film est aussi l’histoire du travail personnel de Kubrick pendant qu’il travaillait secrètement aux séquences Apollo pour la NASA. »

L’interview passionnante en entier est disponible sur Ici et Maintenant. Je vais juste prendre les passages en relation avec Eyes Wide Shut et le Projet Monarch.

[…] M.Fabregas :  »J’ai toujours pensé que Kubrick voulait nous dire des choses avec ses films mais je ne savais pas à quel point jusqu’à ce que je regarde la première partie de votre trilogie ! Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ces recherches ? A quel moment vous êtes-vous dit :  »Ah… il y a de l’information ici et je vais tout passer au peigne fin. »
Jay Weidner : C’est arrivé moins d’un mois après la mort de Stanley, en 1999. J’étais en France à l’époque et très attristé par cette nouvelle. J’étais un fan et aurait aimé pouvoir regarder d’autres films de lui.  Je suis rentré à la maison, c’était un samedi matin et tout d’un coup, alors que ma femme et moi prenions le café dans la cuisine, j’ai commencé à lui parler de 2001 : A Space Odyssey et comme dans un flash de révélations, je lui ai expliqué le film pendant 2 heures, le vrai sens de ce film. Quand j’ai eu fini, elle m’a dit : C’est la chose la plus étonnante que j’ai jamais entendue ! Tu dois écrire tout ça avant de l’oublier.

J’ai dit d’accord mais avant je veux revoir le film, c’était du temps des VHS, je suis donc allé au magasin vidéo de location de notre petite ville, le film passait sur l’écran quand je suis entré. Le jeune qui travaillait là le regardait pour la énième fois, en me disant je l’ai déjà vu au moins 10 fois mais j’arrive toujours pas à piger… Je l’ai emporté et visionné et quelques jours plus tard j’ai écrit mon article Alchemical Kubrick . C’était avant la sortie de Eyes Wide Shut Kubrick est mort en mars et ce dernier film est sorti quelques mois plus tard, le 20 juillet.

Mon article sort sur le web, un million de vues, et tous mes amis le critiquent en disant qu’il n’y a pas de preuves dans le travail de Kubrick démontrant qu’il s’intéressait à l’occultisme, donc … non vraiment Jay, je ne vois pas comment tu peux tirer une interprétation alchimique de son travail. etc… A ce moment là, je devais bien accepter le fait que je n’avais pas beaucoup de preuves, mais l’impression était que la symbolique de 2001 était si alchimique, avec le monolithe noir représentant la pierre philosophale ; la transmutation de Bowman l’astronaute qui devient l’enfant des étoiles, ça imite  exactement la transmutation alchimique. J’étais plutôt sûr de moi, puis Eyes Wide Shut est sorti et là, toutes les critiques cessèrent. Personne ne me dit plus que j’avais tord et que Stanley ne s’intéressait pas au monde occulte.Tout cela me conduit à visionner tout ce qu’il avait fait.[…]

[…] M.Fabregas : Pensez-vous que pour faire partie du gratin Hollywoodien et même gouvernemental, il est nécessaire d’être franc-maçon ?
Jay Weidner :Tout à fait…et même plus élevé que franc-maçon. Je ne pense pas que vous puissiez accéder à ces milieux sans en faire partie. J’ai travaillé à Hollywood pendant des années et j’ai toujours entendu qu’il y avait un niveau, quelque chose comme un plafond de verre, que vous ne pouvez pas franchir à moins d’avoir certaines choses. J’ai aussi entendu, et à l’époque je n’y croyais absolument pas, des histoires de sacrifices d’enfants dans des maisons de gros producteurs Hollywoodiens. Mais maintenant que l’église catholique et ses scandales pédophiles sont au grand jour, ainsi que le cas Franklin et les autres, je comprends de quoi il s’agit et je dis :  Oui, Hollywood, au plus haut niveau, est dirigé par les mêmes personnes dont nous parlons et j’ajoute qu’ils font des films qui nous rendent de plus en plus à l’aise avec la pédophilie.

