Dioxyde de titane : vers un nouveau « scandale de l’amiante » ? En pire…

Le dioxyde de titane dans les friandises, les médicaments et les cosmétiques : Un nouveau « scandale de l’amiante » en pire…

L’amiante et le dioxyde de titane « sont vraiment similaires et ont la même puissance » toxique, selon le Professeur Jürg Tschopp, Prix Louis-Jeantet de médecine 2008. Problème : le dioxyde de titane est désormais présent partout, et en quantité.

Nanoparticules - dangers - dioxyde de titane

Depuis quelques années, les nanoparticules (molécules 100 à 1000 fois plus petites qu’une cellule humaine, un million de fois plus fines qu’un cheveu) inquiètent les autorités sanitaires au plus haut point. Pour autant, rien n’est fait pour les encadrer et elles échappent toujours à toute législation. Du coup, les industriels nous en refourguent en loussedé, et en grandes quantités. Plus de deux millions de tonnes de dioxyde de titane nanométrique (nano-TiO2) sont produites chaque année dans le monde, un chiffre multiplié par deux en moins de dix ans.

Principalement utilisé comme pigment et opacifiant, le dioxyde de titane entre dans la composition de peintures, cosmétiques, crèmes solaires mais aussi médicaments, dentifrices, confiseries et plus généralement les colorants alimentaires et bien d’autres produits d’usage courant. (lire aussi « Des nanoparticules dans nos assiettes« )

La barre nanométrique… c’est de la dynamite !

Les études se suivent et se ressemblent. Dès 2003, les premiers soupçons apparaissent. En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le dioxyde de titane cancérogène possible pour l’homme. En 2007, la représentante de l’AFSSAPS disait aussi craindre des maladies auto-immunes, un « phénomène [qui] a été observé au niveau d’implants médicaux« . En 2009, plusieurs études ont montré que les nanoparticules pouvaient endommager l’ADN, sans même pénétrer dans les cellules. D’où un possible effet cancérigène. En mars 2010, l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) a officiellement sonné l’alerte : « Le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu« , recommandant « d’agir sans attendre au nom du principe de précaution« . Las, les lanceurs d’alerte, même publics, n’ont pas la côte, par les temps qui courent.

Dioxyde de titane et amiante, même combat !

Cette semaine, c’est le Professeur Jürg Tschopp de l’UNIL, Prix Louis-Jeantet de médecine 2008, qui vient d’en rajouter une louche. Selon une étude qu’il a supervisée, les nanoparticules de dioxyde de titane produisent des effets similaires à ceux de deux autres irritants environnementaux bien connus, l’amiante et la silice. Comme eux, elles provoquent des inflammations pulmonaires et la production de molécules toxiques capables de s’attaquer à l’ADN, aux protéines et aux membranes cellulaires. Prémices du cancer.

« Il a fallu presque 100 ans et d’innombrables décès jusqu’à ce que l’amiante soit banni » ont conclu les chercheurs… Courage. Plus que 90 ans à tenir !

(Article publié sur le site « Les mots ont un sens »)

Le dioxyde de titane, ou comment concocter un scandale sanitaire presque parfait…

C’est magnifique. Nos industriels préférés se sont surpassés (sous l’œil avisé de nos politiques tant aimés). On frôle le sans-faute : une performance… titanesque !

Acte I : dans les années 90, les industriels découvrent les nanoparticules (molécules 100 à 1000 fois plus petites qu’une cellule humaine, un million de fois plus fines qu’un cheveu). Miracle, comme la plupart des nouveaux composants chimiques, ils échappent à toute législation… Et c’est parti, on nous en tartine de partout : des colorants, des arômes ou des vitamines sont enfermées dans des nano-capsules que l’on mélange à des boissons pour en modifier la couleur ou le goût. Des sauces (dont le ketchup) sont épaissies par du dioxyde de silicium. Des vinaigrettes sont blanchies au dioxyde de titane, qui sert aussi à éviter le « blanchiment gras » des confiseries chocolatées. Les silicates d’aluminium empêchent l’agglutination des aliments en poudre. Les emballages, aussi, renferment toutes sortes de nanoparticules révolutionnaires. Sans parler des technologies non alimentaires : électronique, chimie, cosmétique, pharmaceutique…

♦ Acte II : on réfléchit. Et on s’inquiète, timidement. Dès 2003, les premiers soupçons apparaissent. En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l’homme. En 2007, la représentante de l’AFSSAPS dit aussi craindre des maladies auto-immunes. En 2009, plusieurs études montrent que les nanoparticules peuvent endommager l’ADN, sans même pénétrer dans les cellules. D’où un possible effet cancérigène. En mars 2010, l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) sonne officiellement l’alerte : « Le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu », recommandant « d’agir sans attendre au nom du principe de précaution ». Las, les lanceurs d’alerte, même publics, n’ont pas la côte, par les temps qui courent.

♦ Acte III : alors que le marché explose, les études scientifiques se font de plus en plus précises. Parmi les dernières en date, celle du Professeur Jürg Tschopp de l’UNIL, Prix Louis-Jeantet de médecine 2008, pour lequel les effets du dioxyde de titane sont à comparer à ceux de l’amiante… rien de moins ! Et la toute dernière, publiée dans la revue Biomaterials du 24 octobre 2011, menée à bien par des chercheurs du CEA et de l’Université Joseph Fourier. Selon ces scientifiques, des souris exposées au dioxyde de titane (par inhalation) voyaient les nanoparticules s’accumuler au niveau de leurs cellules endothéliales, ce qui avait pour fâcheuse conséquence de faire exploser la barrière de protection censée bloquer les toxines susceptibles de pénétrer le cerveau, et donc le système nerveux central… impliquant l’apparition de troubles tels que des inflammations cérébro-vasculaires ou la perturbation de certaines fonctions cérébrales. C’est la fête.

