Banalisation de la Pédophilie dans le nouvel obs avec un article bien romancé sur l’Amour entre une prof et son élève.

Yasmine, 12 ans, et sa prof, 30 ans : récit d’une

passion interdite.

Yasmine ou la passion interdite. (Illustration : Pierre Mornet pour

Yasmine ou la passion interdite. (Illustration : Pierre Mornet)

Article sur le Nouvel Obs.

Relayé par Égalité & Réconciliation.

Devant le collège Louise-Michel, une piazzetta méditerranéenne qui surprend dans ce faubourg de Lille. Quelques élèves potassent leurs cours sous un arbre. Des copains et des copines de Yasmine. Pour le moment, la jeune fille a pris quelques jours de vacances. « Elle a peur des photographes », dit Marie-Christine, qui est en troisième avec elle. Yasmine est entrée dans la rubrique people. Sa liaison de deux ans avec sa professeur d’anglais, Mme Amadéo, a fait d’elle une star.

« Elle était gouine. Je n’aime pas les gouines », dit une fille. Elle se reprend avec cette capacité des adolescents à adopter la versatilité des adultes : « Non, elle était sympa. » Un garçon : « Si elle avait voulu faire la même chose avec moi, j’aurais pas dit non. » Un autre, plus dessalé : « Amadéo est lesbienne, et alors ? Normal pour une prof de langue. »

Personne ne porte de jugement. Au fond, tout le monde s’en fout. On en a vu d’autres à Louise-Michel, un établissement classé en zone d’éducation prioritaire. En juin 2010, un élève a frappé un de ses camarades au visage avec un couteau de cuisine. Beaucoup d’enfants vivent dans des familles monoparentales « où le cadrage éducatif est difficile », comme le souligne l’Observatoire des Évolutions sociales. L’Observatoire est sévère avec le collège. Il évalue l’absentéisme des élèves de troisième à un quart des effectifs.

« Elle aimait les élèves »

Ces affirmations indignent Didier Calonne, le principal : « C’est injuste. Nous avons peut-être connu des problèmes dans le passé, mais nous avons redressé la situation. La preuve, c’est que nous avons 75% de réussite au brevet. Bien sûr, il y aura toujours quelques décrocheurs, parce que l’école n’a jamais été ici synonyme de réussite, mais il faut tenir compte des souffrances sociales au cœur de Lille-Sud. » Alors l’affaire Amadéo… Les collègues évitent d’en parler.

Ils ont le calme des vieilles troupes. Leurs confidences sont rares et prudentes. Mais ils disent le plus grand bien des qualités professionnelles de cette enseignante de 30 ans, aujourd’hui en perdition. « Elle avait une pédagogie innovante », dit l’un. « Elle aimait les élèves », ajoute étourdiment une autre qui se mord aussitôt les lèvres et rougit. Nommée à Lille-Sud, Mme Amadéo se plaît tout de suite à Louise-Michel. Pourtant, Lille-Sud, séparée de la métropole par le sillon d’une autoroute comme si elle était frappée par la peste, est une banlieue aux briques noircies pendant plus d’un siècle par les cheminées d’usine aujourd’hui défuntes.

Le taux de chômage dépasse les 20%. La population est exaspérée par le camp rom installé cité du Broutet, au sud des portes d’Arras et des Postes, un camp d’autant plus turbulent, malgré les barbelés qui tentent en vain de le contenir, qu’il est harcelé par la brigade de sûreté urbaine. Une vingtaine de Roms, dont plusieurs enfants, ont été récemment expulsés sans être relogés. Le camp est devenu un hypermarché de la drogue, protégé par des guetteurs cagoulés de 11 ans, payés 80 euros par jour. Sébastien, le patron d’un bistrot, la Dame blanche, s’est résigné : « Martine Aubry a envoyé un courrier à tout le monde, en disant que la situation allait s’arranger, et que les Roms allaient être bientôt relogés. C’est du vent. » Les fleurs qui ornent le rebord des fenêtres, comme dans toutes les villes flamandes, les boubous que portent certaines mères africaines et le collège Louise-Michel, avec ses briques d’ocre rouge qui rappellent l’Italie, éclairent un peu ce recoin oublié des Flandres.