M.Fabregas : En 1999 lorsque vous avez écrit votre article  »Alchemical Kubrick », vous avez reçu un appel anonyme de quelqu’un qui connaissait Stanley Kubrick, vous pouvez raconter ?
Jay Weidner : Bien. Peu après mon article (qui eut du succès), je reçois un e-mail de quelqu’un qui prétend avoir connu Stanley  et désire me parler. Je ne le crois pas et il insiste par mail à me le prouver. En effet il sait des choses que je connais également et qui sont très difficiles à dénicher. Je me dis que le type est sincère et j’accepte. Je lui envoie que voulez-vous me dire et il me répond Je n’écrirais rien dans un mail, je vous appellerai, quel est votre numéro ? Les mails étaient anonymes, un compte ouvert pour l’occasion, de style Yahoo.

Il m’appelle le soir même. Il avait été assistant technicien pour Stanley, et avait travaillé sur Eyes Wide Shut et sur Full Metal Jacket. Il était resté longtemps avec lui et travaillait sur Artificial Intelligence, le film AI. qui devait absolument suivre Eyes Wide Shut. Stanley le préparait pendant qu’il tournait EWS et ça, c’est une chose qu’il n’avait jamais faite de toute sa carrière, jamais il n’avait tourné 2 films de façon si rapprochée mais, c’est ce qu’il faisait pour ces deux-là.
Quand il est mort il avait déjà dépensé pas mal d’argent pour la pré-production de A.I  Le type me dit que ce jour là, Stanley lui avait demandé de l’accompagner.

Je suppose que Kubrick avait un groupe de personnes qui venaient avec lui pour la présentation des projets devant les pontes de Warners Brothers. Il dit que Stanley était inhabituellement très nerveux et fumait cigarette sur cigarette. Ils l’ont appelé, il est ressorti blanc comme un linge en disant ils veulent que j’en taille 20 minutes et ce sera okay, eh bien, pas question. Ça devait être 20 minutes bien particulières. Il est rentré chez lui et il est mort 4 jours plus tard.

Le type m’a dit que Kubrick tenait par-dessus tout à tourner lui-même A.I, il n’aurait jamais laissé qui que ce soit le faire à sa place, c’était son super projet et le technicien avait quelques soupçons vis à vis de toute l’histoire A.I de Spielberg, et moi de même. Il me confirma que Stanley s’intéressait vraiment à l’occultisme, à l’alchimie et mon interprétation de 2001 était selon lui, tout à fait exacte.

Tout cela m’a aidé à comprendre des zones d’ombre autour de Eyes Wide Shut. Je savais déjà qu’ils avaient fait des coupes car j’avais vu un trailer en France lors d’un show sur ce film et ces scènes ne sont pas dans le film. Je suis maintenant convaincu que la partie manquante du film sont les scènes du Monarch Program avec Nicole Kidman.  J’ajoute que je sentais que le technicien avait peur. J’ai trouvé cela significatif. Il voulait aussi que jamais je ne puisse retrouver qui il était.

M.Fabregas : Le Projet Monarch, c’est bien celui où ils se servent de Beauty Queens ?
Jay Weidner : Oui, c’est la même intrigue que dans Eyes Wide Shut. La femme qui sauve Tom Cruise…quand il lit l’article de journal au café, il est bien spécifié que la fille morte était une Beauty Queen. La mère de Jon-Benet était aussi une Miss, gagnante des concours de beauté. Quand vous commencez à fouiller, ça devient très étonnant et de plus en plus noir. Je dis ce qui suit juste pour le prouver.

Dans le livre de Cathy O’Brien Trance Formation of America, que j’avais rejeté dés sa publication au début des années 90, elle fait une description très imagée des organes génitaux de Dick Cheney. Quand le livre est sorti, nous pensions que c’était très marrant et que cette femme était une folle. Mais si vous gouglez Dick Cheney avec le mot big juste avant, vous tombez sur une photo de lui  lors d’un barbecue dans le Wyoming et…vlan…Cathy O’Brien est absolument exacte.

