Columbus Day: Les pires atrocités commises par Christophe Colomb

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George Orwell disait: “Celui qui contrôle le passé contrôle le futur et celui qui contrôle le présent contrôle le passé” . Sous cette citation se cache le contrôle et la ré-écriture de l’histoire par nos élites mondiales. Et sous le couvert de cette manipulation séculaire, nous sommes amenés à célébrer aujourd’hui des hommages à des personnages et des moments clés de l’histoire, sans réellement savoir qu’ils étaient vraiment ou bien ce qu’il s’est réellement passé!!!

Le 14 Octobre aux USA est fêté la « Columbus Day », journée de commémoration dédiée à Christophe Colomb. Sous l’image d’un grand explorateur et du découvreur des Amériques, qui se cache réellement derrière cet icône? A en croire les lectures révisionnistes, Colomb serait plus un explorateur génocidaire, tortionnaire, adepte du viol et du dépouillage des populations ainsi qu’un des pionniers de l’esclavagisme trans-atlantique.

Ayant apparemment laissé derrière lui que misère et souffrance, semant la mort à son passage, cela devient intéressant de percer à jour ce personnage que nos livres d’histoire nous enseigne comme une figure glorieuse et dorée. AMD777

Columbus (The Ocean Blues. (THE WASHINGTON POST LIBRARY)

Revenons sur les pires atrocités de Christophe Colomb:

1. Il fit couper les mains d’environ 10 000 autochtones sur ce qui est aujourd’hui Haïti (Hispañola) et la république Dominicaine. Colomb obligea tout indien Taino de 14 ans et plus de lui fournir « une cloche à faucon » d’or tous les trois mois. (NdT: les cloches à faucons étaient de petites cloches utilisés dans la chasse fauconière. Colomb fit distribuer des cloches aux indiens, car ceux-ci devaient remplir une cloche de poudre d’or tous les trois mois faute de quoi…) Ceux qui ne lui fournissait pas leur quota d’or étaient punis en « ayant leurs mains coupées et laissés mourir d’hémorragie », rapporta le fils de Colomb Fernando.

2. Colomb faisait punir les petites offenses à sa loi draconienne en faisant couper le nez et les oreilles des indiens.

3. Colombus combattit la résistance à sa tyrannie en faisant lâcher des chiens de chasse sur les Indiens, qui étaient déchiquetés vivant. Des gens furent « mangés vivants » et « 20 chiens de chasse furent lâchés et commencèrent à immédiatement déchiqueter les Indiens », écrivit l’historien espagnol et prêtre catholique Bartolomé De La Casas, qui fut le témoin direct et oculaire de ce carnage.

4. Colomb et ses hommes chassaient les Indiens pour le sport et utilisaient les cadavres comme nourriture pour chiens. Si les chiens avaient faim, « Des bébés Arawak étaient tués pour les nourrir », rapporta De las Casas.

5. Colomb fut un précurseur de la traite d’esclaves trans-atlantique. Alors qu’il exterminait une race complète en Haïti et en République Dominicaine, il commença également à enlister les Indiens des autres îles. Il les envoyait également en Europe comme esclaves. Un grand nombre d’Indiens moururent durant les traversées, tant et si bien que les Espagnols se tournèrent vers l’Afrique pour les esclaves. Le fils de Colomb fut en charge du premier échange d’esclaves de l’Afrique vers les Caraïbes en 1505.

6. Colomb encouragea ses hommes à violer les femmes autochtones aussi jeunes que dès l’âge de 9 ou 10 ans.

Dans un évènement particulièrement bien documenté, Colomb donna une jeune indienne adolescente à son homme d’équipage Miguel Cuneo, lorsqu’ils s’en retournèrent en Espagne. Elle « résista de toutes ses forces » à ses tentatives de la posséder sexuellement, alors « il la fouetta sans pitié et la viola ».

7. Colomb ordonnait à ses hommes de « couper les jambes des enfants qui se sauvaient afin de tester l’aiguisage de leurs lames », d’après le rapport de De Las Casas. Les envahisseurs « grillaient » aussi les enfants « à la broche » et « hâchaient les enfants et les démembraient ».

Source: « Mutilation and Other Carnage: War Crimes Committed by Columbus » et « 8 Myths and Atrocities About Christopher Columbus and Columbus Day »  sur Indian Country Today Media Network

Traduction par Resistance71

References: Phillymag.com, Washington Post, University of North Carolina,  L’holocauste américain: Christophe Colomb et la conquête du Nouveau Monde: démythifier une légende.

Howard Zinn ou l’histoire sous (bonne) influence:

Christophe Colomb et la civilisation occidentale.

“Les indiens ont été tellement de fois déçus et trahis par les hommes blancs, que l’expression ‘homme blanc’, parmi bon nombre de natifs, est synonyme de menteur. Vraiment monsieur, je ne suis pas consentant pour faire partie de cette infâmie. Je confesse volontiers que je ne suis pas indifférent au fait d’avoir un nom propre, même parmi les indiens. De plus, ils me voient et me considèrent expressément comme “votre représentant’ et mes promesses comme les promesses du ‘destructeur de ville’. Monsieur, pour votre honneur et pour l’honneur et les intérêts des Etats-Unis, je désire leur faire savoir qu’il y a quelques hommes blancs incapables de les decevoir ou de les trahir.”

–   Timothy Pickering, négociateur du gouvernement américain avec les nations iroquoises, dans une lettre à George Washington du 21 Mars 1792 –

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Ceci est la traduction du chapitre 5 de son livre: “On Democratic Education” avec Donaldo Macedo (2005) ~ Présentation, cliquez ici ~

[………] Ceux qui dominent notre société sont dans une position d’écrire notre histoire. S’ils peuvent faire cela, ils peuvent décider de notre futur. Voilà pourquoi dire l’histoire de Christophe Colomb est important. Laissez-moi ici vous faire une confession: Je ne savais pas grand chose de Colomb jusqu’à il y a environ une douzaine d’années, quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”. Je possédais un doctorat en Histoire (Ph.D) de l’université de Colombia, ce qui veut dire que j’avais reçu l’entrainement adéquat d’un historien, mais ce que je savais en fait de Christophe Colomb n’était que ce que j’avais appris à l’école primaire.

Quand j’ai commencé à écrire l’ “Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours”, je décidais que je devais en savoir plus sur Colomb. J’étais déjà arrivé à la conclusion que je ne voulais pas écrire encore une autre revue de l’histoire américaine, je savais que mon point de vue serait différent. J’allais écrire  a propos des Etats-Unis, vus sous l’angle des gens qui ont été largement exclus ou négligés dans les livres d’histoire: les nations natives, les esclaves noirs, les femmes et les travailleurs, qu’ils soient natifs ou immigrants.