De la tentation au passage à l’acte et au désastre

Mme Amadéo prend ses fonctions avec enthousiasme, peut-être, qui sait, parce que l’entrée du collège est située rue André-Gide, un parrainage topologique qui n’incite guère à l’orthodoxie sexuelle. Elle arrive avec une idée neuve : « Elle nous apprenait l’anglais par le rythme et la musique », dit une de ses anciennes élèves. Un beau jour, elle décide de perfectionner sa méthode : elle se met à danser. Le but est, bien sûr, de faciliter et de rendre attrayant l’apprentissage de l’anglais. Mais quel était le message caché derrière les sept voiles de cette danse initiatique qui parlait sans doute d’autre chose que de verbes irréguliers, de postpositions et d’accent tonique ?

Peut-être évoquait-elle des batailles perdues, des espoirs envolés, des désirs inassouvis. On ne saura jamais. Ce sont des secrets qui n’intéressent pas un tribunal. A travers les confidences hachées et souvent contradictoires de ses élèves, on peut néanmoins reconstituer l’évolution qui l’a conduite de la tentation au passage à l’acte et au désastre.

Au début, c’est une danse pédagogique. Elle s’adresse à l’ensemble de ses classes. Mais bientôt, Mme Amadéo ne va plus danser que pour l’élève qu’elle a élue entre toutes. C’est une danse nuptiale. Elle est destinée à la jeune Yasmine qui ne le sait pas encore : elle a 12 ans. Mais elle regarde de tous ses yeux cette chorégraphie qui se fait de jour en jour plus sensuelle.

Les appels du désir

Mme Amadéo envoie à Yasmine un premier texto où elle l’assure de son amitié. La jeune élève est d’abord stupéfaite. Elle n’a pas l’habitude de telles attentions. C’est une vraie gamine de Lille-Sud. Elle n’habite pas loin du Broutet et du camp des Roms. Son horizon, ce sont les vieilles bagnoles cabossées, les cabanons de fortune qui tombent en ruine, les poubelles éventrées. Elle appartient à une famille modeste aux traditions patriarcales. Elle doute d’elle-même. Les SMS de Mme Amadéo lui apportent ce qu’elle n’a jamais connu, une confiance en elle, et la métamorphosent peu à peu. Bientôt ils passent de l’amitié à l’affection. L’enseignante exaltée redécouvre les méandres et la géographie de la carte de Tendre. Après l’affection, l’estime, l’inclination pour finir au bout de deux ans par les appels du désir et tous les désordres de la passion.

Yasmine se laisse aimer et désirer. Elle apprend l’algèbre des sentiments, les exigences et les égarements du corps. Ce qui devait arriver arrive : un saphisme sans violence, mais aussi un amour condamné, une relation que les deux amantes savent maudite. Elles se retrouvent au domicile de l’enseignante, mais leur ardeur et leur impatience sensuelle sont telles qu’elles ne craignent pas de se livrer à l’intérieur du collège à des étreintes furtives pimentées par le risque d’être surprises.

Mise en examen

Leur liaison prend fin brutalement lorsque la mère de Yasmine découvre les textos reçus par sa fille et leur contenu de plus en plus explicite. Elle ne sait pas trop quoi faire. Elle alerte le centre médico-psychologique de son quartier qui prévient à son tour les infirmières du collège. Le principal porte l’affaire devant le procureur de la République. Mme Amadéo est convoquée par les services de police, placée quarante-huit heures en garde à vue. Elle ne cache rien de sa liaison avec sa jeune élève, comme si elle ne pouvait s’empêcher d’en être fière. Yasmine, elle, reste obstinément silencieuse. L’enseignante est mise en examen pour « atteinte sexuelle sur un mineur de moins de 15 ans par une personne ayant autorité ». C’est la formule officielle. La justice applique la loi.

« La justice sera peut-être clémente, dit un magistrat. Cette histoire est différente de la pédophilie masculine, associée à la violence de la pénétration et qui accable les jeunes garçons abusés. » Laissée en liberté sous contrôle judiciaire, avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec son collège et son ancienne élève, Mme Amadéo est convoquée devant le tribunal correctionnel le 3 juin.

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