Ce qui nous mène à penser que son livre relate des faits réels. Ces faits sont qu’ils utilisent les Beauty Queens dans le Monarch Program pour infiltrer des groupes et pour manipuler les esprits des gens et toutes sortes d’autres choses. Elle écrit aussi que les femmes sont utilisées dans les rituels sexuels magiques, et elles le sont.

M.Fabregas : J’ai toujours pensé que Kubrick était représenté par Jack Nicholson et même aussi par Tom Cruise dans E.W.S. Parce qu’ils arrivent tous deux, finalement, à pénétrer le cercle de l’élite et ils s’y sentent admis. Jack Nicholson était le gardien et Tom Cruise le médecin de l’élite. Est-ce un vrai message de Kubrick ? A savoir que vous ne pourrez jamais en faire partie ?
Jay Weidner : Oh oui. C’est aussi la même intrigue pour Barry Lyndon vous pouvez être admis et gravir les échelons mais vous ne serez jamais accepté et à la fin l’élite vous jettera ou vous tuera, ou alors vous serez traité comme un chien ou un esclave. Kubrick l’avait compris. Il avait d’abord pensé être accepté par l’élite mais il s’est rendu compte qu’il ne pourrait jamais en faire partie car il n’avait pas le bon sang.  Puis il en est devenu obsédé.

Trois de ses plus grands films montrent cette idée que vous pouvez toujours côtoyer ces gens mais au bout du compte vous n’êtes que leur serviteur et…n’allez pas l’oublier ! C’est la vraie histoire de Tom Cruise dans Eyes Wide Shut. Sydney Pollack joue la tête pensante de ce culte satanique franc-maçon de sex magic, qui tient des orgies dans le palais de Nathan Rothschilds. Son nom est Ziegler et en yiddish, cela signifie maçon. Vous savez ils ne peuvent pas tout cacher. Pareil pour la musique de l’orgie, c’est la liturgie catholique à l’envers.

Posons-nous les questions…pourquoi ferait-il ça ? Il y a beaucoup de choses qui passent inaperçues pour la plupart des gens, mais qui reflètent la réalité de ce qui se passe. Si vous connaissez votre magie et vos rituels…je ne pratique pas la magie, je suis daoist à la base mais je l’étudie et je sais que le coven se compose d’un chef et de 12 femmes ou hommes, mais des femmes dans ce film, et si vous comptez le nombre de femmes autour du leader dans la scène de l’orgie, vous n’en voyez que onze. C’est Nicole Kidman la douzième et je pense que ces scènes ont été coupées. Elle y avait été emmenée et elle portait un masque. Elle était initiée par le hongrois du début du film. Puis elle assistait à l’humiliation de Tom Cruise. Ce sont les scènes manquantes. Il est évident que quelque chose de bizarre eut lieu qui a été coupé. Nous ne pouvons que spéculer. […]

Liturgie roumaine blasphémée

Harford apprend, par une négligence de son ami le pianiste, qu’il est appelé à participer, les yeux bandés, à des rencontres étranges qui ont lieu chaque fois dans un autre lieu et où tous les participants portent des manteaux noirs à capuche et des masques. A chaque fois il reçoit un mot de passe absolument nécessaire pour entrer. En outre, il raconte que la dernière fois ses yeux était moins bien cachés et qu’ainsi il a pu voir beaucoup de femmes, toutes avec des corps de mannequins, nues… Le médecin prend le déguisement nécessaire et, utilisant le mot de passe fournit par le pianiste, il entre dans un somptueux château, se retrouvant en plein rituel sexuel satanique, semblable aux orgies du magicien noir Aleister Crowley. Il est averti à deux reprises par une femme mystérieuse que sa présence ici met sa vie en danger. Bientôt, il est découvert comme intrus et le chef du rituel (« Le Grand Prêtre ») l’oblige à ôter son masque et ses vêtements. En ce moment difficile pour le médecin, la même femme masquée, et il est suggéré qu’il s’agit de Mandy, la maîtresse droguée de Ziegler, s’offre à sacrifier à sa place. En confirmation de ce « sacrifice rituel », les journaux du lendemain annoncent la mort d’une femme comme due à une overdose. Par cela, le réalisateur montre que tout esclave Monarch peut être supprimé s’il viole les règles établies par le programme et est considéré comme un risque pour celui ci.