Je voulais écrire l’histoire du progrès industriel d’une nation non pas du point de vue d’un Rockefeller, d’un Carnegie ou d’un Vanderbilt, mais du point de vue des gens qui ont travaillés pour eux dans leurs mines, leurs chemins de fer, leurs champs pétroliers, de ceux qui ont perdus leur vie ou des membres lors de la construction du chemin de fer. Je voulais raconter l’histoire des guerres non pas du point de vue des généraux et des présidents, pas du point de vue de ces héros militaires qui ont leur statue en places publiques, mais vue par les yeux du simple soldat, vue par les yeux de “l’ennemi”. Oui… Pourquoi ne pas voir la guerre contre le Mexique, ce grand triomphe militaire américain, du point de vue des Mexicains ?

Ainsi, comment devais-je donc raconter l’histoire de Christophe Colomb ? J’en vins à la conclusion que je devais la voir au travers des yeux des gens qui étaient là lorsqu’il arriva, les gens qu’il appelait les “indiens”, parce qu’il croyait être arrivé en Asie. Et bien, ils n’ont laissé aucun mémoire, aucune histoire. De plus, ils avaient été exterminés en quelques décennies après l’arrivée de Colomb. Ainsi je fus obligé de me tourner vers ce qu’il y avait de mieux après cela: les Espagnols qui étaient là au moment des faits. Colomb, lui-même, qui écrivit un journal d’activités.

Le journal de Colomb fut très révélateur. Il décrivit les gens qui l’accueillirent lorsqu’il débarqua aux Bahamas, c’était des indiens Arawak, parfois appelés également Tainos; il décrivit comment ils vinrent à sa rencontre en mer, comment lui et ses hommes avaient dû leur paraître venir d’un autre monde, des différents cadeaux qu’ils lui apportèrent. Colomb les décrivait comme étant pacifiques, gentils et dit: “Ils ne portent pas d’armes et ne savent pas ce que c’est qu’une épée, ils l’ont pris par la lame et se sont coupés.”

Au fil des mois dans son journal, Colomb parle des natifs avec ce qui paraît être une grande admiration: “Ce sont les meilleurs gens du monde et par dessus tout les plus gentils, sans aucune connaissance de ce qu’est le mal, ils ne tuent pas, ne volent pas… Ils aiment leurs voisins comme eux-mêmes et ils parlent d’une manière la plus douce, ils sont toujours en train de rire…”

Dans une lettre, qu’il écrivit à un de ses commanditaires espagnol, Colomb déclara: “Ils sont très simples, très honnêtes et très, trop,  libéraux avec ce qu’ils possèdent.” Dans son journal, Colomb poursuit: “Ils feraient de très bons serviteurs. Avec 50 hommes nous pourrions tous les subjuguer et leur faire faire ce que nous voulons.” Ce fut ainsi que Colomb voyait les indiens, non pas comme des hôtes très hospitaliers, mais comme des serviteurs qui pourraient faire “tout ce qu’ils voulaient”.

Et que voulait Colomb ? Ceci n’est pas difficile à déterminer. Dans les deux premières semaines de ses écrits de journal, il y a un mot qui revient écrit 75 fois: l’or. Dans les récits standards à propos de Colomb, il est souvent fait référence à sa foi religieuse, son désir de convertir les natifs de l’endroit au christianisme (NdT: La découverte de l’Amérique par C. Colomb est antérieure à la réforme de l’Église…), sa révérence à la bible. Oui il était concerné par Dieu, mais il l’était plus encore par l’or. Partout sur l’île d’Hispagnola (aujourd’hui Haïti) où lui, ses frères et ses hommes passèrent le plus clair de leur temps, il fit ériger des crucifix partout. Mais ils construisirent également des échafauds partout sur l’île, on en comptait 340 en 1500. Des crucifix et des échafauds, cette terrible juxtaposition historique.

Dans sa quête de l’or, Colomb, voyant des morceaux du métal parmi les indiens, en conçut qu’il devait y en a voir d’énormes quantités. Il ordonna aux natifs de trouver une certaine quantité d’or en un laps de temps déterminé. Si les indiens ne respectaient pas leur quota, leurs bras étaient amputés à la hache. Les autres étaient supposés apprendre de cet exemple et de remplir leur quota en or.

Samuel Eliot Morison, l’historien de Harvard, qui fut le biographe admirateur de Colomb, le reconnait. Il écrivit: “Colomb fut responsable de l’instauration de ce dur système ayant pour seul but l’exportation de l’or… Ceux qui fuirent dans les montagnes furent traqués avec des chiens, ceux qui réussirent à s’échapper succombèrent à la faim, la maladie, tandis que des milliers de pauvre hères désespérées, prirent le poison de la cassave pour mettre fin à leur misérable existence.” Morison continue ainsi: “Ainsi, la politique et les actions de Colomb, pour lesquelles il fut le seul responsable, commencèrent la dépopulation de ce paradis terrestre qu’était Hispagnolia en 1492. Des natifs originaires, estimés par les ethnologues modernes à environ 300 000 personnes, un tiers furent tuées entre 1494 et 1496 (NdT: 100 000 morts en deux ans !…). Une énumération montra qu’il restait 60 000 natifs en 1508… En 1548, Oviedo (Morison fait ici référence à Fernandez de Oviedo, l’historien officiel de la conquête du nouveau monde) doutait qu’il en restait 50 000 vivants.”

Mais Colomb ne parvint pas à obtenir suffisamment d’or à envoyer en Europe pour impressionner le roi et la reine ainsi que leurs financiers espagnols, ainsi ils décidèrent d’envoyer en Espagne une autre sorte de pillage et de butin extorqué: des esclaves. Ils capturèrent environ 1200 natifs, en sélectionnèrent 500 et les envoyèrent entassés dans les cales, dans leur voyage transatlantique. Deux cents moururent en chemin de froid et de maladies diverses. Dans le journal de Colomb, un écrit de Septembre 1498 stipule* “D’ici, nous pouvons envoyer au nom de la sainte trinité, autant d’esclaves qui pourront être vendus…”

L’horreur que les Espagnols firent subir aux indiens est décrit en détail par Bartolomé de las Casas, dont les écrits donnent le compte-rendu le plus fidèle de la rencontre et de l’interaction entre les Espagnols et les Indiens. Las Casa était in prêtre dominicain qui arriva dans le nouveau monde quelques années après Christophe Colomb, il passa quarante années de sa vie sur Hispagnolia et les îles alentours; il devint l’avocat proéminent de la cause des natifs en Espagne. Dans son livre “La dévastation des indiens”, Las Casas écrivit au sujet des Arawaks, “de leur humanité touchant à l’universel, ces gens sont les moins agressifs, les plus dénués de turpitudes et de duplicité qui soient… et pourtant, au sein de cette bergerie, débarquèrent quelques Espagnols, qui commencèrent à se comporter en bêtes sauvages et cruelles… Leur raison pour tuer et détruire… est que les chrétiens ont pour but ultime la possession de l’or…”

Les atrocités se multiplièrent. Las Casas témoigna d’Espagnols embrochant des indiens au fil de leurs épées pour le plaisir, fracassant la tête de nouveaux-nés sur les rochers; lorsque les indiens résistaient, les Espagnols les traquaient, équipés pour les tuer de chevaux, d’armures, de lances, d’épieux, d’arquebuses, d’arbalètes et de chiens dressés particulièrement féroces. Des indiens prirent parfois ce qui appartenait aux Espagnols, pour ce que les indiens n’avaient pas de concept de ce qu’était la possession privée et donnait eux-mêmes tout à fait librement ce qui leur appartenait, ils furent décapités ou brûlés vifs au bûcher.

