Tsunami au Japon en 2011: une île de débris se dirige toujours vers les USA

débris du tsunami en juin 2012 sur les côtes de l'Alaska

Débris du tsunami en juin 2012 sur les côtes de l’Alaska

La plaque de déchets en provenance du Japon se trouve en ce moment au nord est d’Hawaï…

Les débris du tsunami qui a frappé le Japon en 2011 n’ont pas fini de voyager.

« Cinq millions de tonnes de débris ont été engloutis par l’océan…

Les vagues immenses qui ont frappé le Japon en mars 2011 ont charrié dans la mer une quantité sans précédent de déchets: cinq millions de tonnes de débris d’immeubles, voitures, bateaux, mobilier urbain… et dont une partie va encore voguer des décennies. Environ 3 millions et demi de tonnes ont immédiatement coulé, selon les chiffres officiels du Japon, et quelque 1,5 million de tonnes de plastique, filets de pêche, bois, containers à poissons, ferraille… sont partis au large. «Le tsunami aurait éjecté dans l’océan Pacifique au minimum l’équivalent de 3.200 années de déchets rejetés en mer par le Japon en situation de routine», estime l’ONG française Robin des Bois, spécialisée dans les questions de gestion de débris post-catastrophe. Et pour le seul plastique, le volume dispersé en quelques heures dans Pacifique serait équivalent à celui accumulé depuis plusieurs décennies dans l’Atlantique et le Pacifique réunis, ajoute-t-elle.

Des docks en béton et des Harley Davidson…

Début 2012, les premiers débris -les plus légers et avec le plus de prise au vent- ont échoué sur les côtes de l’Oregon, de l’Etat de Washington, au sud de l’Alaska et de la Colombie britannique (Canada). D’autres ont suivi: une moto Harley-Davidson dans un container, un ballon de football avec le nom de son propriétaire dessus, un voilier… Deux docks flottants en béton en provenance du port de pêche de Misawa, préfecture d’Aomori (nord-est), ont gagné l’un l’Oregon, l’autre l’Etat de Washington, avec huit mois d’écart. Une double odyssée qui illustre bien que, contrairement à ce qu’on pensait, il n’y pas eu de débarquement massif de déchets.

Les données de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine de l’océan et de l’atmosphère, «montrent que les débris ne forment plus une masse unique», indique Sherry Lippiatt, coordinatrice régionale en Californie du programme sur les déchets marins de la NOAA. «Depuis deux ans, ils ont été dispersés dans le vaste océan Pacifique nord», ajoute-t-elle. Et il est difficile de savoir combien flottent encore à la surface et où exactement. Beaucoup ont dû couler, se charger d’eau, et leur dispersion rend vaine toute observation par avion ou satellite.Danger pour la navigation. En revanche, des observations réalisées par des marins et des pêcheurs ainsi que des modèles informatiques laissent penser que le gros des débris qui se déplacent le plus lentement se trouve au nord et à l’est d’Hawaï.

Les micro-déchets avalés par les poissons?

Simon Boxall, du Centre océanographique national britannique (NOC), explique que la plupart des épaves sont emportées dans un courant circulaire qui part du Pacifique nord, et finissent pris au piège dans un tourbillon situé entre Hawaï et le Pacifique, connu comme la «Grande zone d’ordures du Pacifique» (GPGP pour Great Pacific Garbage Patch). «Certaines pourraient y rester de trente à quarante ans», dit-il. Les débris pris dans la partie nord du courant ont, eux, tendance à s’en séparer et se diriger vers les côtes d’Amérique du Nord, selon Simon Boxall. Aussi, on découvrira encore pendant des années des traces du drame japonais en se promenant sur la plage. «La plupart sont sans danger», assure Simon Boxall, ajoutant que le matériel radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima était «évidemment» une exception. «Les hydrocarbures ont été dispersés dans l’océan depuis longtemps, ainsi que le gros des produits chimiques. Les gros objets en revanche représentent encore un danger pour la navigation», détaille-t-il.

Une interrogation subsiste pour les plastiques dégradés en microparticules. Des études réalisées précédemment sur des moules et des poissons de la mer du nord indiquent qu’elles sont avalées par certaines espèces et restent dans leur système digestif. «On parle beaucoup de micro-déchets de plastique, mais on ne sait rien sur les nano-particules», souligne François Galgani, spécialiste des déchets plastiques à l’Institut français pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Reste aussi pour lui, le «gros problème de la dispersion des espèces invasives» transportées par les débris. Les autorités américaines ont d’ailleurs pris grand soin de nettoyer les docks en provenance du port de Misawa pour éviter la prolifération de dizaines d’espèces marines qui l’avaient colonisé. »

Parmi les cinq tonnes de restes de maisons, de bateaux et des morceaux de bois en tous genres qui ont été engloutis par l’océan en mars 2011, une plaque d’une tonne dérive actuellement vers les Etats-Unis, rapporte le Daily Mail.