Pourquoi dire que ce rituel est-il satanique ?

Il a été constaté (et je l’ai personnellement vérifié en utilisant un programme informatique, CoolEdit – note de la rédaction) que la musique qui accompagne le rituel est en réalité un fragment inversé (chanté de la fin au début) d’une liturgie roumaine. Bien sûr qu’à côté de la voix en question, il y a une orchestration, mais dans le déroulement inversé du passage musical on distingue très clairement les mots en roumain: « Nous prions également pour la miséricorde, la vie, la paix, la santé, le salut, la recherche, l’abandon et le pardon des péchés des serviteurs de Dieu, de ceux qui prient et des bienfaiteurs de ce lieu saint de culte. Et le Seigneur dit à ses disciples : voici un commandement nouveau que je vous donne… « 

Le compositeur britannique, Jocelyn Pookie, a acquis une immense célébrité suite à la musique originale du film de Kubrick. Par crainte de possibles protestations, elle a gardé un silence discret sur l’origine de ce morceau musical. Elle a été nominée pour un Golden Globe et elle-même avoue qu’elle ne sait pas si elle pourrait de nouveau égaler la performance de cette musique de film. Des critiques importants d’Hollywood apprécient encore plus la musique du film que le film lui-même. La chanson est apparue d’abord sur l’album « Flood », déluge, du compositeur, d’où elle a ensuite été reprise dans le film de Kubrick. Le problème avec ce morceau de musique semble plus compliqué qu’il y paraît. Tout d’abord, il faut dire que, malgré l’énorme intérêt suscité par la musique de ce film, presque nulle part on ne mentionne qu’ il s’agit là d’une messe chantée en roumain et jouée à l’envers.

Comme témoignage sur le fait d’avoir gardé intentionnellement un quasi-secret sur cet aspect on trouve les nombreux articles de plusieurs critiques réputés de cinéma qui ont commenté en détail la bande sonore du film, les interprètes, les chansons, mais dès qu’ils arrivent à la scène du bal masqué ils ne savent pas quoi dire. Il est vrai que Jocelyn Pookie a plus tard donné une interview à une station de radio à New York, déclarant que la pièce ne lui appartient pas et qu’il s’agit un traitement d’un enregistrement fait dans une église de Baia Mare, mais cette interview n’a jamais été publiée et presque personne n’en connaît l’existence.

Pourquoi cette manie du secret ? Voici une des raisons: Pendant le tournage du film, Jocelyn Pookie avait placé immédiatement après la scène de la cérémonie du « Bal masqué » un morceau d’un texte sacré hindou accompagné de musique. Immédiatement, la communauté hindoue de Grande-Bretagne a menacé d’un énorme scandale et la maison Warner Bros a décidé qu’il était préférable de ne pas agiter les choses. Donc, il a été choisi un morceau « de la même langue », qui a utilisé un texte « neutre ». Après tout, combien de personnes connaisent la langue hindoue à Venise, où le film a été présenté en premier, se demande avec naïveté la fille de Kubrick, qui raconte l’épisode. (http://www.visual-memory.co.uk/faq/html/ktemp.html)

Le principe de l’inversion des symboles est bien connu en occultisme. Un symbole divin, s’il est inversé, devient un symbole satanique, son énergie bénéfique étant ainsi pervertie et modifiée dans un sens maléfique. Par exemple, la croix inversée est souvent utilisée dans les rituels sataniques comme un symbole des mondes infernaux. De même, la liturgie orthodoxe, qui est un pont vers Dieu, devient un symbole satanique d’autant plus puissant que la foi du peuple auquel il appartient est grande. Et le réalisateur du film savait tous ceci, parce qu’il a expressément demandé de ne pas diffuser ce film en Roumanie. Peut-être s’agit-il de la raison pour laquelle le premier cannal de télévision qui l’a diffusé, HBO, s’est vanté d’avoir durement acquis les droits de diffusion dans notre pays.