Le témoignage de Las Casas fut étayé par d’autres récits venant d’autres témoins. Un groupe de moines dominicains, s’adressant à la monarchie espagnole en 1519 dans l’espoir que celle-ci intercèderait en la faveur des natifs, racontèrent les atrocités innommables, des chiens dévorant des enfants, bébés nés de femmes captives abandonnés en forêt pour y mourir, travaux forcés dans les mines et sur les terres qui laissèrent un nombre incalculable de mort par épuisement, famine et maladie. Beaucoup d’enfants moururent parce que leurs mères, épuisées et affamées n’avaient plus assez de lait pour les nourrir. Las Casas estima qu’à Cuba, 7000 enfants natifs moururent en trois mois.

Le plus grand nombre succomba aux maladies, parce que les Européens amenèrent avec eux des maladies auxquelles les natifs n’avaient jamais été exposés tels que la typhoïde, le typhus, la diphtérie, la petite vérole. De plus, comme dans toute conquête militaire, les femmes reçurent un traitement brutal spécial… […]

Il y a des preuves de viols à grande échelle des femmes indiennes. D’après Samuel Morison: “Aux Bahamas, Cuba et Hispagnola, ils trouvèrent de nombreuses jeunes femmes très belles, toujours nues, et consentantes de manière présumée”. Qui présume cela ? Morison et bien d’autres. Morison vit cette conquête, comme beaucoup d’écrivains après lui le firent, comme étant cette sorte d’exaltation romantique de la découverte de l’histoire du monde. Il semble s’emporter et se laisser aller à minimiser ce qui pour lui représente une conquête masculine de plus. Il écrivit: “Plus jamais de simples mortels ne pourront espérer revivre l’exaltation, l’émerveillement et la satisfaction de ces jours d’Octobre 1492, lorsque le nouveau monde donna gracieusement sa virginité aux conquérants castillans.” Le langage de Cueno et de Morison, séparé de près de 500 ans, suggère très certainement comment la mythologie moderne a préservé et rationalisé la brutalité sexuelle de la conquête en la regardant de manière “complaisante”.

Ainsi j’ai lu le journal de Colomb et j’ai lu Las Casas. J’ai également lu le travail pionnier en la matière de Hans Koning: “Christophe Colomb, son entreprise”, qui, à l’époque où j’écrivis mon “Histoire populaire des Etats-Unis”, était le seul travail contemporain qu’on trouvait et qui traitait du sujet de manière différente du traitement standard.

Lorsque mon livre fut publié, j’ai commencé à recevoir des lettres de partout dans le pays. Voilà un livre de plus de 600 pages, commençant avec Christophe Colomb et se terminant à la fin des années 1970, et toutes les lettres que je recevais ne traitaient que d’une seule question: Colomb. Comme je parle de lui au début du bouquin, j’aurai pu interprété cela comme étant le fait que c’était tout ce que les gens avaient lu du livre, mais non, en fait il semblait que la partie concernant Colomb fut la partie du livre que les gens trouvaient la plus intéressante et intrigante. Parce que chaque Américain, dès l’école primaire a appris cette histoire de la même façon: “En l’an de grâce mille quatre cents quatre-vingt douze, Christophe Colomb s’en fût sur le grand océan”. (Ndt: il convient ici de donner aux lecteurs la phrase verbatim qui est écrite dans tous les livres d’histoire nord-américains et qui est construite pour rimer dans les deux hémistiches: “In fourteen hundred and ninety-two, Colombus sailed the ocean blue”…).

Combien d’entre vous ont-ils entendu parlé de Tigard, Oregon ? Et bien, je n’avais pas non plus, jusqu’à il y a sept ans, je commençais à recevoir vingt ou trente lettres par semestre d’élèves d’un Lycée de Tigard dans l’Oregon. Il semblait que leur professeur leur demandait de lire mon livre (connaissant les lycées, je devrais presque dire, les “forçait” à le lire..). Il photocopiait des chapitres, les donnaient aux élèves et après lecture, il leur demandait de m’écrire des lettres avec des commentaires sur le livre et des questions. En gros, la moitié d’entre eux me remerciait de leur donner des données historiques qu’ils n’avaient jamais vues auparavant. Les autres étaient en colère et se demandaient où diable avais-je eu ces informations et comment j’étais parvenu à de telles conclusions scandaleuses. Une lycéenne du nom de Béthanie écrivit: “De tous vos articles que j’ai lus, j’ai trouvé celui ‘Christophe Colomb, les indiens et le progrès humain” le plus choquant.” Un autre élève du nom de Brian, 17 ans, écrivit: “A titre d’exemple de la confusion que j’éprouve après avoir lu votre livre concerne l’arrivée de Colomb en Amérique…D’après vous, il semblerait qu’il ne soit venu que pour les femmes, les esclaves et l’or. Vous avez dit que vous avez eu un grand nombre de ces informations depuis le journal de Colomb lui-même, je me demande si un tel journal existe vraiment et si oui, pourquoi n’est-il pas partie intégrante de notre histoire ? Pourquoi rien de ce que vous dites ne figure dans mon livre d’histoire ? ou dans tous les autres livres d’histoire accessibles à tout le monde quotidiennement ?” Je méditais sur cette lettre. Car elle pouvait être interprétée comme retraçant l’indignation d’un lecteur devant la frustration éprouvée par le fait de ne pas trouver cette information dans les autres livres, mais de manière plus probable, il disait en fait: “Je ne crois pas un mot de ce que vous avez écrit, vous avez tout inventé !”

Je ne suis pas surpris de telles réactions. Cela en dit long sur les affirmations de diversité et pluralité de la culture américaine, la fierté dans notre “société libre”, qu’une génération après l’autre a appris la même chose, à la virgule près sur Colomb et termine pour beaucoup des études supérieures avec les mêmes cinglant vides et omissions.

Un instituteur de Portland dans l’Oregon, Bill Bigelow, a entrepris une croisade pour changer la façon dont l’histoire de Colomb est enseignée partout en Amérique. Il explique le comment il commence souvent une nouvelle classe: il se dirige vers une fille sur le devant de la classe et lui prend son sac. Elle lui dit: Hey, vous avez pris mon sac !” et il lui répond: “Non, je l’ai découvert !…”

Bill Bigelow fit une étude sur des livres pour enfants récemment publiés au sujet de C. Colomb. Il les trouva tous remarquablement similaires et alignés sur ce qu’ils disent du personnage ainsi que sur la répétition du point de vue traditionnel. Une biographie typique réservée aux élèves de Cours Moyen (CM1-CM2) sur Colomb commence ainsi: “Il était une fois un petit garçon qui adorait la mer”. Et bien je peux facilement imaginer une biographie d’Attila le Hun commençant ainsi: “il était une fois un petit garçon qui aimait les chevaux” ! Un autre livre pour enfant analysé par Bigelow, cette fois-ci de niveau CE, commence ainsi: “Le roi et la reine regardèrent l’or et les indiens. Ils écoutèrent émerveillés le récit des aventures de C. Colomb. Ils allèrent ensemble ensuite à la messe et prièrent, des larmes de joie emplirent les yeux de Colomb.”