Gigantic: A floating island of debris the size of Texas is floating toward California coast after washing into the Pacific in Japan's horrific 2011 tsunami

Slowly but surely: The Texas-sized trash island is floating to the northeast of Hawaii after over two years of sailing across the Pacific

Bateaux, motos, quais…

Selon les dernières observations de la National Oceanic and Atmospheric Association (NOAA) américaine, une plaque de détritus de la taille du Texas se situe actuellement au nord est des îles d’Hawaï. Une traînée de déchets, moins concentrée, a également été observée de l’Alaska jusqu’aux Philippines.

Un quai en provenance du Japon, balayé par le tsunami de mars 2011, a échoué sur une plage de l'Oregon, aux Etats-Unis, en juin 2012.

Un quai en provenance du Japon, balayé par le tsunami de mars 2011, a échoué sur une plage de l’Oregon, aux Etats-Unis, en juin 2012. Thomas Boyd/AP/SIPA

« Sur la côte Ouest des Etats-Unis, les déchets japonais qui ont traversé le Pacifique doivent rapidement être détruits… C’est une course contre la montre qui commence pour les autorités de l’Oregon, à l’Ouest des Etats-Unis: un morceau de quai de 20 mètres de long, ayant dérivé à travers l’océan depuis le tsunami japonais du 11 mars 2011, doit être détruit avant de provoquer un désordre biologique. Les scientifiques ont en effet dénombré plus de 90 espèces d’algues, mollusques et organismes marins en tous genres sur le quai qui s’est échoué sur la plage d’Agate, à Newport, le 5 juin dernier.

Etoile de mer, crabe japonais et wakame:

Les scientifiques sont particulièrement inquiets de la propagation possible d’une étoile de mer, Asterias amurensis, du crabe japonais et de l’algue wakame. Ces trois animaux et végétaux ont une grande capacité à se répandre et à prendre le dessus dans de nouveaux milieux naturels, entraînant la disparition d’espèces locales. Ainsi, le wakame pousse dans tous les interstices et sur tous les supports possibles, formant de larges plaques qui bloquent les rayons du soleil pour les autres espèces. L’Asterias amurensis, elle, a un appétit féroce qui peut éliminer un grand nombre de proies, tandis que le crabe japonais se reproduit avec une rapidité telle qu’il peut vite coloniser un milieu, laissant les autres espèces de crabes sans ressources alimentaires.  Preuve de leur résistance: ces espèces ont survécu à une traversée du Pacifique de 7.000km durant 15 mois.

Les autorités américaines doivent donc se débarrasser au plus vite du morceau de quai qui sert de logis à ces intrus. Pesant plus de 130 tonnes, il sera coupé en cinq morceaux, dont l’un sera érigé comme mémorial pour les victimes du tsunami. »

Tsunami debris from Japan carrying invasive species washes Up on US beaches in Oregon

Les experts évitent la prolifération des algues et autres organismes pouvant créé de vrais désordres biologiques.

Des objets sont déjà arrivés sur les côtes de l’ouest américain, mais seulement 27 sur quelque 1.600 ont pu être clairement liés au tsunami: un petit bateau trouvé à Hawaï, des quais entiers arrivés dans l’Etat de Washington et dans l’Oregon, une moto échouée en Colombie britannique au Canada… Ce sera toutefois plus difficile de déterminer la provenance de nombreux détritus ayant perdu leur forme initiale et, par chance, leur radioactivité.

Un container avec une moto Harley Davidson, perdu en mer il y a un an après le tsunami au Japon, s’est échoué sur les côtes de la Colombie-Britannique (ouest du Canada). PETER MARK / AP / SIPA

Peu après les îles Midway, le "Pallada" a repéré un nombre surprenant d'objets dérivants, dont un petit bateau de pêche que l'équipage du voilier a récupéré à bord le 22 septembre.

Petit bateau de pêche que l’équipage du voilier a récupéré à bord le 22 septembre à Hawai. | AFP/Nadezhda PROZHERINA

Large items: The 164ft Japanese fishing vessel Ryou-Un Maru entered US waters March 31, 2012, on its ghostly journey after being washed away by the massive wave. The ship eventually sank in the Gulf of Alaska

Le bateau de pêche japonais (164ft) Ryou-Un Maru entré dans les eaux US le 31 Mars 2012, pendant son voyage fantomatique après avoir été emporté par le tsunami. Finalement, le navire a coulé dans le golfe de l’Alaska.

Des volontaires nettoient des photos retrouvées parmi les débris laissés par le tsunami, à Kesennuma le 10 mars 2013

Des volontaires nettoient des photos retrouvées parmi les débris laissés par le tsunami, à Kesennuma le 10 mars 2013

Voir une simulation (GIF animé) du trajet des débris du tsunami (International Pacific Research Center):

https://i2.wp.com/iprc.soest.hawaii.edu/users/nikolai/2011/Pacific_Islands/Simulation_of_Debris_from_March_11_2011_Japan_tsunami.gif

Inspiré de cet article sur 20minutes, avec quelques rajouts.

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