Bien que ces problèmes soient connus depuis l’an 2000, l’année du lancement du film, à peine y-at-il eu chez-nous en 2002 un peu de tourmente médiatique à ce sujet. En cette occasion, le journal Evenimentul Zilei a publié un article sur la position du Patriarcat et de la maison de disques Electrecord surtout sur la question des droits d’auteur sur le fragment liturgique utilisé dans la bande sonore du film Eyes Wide Shut.
Perdus dans les méandres des droits d’auteur, il semble qu’ils ont tous « oublié » de remarquer tous les dommages moraux de la modification d’une liturgie, par inversion, en un outil puissant de magie noire. Quel effet pensez-vous que ce passage sonore a eu sur les millions de gens qui ont regardé le film ? Et quelle loi humaine pourrait nous défendre contre un tel blasphème ? La justice a également « les yeux grands fermés ».

  • Extrait de l’article « LES MYSTÈRES DE L’OPÉRATION MONARCH » sur Karmapolis.be 

« Eyes Wide Shut », film testament et œuvre codée ?

Arizona Wilder tout comme d’autres témoins attestent que certains films contiennent des messages codés ou servent d’instrument de conditionnement pour les victimes du réseau. Arizona Wilder s’est exprimée au sujet du dernier film de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » que l’on pourrait traduire par « les yeux largement clos », un titre lui-même ambigu, à double sens qui signifie une double contrainte: voir et se fermer les yeux en même temps, être témoin et se taire.

A y regarder de plus près, il semble bien que le film de Kubrick soit une mise en scène à peine voilée de thématiques, de mots clés et de situations typiques au programme Monarch. Les références sont tellement nombreuses, certaines scènes sont si explicites que l’on peut se dire que ce n’est pas un hasard. Maintenant, quant aux mobiles de Kubrick de faire ce film là précisément, on ne peut que se livrer à diverses suppositions. Quant à savoir si Kubrick savait ce qu’était Monarch, les victimes d’abus rituels qui ont vu le film sont formelles : Kubrick était d’une manière ou d’une autre un initié.

Pour ceux qui n’ont pas vu le film, voici en bref le scénario. Il s’agit des mésaventures d’un riche médecin new yorkais dont la clientèle est constituée par le gratin des personnalités de la ville. Ce médecin, le Dr Bill, joué par Tom Cruise et son épouse jouée par Nicole Kidman forment un couple en crise, une crise larvée pleine de non-dits, de tensions sexuelles et de prises de pouvoir. Tous deux vont se retrouver confrontés à des tas de scènes qui mettront leur union en péril. Bill et sa femme se rendront d’abord dans une soirée très mondaine où le médecin se fait draguer par deux mannequins, deux modèles apparemment sous l’emprise de stupéfiant. Le maître de maison l’interrompt dans cette séance de « triolisme » pour lui demander un petit service : une autre prostituée, modèle de haut luxe a fait une overdose dans une des chambres de la vaste demeure. Le Dr Bill doit rester bien entendu discret. Par la suite, on suivra les disputes et rapports de force du couple ainsi que la longue errance de Tom Cruise dans un New York inquiétant allant de prostitués en bars pour terminer dans une soirée « très particulière » dans un énorme et mystérieux château installé dans une riche banlieue de la ville. Il s’y invite grâce à un mot de passe extorqué à l’un de ses amis, il s’immisce dans la fameuse soirée qui s’avère être une partouze doublée d’un étrange rituel apparemment satanique où tout le monde est masqué. Et apparemment encore, les gens présents sont de très hautes personnalités. « Si tu savais qui était présent, tu en perdrais le sommeil » dira au Dr Bill, l’un des protagonistes du film qui voulait l’avertir de ne parler à personne de cette étrange nuit.