J’ai parlé de Colomb lors d’un atelier pédagogique avec des enseignants de primaire et de secondaire et l’un d’entre eeux suggéra que les enfants étaient trop jeunes pour pouvoir entendre les horreurs narrées par Las Casas et les autres. D’autres ne furent pas d’accord, argumentant que les histoires pour enfants sont pleines de violence, mais que les perpétrateurs de ces violences sont des sorcières et des monstres et des “méchants” et non pas des héros nationaux qui ont des jours fériés portant leur nom (NdT: Colombus Day aux Etats-Unis est fêté tous les ans le second lundi du mois d’Octobre, le même jour que le Thanksgiving canadien, jour lui aussi “dédié” à l’interaction avec les natifs. Ce qu’il s’est passé historiquement et qui est commémoré n’est pas non plus la réalité des faits…). Quelques enseignants firent des suggestions quant à savoir comment la vérité pourrait être dite sans faire nécessairement peur aux enfants et qui éviterait une falsification de l’histoire.

L’argument qui veut que les enfants ne soient pas prêts émotionnellement à recevoir la vérité n’enlève rien au fait que, dans la société américaine, quand les enfants grandissent, on ne leur dit toujours pas la vérité. (NdT: Il en va de même en ce qui concerne l’histoire de l’esclavage et de la colonisation dans la société européenne et française…). Comme je l’ai dit plus tôt, jusqu’à la complétion de mon doctorat en histoire, je n’ai jamais été mis en face des informations qui auraient pu contrer les mythes qu’on m’avait fait croire dans les classes éducatives antérieures. Il est clair que ma propre expérience est typique de la très vaste majorité des gens à en juger par les réactions choquées des lecteurs de tout âge à la lecture de mon livre et que j’ai reçues au fil du temps. Si vous jetez un œil sur un livre pour une audience adulte sur le sujet comme la “Colombus Encyclopedia” (mon édition date de 1950, mais toutes les informations importantes, incluant la biographie de Morison, étaient déjà disponibles à l’époque), il y a une longue présentation de C. Colomb d’environ 1000 mots, dans laquelle vous ne trouverez aucune mention des atrocités commises par lui et ses hommes à l’encontre des natifs. […]

[…] Les disputes académiques sont intarissables sur le sujet, mais il n’y a aucune doute sur le fait que la cruauté, l’épuisement au travail et les maladies furent les résultats directs d’une dépopulation. Il y avait, d’après des estimations récentes, environ 25 millions d’indiens au Mexique en 1519, un peu plus d’un million en 1605… Malgré les différences de langage, les conclusions académiques contradictoires, les disputes sur la question insoluble, il n’y a pas vraiment de dispute sur les faits de mise en esclavage, de travail forcé, de viols, de meurtres, de prises d’otages, de ravages par les maladies amenées par les Européens et l’élimination d’un très grand nombre de natifs du continent américain. La seule dispute est sur le fait de savoir qu’elle doit être la place de ces évènements historiques dans notre narratif historique, quelle importance doit-on leur donner pour analyser les problèmes de notre temps.

Par exemple, Samuel Eliot Morison passe un certain temps à détailler les traitements réservés aux natifs par Colomb et ses hommes et utilise le mot “génocide” pour décrire les effets généraux de la “découverte” du nouveau monde. Mais il enterre ceci au sein d’une longue description admirative de Colomb et résume ses points de vue dans les paragraphes de conclusion de son livre: “Christophe Colomb le navigateur” comme suit: “Il avait ses qualités et ses défauts, mais ils furent largement ceux là même qui participèrent à sa grandeur, sa volonté indomptable, sa foi en Dieu et en sa propre mission de christianisation des terres au delà des mers, sa persistance bornée malgré la négligence de ses pairs, la pauvreté et le découragement, mais il n’y avait aucun défaut, ni mauvais côté à sa qualité première et essentielle: il fut un grand navigateur.” Oui ses qualités de marin!

Laissez-moi ici clarifier ma position. Je ne suis intéressé ni par dénoncer ni par exalter C. Colomb. Il est bien trop tard pour cela. Nous ne sommes pas en train d’écrire une lettre de recommandation pour qu’il soit capable de continuer ses conquêtes dans une autre partie de l’univers. Pour moi, l’histoire de Christophe Colomb est importante pour ce qu’elle nous dit à propos de nous-même, à propos de notre époque, à propos des décisions prises pour notre nation et pour le siècle à venir.

Pourquoi cette polémique aujourd’hui à propos de C. Colomb et la célébration du cinq centième anniversaire ? Pourquoi les natifs d’Amérique du nord sont-ils indignés de la glorification de ce conquérant ? Pourquoi cette défense passionnée de Colomb par d’autres ? L’intensité du débat est certainement le fait que ce ne soit pas à propos de 1492 mais bien de 1992.

Nous pouvons avoir un sentiment de tout cela si nous nous projetons cent en arrière, à l’époque du quatre centième anniversaire en 1892. Il y eut de grandes festivités à New York et à Chicago. A New York il y eut 5 jours de parade avec des feux d’artifices, des défilés militaires et un million de visiteurs dans la ville. Il y eut une statue commémorative dans un coin de Central Park maintenant connue maintenant sous le nom de place C. Colomb. Une grande réunion de célébration eut lieu au Carnegie Hall et un discours de Chauncey Depew.

Vous ne connaissez peut-être pas le nom de Chauncey Depew, à moins que vous n’ayez jeté un œil récemment au travail classique de Gustavus Myer: “Une histoire des grandes fortunes américaines”. Dans ce livre, Chauncey Depew est décrit comme étant le représentant de Cornelius Vanderbilt et ses chemins de fer centraux de New York. Depew s’est rendu à Albany, la capitale de l’état de New York avec des sacs d’argent et des passes gratuits sur les chemins de fer pour les membres de la législature d’état de New York et il revint avec des souscriptions et des donations de terrains au profit des chemins de fer centraux. Depew regardait la célébration de la journée anniversaire de Colomb comme étant une célébration de la richesse et de la prospérité: “cela marque la richesse et la civilisation d’un grand peuple… cela marque les choses qui appartiennent à son confort et sa facilité de vivre, ses plaisirs et son luxe… et sa puissance.”. Nous savons qu’au moment où il déclara cela, il y avait beaucoup de souffrance parmi la population pauvre des Etats-Unis vivant dans les bidonvilles, ses enfants malades et mal nourris. Le poids sur les épaules de ceux qui vivaient de la terre, qui à cette époque représentaient un grand nombre de la population, était désespérant, menant à la colère des paysans et de leur alliance et à la monté en puissance du parti populiste le People’s Party. L’année suivante, 1893, fut une année de crise économique et de misère généralisée…

Ainsi, célébrer Colomb était patriotique, ne pas le célébrer et douter devenait anti-patriotique. Et que voulait dire “patriotisme” pour Depew ? Cela voulait dire la glorification de l’expansionnisme et de la conquête, ce que représentait Christophe Colomb et ce que représentait l’Amérique. Ce ne fut que 6 ans après son discours que les Etats-Unis expropriaient l’Espagne de Cuba et y commença sa longue occupation (sporadiquement militaire, mais continuellement politique et économique) de Cuba, de Puerto Rico et de Hawaii, également commençant sa guerre sanglante contre les Philippines afin de s’emparer du pays.