♦ Acte IV : on fait l’inventaire… Qui, que, quoi, dont, où ? Euh. Problème : Aujourd’hui, le nombre de produits en vente libre contenant des nanoparticules est impossible à connaître. Les producteurs communiquent très peu sur le sujet… puisque rien ne les y oblige. Plusieurs études indépendantes s’y sont toutefois risquées. On estime aujourd’hui qu’entre 1000 et 1500 produits en vente libre contiennent des nanoparticules. En 2008, le cabinet de consultants Helmut Kaiser a évalué l’évolution du chiffre d’affaire du secteur : de 2,6 milliards de dollars en 2003 à 5,3 milliards en 2005. Il est attendu à plus de 20 milliards en 2010. De quoi exciter les papilles.

« Il a fallu presque 100 ans et d’innombrables décès jusqu’à ce que l’amiante soit banni » a déclaré Jürg Tschopp… Courage. Plus que 90 ans à tenir pour connaître l’épilogue !

(Article publié sur le site « Les mots ont un sens »)

-En savoir plus sur les Nanoparticules ==> http://www.lesmotsontunsens.com/nanoparticules

-Les Particules Extras-Fines: Qui sont-elles? Où Sont-elles? et Que font-elles? (INERIS) ==> http://www.ineris.fr/centredoc/pms6.pdf

-Nanotechnologies et Produits Cosmétiques ==> http://www.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295877016907

-Les nanoparticules des crèmes solaires peuvent-elles endommager l’ADN ? (Futura Science) ==> http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/technologie-1/d/les-nanoparticules-des-cremes-solaires-peuvent-elles-endommager-ladn_21433/

-Les nanoparticules de dioxyde de titane altèrent, in vitro, la barrière hémato-encéphalique (CEA.fr) ==> http://www.cea.fr/le-cea/actualites/nano-tio2-et-bhe-66353

-24 mars 2010 – Exposition des consommateurs aux nanomatériaux manufacturés : l’Afsset recommande le principe de précaution (ANSES) ==> http://www.afsset.fr/index.php?pageid=2484&parentid=229&ongletlstid=5159#content

-Strong increase in nanofood and molecular food markets in 2008 worldwidede Helmut Kaiser ==> http://www.hkc22.com/Nanofoodconference.html

-Relai Info ==> http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr/2013/05/le-dioxyde-de-titane-dans-les.html

3 réflexions sur “Dioxyde de titane : vers un nouveau « scandale de l’amiante » ? En pire…

  1. Bonjour, une question : Comment sont repérables le dioxyde de titane, le silicate d’aluminium et le dioxyde de silicium? Sont-ils cités comme tels sur les emballages,ou bien sous forme d’un E quelque chose…
    Merci d’avance de votre réponse.
    (J’essaie péniblement de me concocter une liste des « E » toxiques, cancérigènes, suspects. Le Centre national de recherche contre le cancer de Villejuif n’a pas voulu répondre à mes demandes au motif qu’une 1ère liste des substances chimiques parue sur leur site était le fait de chercheurs bien de chez eux mais dont ils se désolidarisent manifestement).
    Cordialement,
    CS

  2. Salut à toi Stepanczac

    – Le Dioxyde de Titane, est souvent utilisé comme pigmentation ou opacification de substances.
    Dans l’alimentaire, il est surtout utilisé pour les bonbons, les pâtisseries, les fromages blancs et aussi le dentifrice par exemple…etc…
    Il doit être noté par E 171.

    – Le Silicate D’Aluminium, ou Aluminosilicate, c’est E554
    – Le Dioxyde de Silicium c’est E 551

    Pour le dioxyde de silicium , je sais que les poussières de silices sont toxiques et peuvent créer de gros problèmes (Cancer etc) dans les parties respiratoires.

    Tu trouveras des petites listes sur Web Addictifs (http://www.les-additifs-alimentaires.com/liste-tous-danger.php) , ou seul le Dioxyde de Titane est « toxique »

    Sur http://www.eveiletharmonie.fr/liste-des-additifs-nocifs/ le Dioxyde de Titane est « suspect »

    Sur Naturopathe Courbevoie (http://www.naturopathe-courbevoie.com/uploads/additifs-alim.pdf) l’Aluminoslilicate représente des risques pour la santé : alzheimer, problèmes au placenta

    Enfin tu trouveras pas mal d’infos sur http://www.les-additifs-alimentaires.com/

    Effectivement les recherches sur les addictifs existent, mais la présentation et l’avertissement public est moindre ou quasi-inexistante. Si la toxicité est démontrée, le consensus scientifique fait le reste: il minimise les résultats et les données, et ne se presse pas d’en avertir les concernés!

    En espérant avoir aider;

  3. Ping : LE SOUFRE : UN PRÉCIEUX REMÈDE PERDU DANS LE GRAND BAZAR DE LA LITHOTHÉRAPIE | Tu dois nourrir ta vie!!

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