Dans Steamshovel Press, dans un article signé par Uri Dowbenko, les propos d’Arizona Wilder sont rapportés. D’abord, l’auteur ne peut manquer de remarquer que le film n’a pas été vraiment achevé et que Kubrick est décédé en plein montage, un fait qui ne peut qu’entretenir la paranoïa. On peut ainsi se demander si le film est complet, si toutes les séquences ont été tournées, montrées et montées par les héritiers de Kubrick, en l’occurrence, surtout son épouse qui avait la main haute sur la réalisation et le montage final de l’œuvre.

Quant à Arizona Wilder, elle insiste sur le fait que le film est une allusion directe et sans faux-fuyants à Monarch et aux réseaux sataniques. Rien que le titre « Eyes Wide Shut » est une phrase codée dans le programme Monarch qui signifie la chose suivante « tout ce dont vous avez été témoin ici ne peut être révélé à quiconque  ». «  Les programmeurs du contrôle mental de Monarch utilisent cette expression, c’est vraiment une phrase culte  » souligne Arizona Wilder. Le film s’avère également être une réminiscence directe de l’une de ses expériences : «  Dans l’un de mes journaux datant de 1990, je parle d’un rituel où ils portent des masques dorés et des toges à capuchon. Cela a un rapport avec le Dieu Soleil. Ils utilisent ces masques dans des cérémonies rituelles en relation avec l’Egypte. Les masques signifient : « nous ne sommes pas des individus et nous n’avons un but en tête. Et une chose qu’ils font est de ne jamais ôter leur masque  ». Il y a plein d’autres allusions comme le nom de l’ami pianiste –« Nightingale » – du héros qui est peut-être victime d’un meurtre pour avoir révéler à Tom Cruise l’adresse où se passait le rituel. L’ami pianiste de Tom Cruise s’appelle donc Nightingale, ce qui est une référence directe à Monarch tout comme le nom du magasin de costume « Over the Rainbow » où Tom Cruise va emprunter le masque et la cape pour se rendre au rituel. «  Ce film est en fait une déclaration  » précise t’elle, «  une déclaration selon laquelle, Nous, les Illuminati, sommes là. Que pouvez-vous donc faire contre cela ?  ». Le film répond de façon assez pessimiste puisque les dernières paroles du couple Kidman Cruise sont «  Est-ce que tout cela est un rêve ? Peut être devrions nous avoir de la gratitude d’avoir simplement survécu. Nous sommes éveillés maintenant  ». Bref une sorte de déni après avoir expérimenté quelque chose d’aussi étrange. Enfin, selon Per Sewen, rédacteur à Illuminati News qui a vu « Eyes Wide Shut » en compagnie d’une victime d’abus rituels de type Monarch, le film s’avère assez fidèle à certains aspects de l’affaire : “ Aucun de nous n’avait la moindre idée du sujet du film. Ce fut un choc pour nous deux, spécialement parce que ce genre de film peut servir de déclic pour des victimes de SRA (satanic and ritual abuses). Et ce le fut. La jeune femme qui m’accompagnait était très mal à l’aide à la fin du film ”.

« Vous pouvez me dire quel genre de soirée déguisée se termine par la mort d’une personne ? » Bill Harford (Tom Cruise) dans Eyes Wide Shut.

Sujet difficile, grave et très peu abordé dans l’histoire du cinéma, les réseaux de parties fines déviantes ont été si peu représentées qu’évidemment dans la culture populaire et l’inconscient collectif c’est comme le nuage de Tchernobyl : « Il s’arrête à la frontière », donc n’existe pas chez nous.

Néanmoins quelques artistes, souvent iconoclastes, de réputation internationale et quelque fois penseurs/essayistes (donc pas vraiment des imbéciles de dernier plan comme peuvent être les cinéastes dits « engagés » qui, par leur gauchisme attardé font, sans faire le lien, l’apologie des valeurs du Marché) touchent du doigt ce sujet dangereux, voire mettent la caméra et leurs deux pieds dans la boue la plus répugnante que l’humanité ait conçu pour ses divertissements d’Élite (hélas sponsorisée par un dieu cornu).