Le “patriotisme” qui fut attaché à la célébration de C. Colomb et la célébration de la conquête fut encore renforcée avec la seconde guerre mondiale qui vît l’émergence des Etats-Unis comme une superpuissance avec tous les empires européens maintenant en déclin. A cette époque, Henry Luce, le multi-millionaire faiseur de président et propriétaire du Time, du magazine Life et de Fortune magazine, écrivit que le XXème siècle devenait le “siècle américain” durant lequel les Etats-Unis feraient ce qu’il voudraient dans le monde.

George H. W. Bush (NdT: le père), déclara en acceptant sa nomination présidentielle en 1988: “Ceci a été appelé le siècle américain parce que nous sommes la force dominante du bien dans le monde… Maintenant nous sommes à l’orée d’un nouveau siècle et de quel pays ce siècle à venir sera t’il ? Je dis que ce sera un nouveau siècle américain !”

Quelle arrogance d’anticiper déjà que le XXIème siècle serait aussi américain, autant que celui de n’importe quelle autre nation, alors que nous devrions nous éloigner des tendances psychopathes du XXème siècle. Bush devait sans doute se prendre pour le nouveau Colomb, “découvrant” et plantant le drapeau de son pays sur un nouveau monde, parce qu’il appela pour une base et colonie américaine sur la lune, tôt ce prochain siècle et prévisionna une mission pour Mars en 2019.

Le “patriotisme” que Chauncey Depew invoquait en célébrant Colomb, était profondément lié à la notion d’infériorité des peuples conquis. Les attaques de Colomb sur les indiens furent justifiées par le statut de sous-hommes des natifs. La prise du Texas et de la moitié du territoire mexicain juste avant la guerre civile furent faites avec le même rationnel raciste. Sam Houston, le premier gouverneur de l’état du Texas proclama: “La race anglo-saxonne doit dominer toute l’extrémité sud de ce vaste continent. Les Mexicains ne sont pas mieux que les Indiens et je ne vois aucune raison pourquoi nous ne devrions pas nous saisir de leur terre.”

Au début du XXème siècle, la violence du nouvel expansionisme américain dans les Caraïbes et dans le Pacifique fut acceptée parce que nous gérions ces situations contre des êtres inférieurs. En 1900, Depew, maintenant un sénateur au congrès, fit encore un discours au Carnegie Hall, cette fois-ci afin de soutenir Theodore Roosevelt pour la présidence. Célébrant la conquête des Philippines comme le début de l’invasion de la Chine et plus, il proclama: “Les canons de Dewey dans la baie de Manille furent entendus à travers l’Asie et l’Afrique, ils ont résonné à travers le palace à Pékin et amené aux esprits orientaux une nouvelle grosse puissance parmi les nations occidentales. Nous, ainsi que les pays d’Europe, avons à cœur d’entrer les marchés illimités de l’Orient… Ces gens ne respectent rien d’autre que la puissance. Je pense que les Philippines vont être une source potentielle de marchés et une source de richesse.”  Theodore Roosevelt qui figure en bonne place dans la liste sans fin de nos “grands présidents” et dont le visage est un de ceux qui ont été sculptés dans la roche de Mount Rushmore dans le Dakota du sud, aux côtés des visages de Washington, Jefferson et Lincoln, appela l’échec de l’anexion d’Hawaii en 1893: “un crime contre la civilisation blanche”.

Dans son livre; “A Strenuous Life”, Roosevelt écrivit: “Bien sûr que notre entière histoire nationale a été celle de l’expansionisme… Que les barbares battent en retraite ou soient conquis est seulement dû à la puissance des races civilisées qui n’ont pas perdues leur instinct de combat. “

Un officier de l’armée stationné aux Philippines le dit même de manière plus crue: “Il n’y a aucune raison de mâcher ses mots… Nous avons exterminé les indiens d’Amérique et je pense que la plupart d’entre nous en sommes fiers et nous ne devons avoir aucun scrupule quant à l’extermination d’une autre race si elle se met sur le chemin du progrès et de la lumière si cela est nécessaire…”

L’historien officiel des Indes (nouveau monde) du début du XVIème siècle, Fernandez de Oviedo, ne nia pas ce que firent les conquistadores aux natifs. Il décrivit “des morts inombrables et cruelles, aussi nombreuses que les étoiles”. Mais ceci devenait acceptable, parce que “l’utilisation de la poudre à canons contre les païens est pour faire une offrande à Dieu”… (On se rappelle également la décision du président McKinley d’envoyer l’armée et la marine prendre les Philippines en disant que cela était le devoir des Etats-Unis que de “christianiser et civiliser” les Philippins). Contre la plaidoirie de Las Casas pour sauver les indiens, le théologien Juan Gines de Sepulveda déclara: “Comment pouvons nous douter un seul instant que ces gens, si barbares, si contaminés par leurs pêchés et leurs obscénités, ont été injustement conquis.”

En 1531, Sepulveda visita son ancienne université en Espagne et fut choqué par les étudiants qui protestaient contre la guerre de l’Espagne contre la Turquie. Les étudiants scandaient: “Toutes les guerres sont en contraste avec la religion catholique.” Ceci l’inspira pour écrire une défense philosophique du traitement des indiens par les Espagnols. Il y cita Aristote qui écrivit dans “La politique”, que certaines personnes étaient “esclaves par nature”, qu’ils “seraient chassés comme des animaux sauvages afin de les amener à un mode de vie correct.” Las Casas lui répondit en ces termes: “Fi d’Aristote puisque nous avons les commandements de notre Christ: ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’”.

La déshumanisation de l’ennemi a été un compagnon nécessaire des guerres de conquête. Il est plus facile d’expliquer des atrocités commises si elles sont commises contre des infidèles ou des personnes d’une “race inférieure”. L’esclavage et la ségrégation raciale dans l’impérialisme états-unien et européen en Asie et en Afrique furent justifiés de cette façon. Les bombardements américains de villages vietnamiens, les missions de recherche et de destruction et le massacre de My Lai ont été rendus agréables à leurs perpétrateurs par la simple idée que les victimes n’étaient en fait pas humaines. C’étaient des “niakoués” ou des “communistes” et ils méritaient ce qu’ils recevaient.

Durant la guerre du Golfe, la déshumanisation des Irakiens consistaient à ne même pas reconnaître leurs existences. Nous ne bombardions pas des femmes et des enfants, nous ne bombardions pas de jeunes hommes irakiens ordinaires qui s’enfuyaient ou se rendaient. Nous agissions contre un monstre à la Hitler, Saddam Hussein, bien que les gens que nous massacrions étaient en fait les victimes irakiennes de ce monstre. Lorsqu’on demanda au général Colin Powell ce qu’il pensait des pertes irakiennes, il répondit que cela “n’était pas vraiment un sujet de grand intérêt ou d’importance”. Les citoyens américains acceptèrent les violences et atrocités commises en Irak parce que les Irakiens furent rendus invisibles, parce que les Etats-Unis n’utilisaient que des “bombes intelligentes”. Les médias de masse ignorèrent complètement les pertes énormes irakiennes, ignorèrent totalement les rapports des équipes médicales de Harvard qui visitèrent l’Irak peu après la guerre et trouvèrent que des dizaines de milliers d’enfants irakiens mourraient parce que nous avions bombardé les réserves d’eau potable, résultant en une épidémie de maladies diverses.

Les célébrations entourant Christophe Colomb sont déclarées être des célébrations honorant non pas seulement ses exploits maritimes mais aussi le “progrès”, de son arrivée aux Bahamas au tout début de cette période tant adulée de 500 ans de “civilisation occidentale”. Ces concepts ont grandement besoin d’être réexaminés. On demanda un jour à Gandhi ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, il répondit que “c’était une bonne idée”. L’objectif n’est pas de nier les bénéfices du “progrès” et de la “civilisation”, les avances dans le domaine technologique, de la connaissance, de la science, de la santé, de l’éducation et des standards de vie ; mais il y a une question qui doit être posée: Le progrès… Oui, mais à quel coût humain ? Le progrès se doit-il ne n’être mesuré qu’au moyen de statistiques sur le changement industriel et technologique achevé sans aucun égard aux conséquences de ce progrès sur les êtres humains ? Accepterions-nous une justificarion russe du règne de Staline, incluant l’énorme souffrance humaine causée, au compte qu’il fît de la Russie une grande nation industrielle ?

Je me souviens de mes cours d’histoire américaine de Lycée, quand on en arrivait à la période post-guerre civile (NdT: guerre de sécession) jusqu’à en gros la première guerre mondiale, ceci était vu comme l’âge d’or, la période de la grande révolution industrielle, lorsque les Etats-Unis sont devenus un géant économique. Je me souviens de notre excitation d’apprendre la croissance énorme de notre industrie lourde et de notre industrie du pétrole, de l’avènement des grosses fortunes, du quadrillage du pays par les chemins de fer. On ne nous a rien dit du coût humain de ce grand progrès industriel, du comment l’énorme production de coton provenait des esclaves noirs, comment l’industrie de textile fut bâtie sur le travail de jeunes filles qui commençaient à travailler dans les usines à 12 ans et mourraient à 25, comment ces vénérés chemins de fer furent construits par des immigrants irlandais et chinois, qui furent littéralement tués au travail dans les fortes chaleurs de l’été et le froid intense de l’hiver, comment les travailleurs, immigrants et natifs devaient faire grève sur grève pour obtenir la journée de huit heures de travail, comment les enfants de la classe laborieuse vivant dans les bidonvilles des grandes villes devaient boire de l’eau polluée et comment ils mourraient jeunes de malnutrition et de maladies diverses. Tout ceci au nom du “progrès”.

Bien sûr il y a de gros bénéfices a l’industrialisation, à la science, à la technologie et à la médecine. Mais jusqu’ici, dans ces 500 ans de domination de la civilisation occidentale sur le reste du monde, la vaste majorité de ces bénéfices n’ont profité qu’à une toute petite portion de la race humaine. Des milliards de gens dans le tiers et quart mondes continuent de faire face à des famines régulières, au manque de logement, aux maladies et à la mort précoce de leurs enfants.

L’expédition de Colomb a t’elle marqué la transition de la sauvagerie à la civilisation ? Qu’en est-il de la civilisation des indiens, résultant de milliers d’années d’évolution bien avant que Colomb n’arrive ? Las Casas et bien d’autres s’émerveillèrent de l’esprit de partage et de la générosité qui étaient les marques des sociétés indiennes, le bâtiment communal dans lequel ils vivaient, leurs sensibilités esthétiques, l’égalité entre les hommes et les femmes. Les colons britanniques furent plus tard estomaqués de la démocratie réelle de la nation iroquoise, dont les tribus occupaient la vaste majorité des états de New York et de Pennsylvanie. L’historien américain décrivit la culture iroquoise de la sorte: “Aucune loi ou ordonnance, aucun shériff ou officier de police, aucun juge ou jury, ou cour de justice ou prison, ne pouvaient être trouvés dans les terres boisées du nord-est avant l’arrivé des européens; et pourtant des limites de comportement acceptable étaient fermement établies. Tout en étant fier de favoriser l’individu autonome, les Iroquois maintenaient néanmoins un sens strict du bien et du mal…”

Dans le processus expansioniste vers l’Ouest de la nouvelle nation des Etats Unis d’Amérique, les terres des indiens furent volées et nous les avons tué lorsqu’ils ont résisté au pillage, nous avons détruit leur sources d’alimentation (NdT: le buffalo des plaines) et de fabrication de protection, nous les avons poussé vers des sections de plus en plus petites du pays et nous avons perpétré la destruction systématique des sociétés natives. Du temps de la guerre des Faucons Noirs (Black Hawks) dans les années 1830, une des centaines de guerres qui ont été faites contre les indiens d’Amérique du nord, Lewis Cass, le gouverneur du territoire du Michigan référa au fait de saisir des millions d’hectares de terre des indiens comme “étant le progrès de la civilisation”. Il déclara également qu’ “un peuple barbare ne peut pas vivre en contact avec une communauté civilisée.”

Nous pouvons toucher du doigt le niveau de “barbarie” auquel était les indiens, quand nous regardons les années 1880, quand le congrès des Etats-Unis prépara une législation pour briser le territoire communal sur lequel les indiens continuaient de vivre, en de toutes petites possessions privées, ce que certains appeleraient aujourd’hui avec fierté et admiration “privatisation”. Le sénateur Henry Dawes, auteur de la législation, visita la nation Cherokee et décrivit ce qu’il y trouva: “Il n’y avait pas une seule famille dans toute la nation Cherokee qui n’avait pas sa propre maison. Il n’y avait pas de pauvres dans cette nation, ni ne devait-elle un seul dollar… Elle avait bâti ses propres écoles et ses propres hôpitaux, Et pourtant le défaut du système n’était que par trop évident. Ils avaient été aussi loin qu’ils le pouvaient, parce qu’ils possédaient le terrain de manière commune… Il n’y a pas d’avantage à faire de votre maison une maison plus belle que celle votre voisin. Il n’y a pas d’égoïsme, qui est au fond du panier de la civilisation.”

Cet égoïsme au fin fond de la civilisation est connecté avec ce qui motiva Colomb et ce qui est le plus apprécié aujourd’hui, alors que les leaders politiques américains et les médias parlent du bien que ferait l’Occident à introduire la “motivation du profit” en URSS. Sûr, il y a quelques domaines pour lesquels il y a un avantage pour qu’un profit se dégage quand il aide au développement économique, mais cet avantage, dans l’histoire du “libre échange” occidental, a eu d’horribles conséquences. Il a mené au fil des siècles de “civilisation occidentale”, à un impérialisme sans scrupules et sans pitié.