Des films souvent difficiles à promouvoir (des relais timides de la presse), quasi impossibles à financer sur ce sujet précis (d’où l’intention pour certains artistes d’en parler de manière détournée) et qui ne passent que très peu à la télévision. Certains en sont morts – comme Pasolini ou la femme de Polanski – et d’autres subissent encore aujourd’hui une censure d’ordre économique : si sujet gênant, alors pas de financement (Yves Boisset). Mais grâce à l’Art – cette relation mystique de l’Homme avec les forces immatérielles dans la création – « Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu » (Luc 12.2). Voici les fictions qui dévoilent ces secrets.

[….]

Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1999)

Dernier opus d’une œuvre faible en nombre de films mais puissante sur l’accomplissement artistique, le film testament du Maitre incontesté du cinéma de la seconde partie du XXe siècle avait encore une fois déjoué tout le monde : le public et la presse s’attendait à un film érotique alors qu’il narre une aventure nocturne qui emmènera son protagoniste jusqu’à une partouze satanique.

Adapté d’une nouvelle méconnue d’Arthur Schniltzer, médecin et écrivain viennois d’origine juive, admiré par Freud dont il est un contemporain, Kubrick a mis près de trente ans à adapter cette nouvelle et considéra le film une fois fini comme « son meilleur » (dixit Frédéric Raphael, son scénariste, dans son livre Deux ans avec Kubrick), dont la scène-clé du film, celle du gang-bang d’hyperclasse, est illustrée par un chant catholique… inversé, transformé à partir d’une liturgie roumaine orthodoxe enregistrée dans une église de Baia Mare et rejouée à l’envers par Jocelynn Pook dans son album « Flood », soulignant bien l’orientation satanique de la musique. Cette scène montre des femmes nues s’offrant à des hommes masqués, ritualisée par une sorte d’ « évêque » en pourpre donnant le tempo. Le personnage de Tom Cruise se glissera parmi les invités mais, une fois démasqué, l’une des femmes s’offre en sacrifice à l’aréopage de libidineux afin de « sauver la vie » du malencontreux médecin. Une bonne vieille messe noire en somme, avec sacrifice d’humain en bonus.

À l’époque où le film sortit, l’ensemble de la presse s’était focalisé sur la relation Kidman/Cruise en cours d’effilochement, sur le thèmes du couple et de la conjugalité, travaillés à maintes reprises par son réalisateur (la seconde partie de Barry Lyndon ne parle que de ça, Lolita entièrement et The Shining partiellement), et où les cinéphiles glosaient sur la part de rêve et de psychologie dans le parcours nocturne et diurne de Bill Harford, façonné par la mise en scène envoutante et élégante de Stanley Kubrick (qui souligne très bien les masques grotesques des participants et dont le tournage eut lieu au château Mentmore Towers, appartenant aux… Rothschild !).

Mais personne n’a soulevé ce qui est pourtant littéral dans le film : le réalisateur montre une partouze d’Élites pouvant se terminer sur des transgressions morales. La prostituée est en effet retrouvée morte le lendemain, et bien sûr à la fin du film, le personnage de Ziegler (dont la salle de bain est remplie de serviettes pliées en tabliers franc-maçons…) se chargera de couvrir son ami Bill et de l’éloigner de ce genre de « divertissement » car peu apte à saisir les joies de la transgression, lui, Bill le petit bourgeois s’ennuyant dans son couple. Une histoire terrible, se terminant certes sur la réconciliation du couple mais aussi sur le dernier mot du cinéaste : « fuck ». Une presse qui resta, comme le titre le prophétisait, les « yeux grands fermés » sur ce sujet.

Tiens, mais comment a fini l’affaire des « ballets roses » ? Et de quoi témoignent donc les victimes prostituées dans l’affaire « Patrice Alègre », et de quoi parle le carnet de « tarifs de torture » retrouvé – puis perdu une heure avant le procès – dans l’affaire des « disparues de l’ Yonne » ? […]

  • Une analyse en parallèle biblique sur Swing.be

En anglais:

– « Illuminati symbolism and analysis of ‘Eyes Wide Shut’ » sur Illuminati Watcher (en français ICI)

– « Esoteric Analysis of Eyes Wide Shut » sur Jay’s Analysis (en français ICI)

Tim Kreider est un essayiste et un dessinateur qui fournit des commentaires via de multiples canaux. Il a écrit un grand essai sociologique, « Introducing Sociology – A Review of Eyes Wide Shut » qui analyse en profondeur le film et quelques-unes des théories derrière son symbolisme. Vous pouvez le lire en anglais sur Visual-Memory.co.uk  (en français ICI). En voici un extrait:

« The real pornography in this film is in its lingering depiction of the shameless, naked wealth of millennial Manhattan, and of its obscene effect on society and the human soul. National reviewers’ myopic focus on sex, and the shallow psychologies of the film’s central couple, the Harfords, at the expense of every other element of the film-the trappings of stupendous wealth, its references to fin-de-siecle Europe and other imperial periods, its Christmastime setting, even the sum Dr. Harford spends on a single night out-says more about the blindness of the elites to their own surroundings than it does about Kubrick’s inadequacies as a pornographer. For those with their eyes open, there are plenty of money shots. « 

– L’article « An Interpretation of Kubrick’s Eyes Wide Shut » (en français ICI) sur le site TheKonformist.com écrit par Adam Gorightly, qui voit le film comme celui dans lequel Kubrick tente d’exposer le programme de Mind Control MK-ULTRA pour la création d’esclaves sexuels. Cette idée de la programmation MONARCH a été postulé dans des actes musicaux: comme Britney Spears et Lady Gaga. Les sources affirment que cette programmation existe (par exemple Cathy O’Brien) et disent que la programmation commence dès le plus jeune âge, comme la prévalence des anciens membres Mickey Mouse Club de Disney qui deviennent des étoiles: tels que Justin Timberlake et Christina Aguilera. Comme dans le film avec la fille de Bill qui se prépare à devenir une futur esclave sexuelle.

– « Eyes Wide Shut: Occult Entertainment » de Uri Dowbenko (en français ICI)

– « Eyes Wide Shut: Occult Symbolism » sur The Kentroversy Papers

– Documentaire « Stanley Kubrick Exposes Illuminatis » en 4 parties (en anglais). Red Ice Radio explore cette théorie avec une interview avec Jay Weidner.

Sources:

Vigilant Citizen

BistroBarBlog (BBB)

Illuminatiwatcher

Javier Carette Blog

Ici et Maintenant

Hoollywood Subliminals

8 réflexions sur “Stanley Kubrick – Les sociétés secrètes et la pédocriminalité – Décodage du film «Eyes Wide Shut» et du mystére Kubrick

  1. aucune allusion au judaïsme dans le film, dites-vous? le casting, Sidney Polack? Quant au « rat », je sais que Mickey Mouse est une souri, mais quand-même… Puisque vous aimez le visqueux, The Exorciste(début), Alien, Bug, Fight Club, Dawn of the Dead(islam)…

    • ……. ne seriez-vous pas complètement hors-sujet ??!! le « rat » ?? Mickey Mouse ?? une souri(s) svp…. le visqueux ?? essayez d’être plus pertinent dans vos critiques, elles n’apportent strictement rien, aucune référence, rien. Des fois il vaut mieux se taire que mal se faire entendre.

    • Tu n’as manifestement rien pigé, il ne s’agissait pas pour Kubrick de dénoncer la suprématie de certaines communautés, ou « race » si tu préfère, mais plutôt de dénoncer les dérives sectaires et criminelles de cette soit disant élite, -d’où qu’elle vienne- riche, érudite et toute puissante car dénuée de tout sens mor
      Je te suggère de le regarder de nouveau, mais cette fois avec des « Eyes Wide Open»😉

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