Dans son roman “Au cœur des ténèbres”, écrit par Joseph Conrad dans les années 1890, après qu’il eut passé quelque temps dans le Congo supérieur en Afrique, l’auteur décrivit le travail effectué par les hommes noirs enchaînés au profit de l’homme blanc, qui n’était intéressé qu’en l’ivoire. Il écrivit: “Le mot ‘ivoire’ résonnait dans l’air, était murmuré, était soupiré. Vous auriez pu penser qu’il y avait des prières pour lui… Arracher le trésor des entrailles de la terre était leur désir profond, sans aucune raison morale derrière de plus que celle du cambrioleur fracassant un coffre-fort.”

Le fil conducteur du profit à tout va, incontrôlé, a mené à une énorme souffrance humaine, exploitation, esclavage, cruauté sur les lieux de travail, conditions de travail dangereuses, travail juvénile, destruction de la terre et de la forêt et l’empoisonnement de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons et des aliments que nous mangeons. Dans son autobiography de 1933, le chef Luther Ours Debout écrivit ceci: “Il est vrai que l’homme blanc amena avec lui de grands changements. Mais les fruits variés de sa civilisation, bien que hauts en couleurs et appétissants, rendent malade et tuent. Si une part de la civilisation comprend de mutiler, de voler, et d’escroquer, alors qu’est-ce que le progrès ? Je vais oser dire que l’homme qui s’est assis sur le sol dans ce tipi, méditant sur la vie et sur sa signification, acceptant l’existence même de toutes les créatures pour elles-mêmes et reconnaissant l’unité avec l’univers des choses, infusait dans son être profond la véritable essence de toute civilisation.”

Les menaces actuelles sur l’environnement ont amené une reconsidération parmi les scientifiques et autres académiques de la valeur du “progrès” tel qu’il a été défini jusqu’ici. En Décembre 1991, il y eut une conférence de deux jours au MIT durant laquelle 50 scientifiques et historiens discutèrent de l’idée du progrès dans la pensée occidentale. Voici une petite partie du rapport de cette conférence publié par le Boston Globe:

“Dans un monde où les ressources sont gaspillées et l’environnement empoisonné, des participants à la conférence du MIT ont dit hier qu’il était grand temps que les gens repensent le problème en terme de durabilité et de stabilité plutôt qu’en termes de croissance et de progrès… Des feux d’artices verbaux et de chauds échanges qui parfois éruptèrent en joutes criardes ont ponctué les discussions entre des académiques du monde de l’économie, de la religion, de la médecine, de l’histoire et des sciences.” Un des participants, l’historien Léo Marx déclara que travailler vers une coexistence plus harmonieuse avec la nature est en soi un progrès, mais différent de celui plus traditionnel dans lequel les gens essaient de surclasser et de dominer la nature.

En revenir à Christophe Colomb de manière plus critique est en fait lever toutes ces questions à propos du progrès, de la civilisation, de notre relation les uns avec les autres et notre relation avec le monde naturel. Vous avez probablement déja entendu tout comme moi, qu’il n’est pas bien de traiter l’histoire de Colomb comme nous le faisons. Ce que ces gens disent est en fait: “Vous prenez l’histoire de Colomb en dehors de son contexte, le regardant et le jugeant avec vos yeux de personne du XXème siècle. Vous ne devez pas surimposer vos valeurs actuelles sur des évènements qui ont eu lieu il y a plus de 500 ans. Ceci est ahistorique”. Je trouve cet argument très étrange. Ceci veut-il dire que la cruauté, l’exploitation, la veûlerie, l’esclavagisme, et la violence contre des gens sans défense sont des valeurs tout à fait péculières au XV et XVI ème siècles et que nous au XXème siècle sommes au delà de tout cela ? N’y a t’il pas certaines valeurs humaines qui sont communes au temps de Christophe Colomb et au notre ? La preuve de ceci est qu’à la fois à son époque et à la notre, il y a eu des esclavagistes et des exploiteurs et que dans les deux époques, il y a eu ceux qui protestaient contre cela, contre l’esclavage, l’exploitation et en faveur des droits de l’Homme.

Il est encourageant de voir qu’en cette année du cinq centième anniversaire, il y ait une vague de protestation sans précédent. La plupart de ces protestations sont faites par les indiens il est vrai, qui organisent des conférences et des réunions, qui s’engagent dans des actes de désobéissance civile, qui essaient d’éduquer le public américain sur ce qu’il s’est vraiment passé il y a 500 ans et ce que cela nous dit sur les problèmes de notre temps.

Il est aussi très encourageant de voir qu’il y a une nouvelle génération d’enseignants dans nos écoles et que bon nombre d’entre eux insistent pour que l’histoire de Christophe Colomb soit dite du point de vue des nations natives. A l’automne 1990, je fus appelé au téléphone par l’hôte d’une émission de télévision de Los Angeles qui voulait discuter de Colomb.. Également en ligne était un élève de lycée de cette ville du nom de Blake Lindsey. Qui avait insisté à prendre la parole devant la mairie de Los Angeles afin de s’opposer à la célébration du jour de Colomb. Elle leur expliqua le génocide commis par les Espagnols à l’encontre des indiens Arawak. La mairie ne répondit pas. Quelqu’un appela durant l’émission, se présentant comme une femme qui avait émigrée d’Haïti. Elle dit alors: “Cette fille a raison. Il n’y a plus de natifs à Haïti, dans notre dernier soulèvement contre notre gouvernement, les gens ont renversé la statue de C, Colomb et maintenant elle est dans la cave de la mairie de Port-au-Prince.” La correspondante finit par dire: “Pourquoi ne construisons-nous pas de statues pour les aborigènes” ?

Malgré tous les livres d’école toujours en usage, de plus en plus d’enseignants questionnent et de plus en plus d’élèves questionnent le sujet. Bill Bigelow rapporte sur la réaction de ses élèves après qu’il leur ait donné des lectures qui  contredisent les histoires traditionnelles. Un élève écrivit ceci: “En 1492, Colomb mis les voiles sur le grand océan… Toute cette histoire est aussi complète qu’un fromage suisse.”

Un autre élève écrivit une critique de son livre d’histoire et l’envoya à l’éditeur du bouquin, Allyn and Bacon, en mettant à jour bon nombre d’omissions dans ce texte publié. Elle écrivit: “Je vais prendre un seul sujet du livre pour faire simple: Christophe Colomb ?” Un autre élève écrivit: “Il me semble évident que les éditeurs ont juste imprimé une histoire faite de gloriole supposée nous rendre plus patriotique envers notre pays… Ils veulent que nous regardions notre pays comme étant grand, puissant et ayant toujours raison… On nous ment.” Quand les élèves découvrent que dans leur toute première leçon d’histoire apprise au sujet de C. Colomb, on ne leur a pas dit la vérité, ceci mène à un scepticisme sain sur leur éducation historique. Une des élève de Bigelow, Rebecca écrivit: “Qu’est-ce que cela peut bien faire de savoir qui a découvert l’Amérique, vraiment ? Mais le fait de savoir qu’on m’a menti à ce sujet toute ma vie et qui sait sur quoi d’autre encore, me met vraiment, vraiment en colère !”

Ceci est un nouveau mode de pensée critique dans les écoles et dans les universités, qui semble faire peur à ceux qui ont glorifiés ce qu’on appelle la “civilisation occidentale”.

Le secrétaire d’état à l’éducation (NdT: Ministre de l’éducation aux Etats-Unis) de Ronald Reagan William Bennett, écrivit sur la civilisation occidentale en 1984, dans son “Rapport sur les sciences sociales dans l’éducation supérieure” comme étant: “Notre culture commune… ses plus hautes idées et aspirations.” Un des plus féroces défenseurs de la civilisation occidentale est le philosophe Allan Bloom qui écrivit son “Closing of the American Mind” dans un sentiment de panique envers ce que le mouvement social des années 1960 avait fait pour changer l’atmosphère éducative des universités américaines. Il eut peur des manifestations étudiantes dont il fut témoin a Cornell et qu’il vit comme étant une terrible interférence avec l’éducation. L’idée de Bloom concernant l’éducation est celle d’un groupe d’élèves d’une élite universitaire, étudiant Platon et Aristote et refusant de se laisser distraire dans leur contemplation par le bruit de l’extérieur émanant des étudiants manifestant contre le racisme ou protestant contre la guerre du Vietnam.

Lorsque je lisais Bloom, cela me rappelait certains de mes collègues lorsque j’enseignais l’histoire dans un collège d’Atlanta en Georgie au moment du mouvement des droits civiques, ces mêmes professeurs qui dodelinaient de la tête lorsque nos étudiants quittaient leur salle de classe pour aller participer aux sit-ins en protestation de a ségrégation raciale et qui étaient arrêtés pour cela. Ces élèves négligeaient leur éducation, disaient-ils. En fait, ces élèves apprenaient plus en quelques semaines de participation aux luttes sociales en cours qu’ils ne le feraient en une ou deux années de classe. Quelle notion étriquée et mesquine de l’éducation ! Cela correspond parfaitement à cette vue de l’histoire qui insiste que la civilisation occidentale est le sommet de la réalisation humaine. Comme Bloom l’écrivit dans son livre “seulement dans les nations occidentales, celles influencées par la philosophie de la Grèce antique, y a t-il une volonté de douter de l’identification du bien avec sa propre voie et sa façon de faire.” Et bien, si cette volonté de douter est la marque de fabrique de la philosophie grecque, alors Bloom et ses amis idolâtres de la civilisation occidentale sont ignorant de cette philosophie.

Si la civilisation occidentale est considérée comme étant le pinacle de la civilisation et du progrès humains, les Etats-unis sont le meilleur exemple de cette civilisation. Allan Bloom nous le dit encore: “Ceci est le moment américain dans l’histoire du monde… L’Amérique raconte une histoire: le progrès inéluctable et sans faille de la liberté et de l’égalité. De ses premiers colons et ses fondations politiques, il n’y a eu aucune dispute que la liberté et l’égalité sont l’essence même de la justice pour nous…” Oui, racontez cela aux afro-américains, aux natifs, aux sans-logis, à tous ceux sans sécurité sociale (NdT: des millions aujourd’hui aux Etats-Unis) et à toutes les victimes à l’étranger de la politique extérieure américaine, dites leur bien que “l’Amérique ne raconte qu’une histoire… Celle de la liberté et de l’égalité.”

La civilisation est complexe. Elle représente beaucoup de choses, certaines sont décentes, d’autres horribles. Nous devrions faire une pause judicieuse avant que de célébrer sans critique quand nous notons que Duke, le membre du Ku Klux Klan de Louisianne et ex-nazi dit que les gens l’ont mal compris: “le facteur proéminent de ma pensée”, a t-il dit à des journalistes, “est mon amour sans bornes pour la civilisation occidentale.”

Nous qui insistons pour regarder l’histoire de Christophe Colomb de manière critique et en fait également regarder de cette manière tout ce qui touche à nos histoires traditionnelles, sommes souvent accusés d’insister sur le politiquement correct au détriment de la liberté d’expression. Je trouve cela très ambigu. Ce sont les gardiens des vieilles histoires, de l’histoire orthodoxe, qui refusent d’élargir le spectre des idées et d’accepter les nouveaux livres, les nouvelles approches, la nouvelle information, les nouvelles vues de l’histoire. Eux, qui croient encore en la doctrine du “libre-échange”, ne croient pas du tout en un libre-échange des idées, il n’y croient pas plus qu’en ce marché des libre-échanges de biens et de services. Ils veulent que le marché à la fois des biens et des idées soit toujours dominé par ceux qui ont toujours eu le pouvoir et la richesse. Ils s’inquiètent que si de nouvelles idées entre dans le marché, les gens commencent à repenser les arrangements sociaux qui nous ont donnés tant de souffrance, tant de violence, tant de guerres, ces cinq cents dernières années de “civilisation”.

Bien sûr nous avions tout cela avant que Colomb n’arrive dans cet hémisphère, mais les ressources étaient infimes, les gens étaient isolés les uns des autres et les possibilités n’étaient pas légion. Dans les derniers siècles néanmoins, le monde est devenu bien plus petit, nos possibilités pour créer une société décente ont été magnifiées d’autant et maintenant les raisons ou excuses pour la faim, l’ignorance, la violence et le racisme n’existent plus.

En repensant notre histoire, nous ne faisons pas que regarder dans le passé, mais nous regardons le présent et nous essayons de le regarder du point de vue de ceux qui sont les laisser pour compte des bénéfices de cette soi-disant civilisation. Cela est très simple mais à la fois très signifiant, ce que nous essayons d’accomplir: essayer de regarder le monde d’un autre point de vue. Nous devons le faire alors que nous arrivons pas à pas dans le XXIème siècle, si nous voulons ce nouveau siècle être différent, si nous ne voulons pas qu’il soit un autre siècle américain ou siècle occidental, ou siècle blanc, ou siècle mâle, ou siècle de quelque nation ou quelque groupe que ce soit, mais simplement le siècle de la race humaine.

Fin

Traduction par Resistance71

10 réflexions sur “Columbus Day: Les pires atrocités commises par Christophe Colomb

  1. Bonjour et merci pour cet article.Il peut être effrayant de se dire que dans 500ans ,l’histoire parlera d’Adolphe Hitler comme un conquérant des temps moderne,j’en frissonne!

  2. Je suis soulagée que cet auteur ait pu publié ce livre ! J’ai beaucoup étudié les civilisations lors des découvertes et il n’y a a pas de secret : ce jeune qui n a jamais trouvé de livre parlant de ces atrocités résulte tout simplement du fait qu’il n ait pas assez cherché . Car croyez moi je n’ai eu besoin d’avoir le journal de Colomb pour en être informé ; j’ai lu beaucoup de chroniques , bartolomé de las casas , fernandez de oviedo , et fray ramon pane etc ! le savoir est une chose quand la curiosité va plus loin que la connaissance..

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